DALOA VIOLENCE ELECTORALE: Un militant du Pdci tailladé à la machette, une mosquée attaquée


Les populations allogènes qui n’ont pas voté le candidat Laurent Gbagbo à l’élection du 31 octobre 2010, sont victimes de persécution depuis la fin du scrutin par les autochtones, militants du Front populaire ivoirien (Fpi). N’Guessan Konan Gervais, jeune Baoulé, militant du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda), interné présentement au Chr de Daloa, a fait les frais desdites représailles, lundi dernier, lendemain du scrutin présidentiel. Il est immobilisé depuis cette date, à la salle D du centre hospitalier, pour coups et blessures volontaires, ayant causé une fracture de la jambe droite et des blessures à la machette sur son épaule droite, son bras droit et à sa main gauche par des jeunes bété du village de Zépréguhé, situé à 10 kilomètres de Daloa. Selon son frère Kouadio Kouassi Honoré, tout a commencé dans la soirée du 31 octobre. Après avoir représenté le candidat Henri Konan Bédié dans un des deux bureaux de vote de Zépréguhé, il s’est rendu chez le secrétaire du Pdci-Rda, Bailly Laurent, pour déposer le Pv ayant sanctionné le vote. A sa grande surprise, il a été la cible des jeunes bété, qui, le lapident avec des pierres lorsqu’il regagnait son quartier à 22 heures. Ensuite, c’est le quartier Baoulé qui fut la cible. Les jeunes ont dû passer toute la nuit sur pied pour attendre les assaillants qui ont promis y semer la terreur. Le matin, tous les jeunes baoulé se rendent chez le chef du village, Koko Paul pour lui rendre compte de ce dont ils sont victimes de la part des jeunes bété. La tête couronnée promet réunir tout le monde pour en discuter. Pendant qu’eux attendaient que le griot appelle le village, ils sont surpris par une attaque des jeunes bété avec des machettes et des gourdins à 9 heures. C’est le sauve qui peut. Malheureusement, N’Guessan Konan Gervais ne peut échapper aux agresseurs qui lui font la peau avant de le laisser dans une mare de sang. Après ce forfait, ils mettent le cap sur les maisons qui sont pillées. Les biens matériels et vestimentaires ont été emportés. La gendarmerie, alertée par Kouadio Georges, se rend sur les lieux pour mettre la main sur un des agresseurs, puis il est conduit à la gendarmerie de Daloa, et relâché après. Il serait reproché aux Baoulé d’être des ingrats pour avoir refusé de voter Laurent Gbagbo, alors qu’ils ont été accueillis sur les terres de ses ‘’frères’’. Le cas de Zépréguhé n’est pas isolé. A Loboguiguia, situé à quelques kilomètres de Daloa, sur l’axe Man, c’est la mosquée qui a été la cible des autochtones dans la nuit de mercredi à jeudi. La clôture du lieu de culte a été démolie et les musulmans ont été interdits de prier. L’imam Bakayoko Siriki s’est rendu, hier, à la gendarmerie pour porter l’information aux gendarmes.

Bayo Fatim à Daloa

Nord-Sud

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Publié par bleble