Présidentielle ivoirienne/ Le choix est vite fait – Entre un « étranger » qui construit et un Ivoirien qui empoisonne

C’est officiel. Le second tour de la présidentielle ivoirienne mettra aux prises Laurent Gbagbo, transfuge du FPI, et le Dr Alassane Ouattara, patron du RDR. Les électeurs, suffisamment mûrs, auront donc à choisir entre le supposé ‘’candidat de l’étranger’’ et le soi-disant ‘’fils du pays’’. A ce stade de la compétition, tout se joue sur les menu-détails.


Avant le second tour de la présidentielle ivoirienne, chacun camp y va de ses stratégies pour séduire les électeurs. Si les partisans du RDR tablent sur le projet de société du Dr Alassane Ouattara, les fanatiques de LMP, visiblement à court d’argument, remettent un dangereux vieux disque qui fait l’apologie de la haine et de la xénophobie. La substance de cette pratique révolue est tout trouvée : les SMS. Deux exemples : ‘’Chantons ensemble ! Jamais on n’a vu vu vu, jamais on ne verra ra ! un petit Mossi si si si, diriger la Côte d’Ivoire !’’ ‘’Grande finale le 21 novembre, Côte d’Ivoire-Burkina. Ne laisse pas ton pays perdre à domicile. Il a donc besoin de ton soutien, de ton suffrage. Ne l’abandonne pas. Passe le message pour une patrie nouvelle avec Gbagbo. Y a rien en face’’. On le voit, le clan présidentiel ne parle plus de l’école gratuite, de l’assurance maladie universelle, et bien d’autres rêveries qui ont eu le mérite d’endoctriner des milliers d’Ivoiriens qui ont mordu à l’appât de la refondation. Consciente du bilan creux de la refondation et de l’évasion de son poulain, Laurent Gbagbo, au débat télévisé autour de son projet de société, LMP n’a plus qu’une seule solution : appuyer sur la fibre nationaliste pour séduire les 60% des suffrages acquis à la cause du RHDP. Ainsi, ADO qui avait déjà été présenté comme candidat de l’étranger par Gbagbo, se voit confronté à nouveau aux vieux démons de la division et de la haine. Mais, cette stratégie de La minorité présidentielle (38% de l’électorat malgré la coalition de plus de 9 partis politiques) peut-elle encore prospérer en l’état actuel des choses ? Même si la réponse appartient aux Ivoiriens qui vont s’exprimer le 21 novembre prochain, la réalité du terrain augure d’une perspective très favorable au représentant du RHDP. Car le débat sur sa nationalité est clos et dépassé, au nom de la paix et surtout de la vérité. D’ailleurs, personne n’a pu prouver le contraire de ses déclarations et ses pièces à cet effet. A propos de la rébellion, si tant est qu’Alassane en est le parrain, la sagesse aurait voulu qu’il soit élu président de la république pour en finir effectivement et efficacement avec. Et puis, en poussant la réflexion plus loin, il apparait clairement que Gbagbo voulait coûte que coûte s’essayer à la guerre. Voilà pourquoi il n’a rien fait pour empêcher la rébellion qu’il voyait profiler à l’horizon. Les Ivoiriens qui ont vu leur pays reculer de plusieurs années du fait de l’incompétence avérée de la refondation à diriger un pays comme la Côte d’Ivoire, veulent essayer une autre pilule, celle du RHDP. Le projet de société d’ADO est clair, concret, réaliste et réalisable. Il peut être suivi de près par le peuple à qui il rendra compte à la fin de son mandat. Il ne fait pas de la divagation, il dit précisément ce qu’il veut faire en cinq ans, contrairement au protégé de LMP qui balance vaguement qu’il construira des écoles, des hôpitaux, des routes…sans en déterminer le nombre. Le mandat d’Alassane sera d’autant fidèle à ses engagements qu’il sera géré en grande intelligence avec le PDCI, l’UDPCI et le MFA. C’est pourquoi, les Ivoiriens, plus que jamais lucides, ne se lasseront plus piéger par des discours haineux et xénophobes qui n’ont fait qu’enfoncer le pays. L’histoire récente nous apprend que désormais les peuples ne recherchent que des hommes capables de les conduire dans de verts pâturages. Les cas du Ghana avec Rawlings, de la France avec Sarkozy et des USA avec Obama sont édifiants à cet effet. Bien que né d’un père américain, John Rawlings demeure à ce jour une référence en Afrique, en matière de bonne gouvernance. Sarkozy est d’origine hongroise quand Barak, lui, est d’un père kenyan. Ils ont été acceptés par leurs concitoyens non pas pour leur origine mais par rapport à leur compétence. Et puis, à y voir de très près, n’est-ce pas Gbagbo lui-même qui a défendu mordicus la candidature du Dr Alassane Ouattara contre Bédié en 1995 ? N’est-ce pas lui, ‘’fils du pays’’, qui a dit que si quelqu’un touchait à un seul cheveu d’ADO, il le verrait sur son chemin? Il est même allé plus loin en promettant à Alassane de le rétablir dans ses droits au cas où il prendrait le pouvoir. L’histoire est récente et les Ivoiriens qui votent le 21 novembre ne sont pas amnésiques. L’enfant du peuple, candidat de LMP, le Woody de Mama a montré ses limites. Le peuple lui pardonne ses différents crimes, essaie de minimiser les atrocités engendrées par ses déchets toxiques, les bombardements de son propre pays mais, il n’est vraiment pas sûr que ce peuple appauvri, bâillonné, empoisonné, sans repère, confiera à nouveau son sort à ‘’son fils’’ qui l’assassine.

Mass Domi
massoueudomi@yahoo.fr
L’Intelligent d’Abidjan

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Publié par bleble