Présidentielle: « LE NORD N’A PAS FAIT UN VOTE ETHNIQUE. AVEC LUI GBAGBO GAGNERA AU SECOND TOUR »

Jean-Jacques Bechio, ancien Ministre de la Fonction Publique et ambassadeur, président de la Force politique « … Pour la Côte d’Ivoire » était mardi 9 Novembre à la table du « Petit Déjeuner de la Coordination des Communicateurs citoyens bénévoles pour le Plébiscite de Laurent Gbagbo ». Il a discuté avec la presse des « Enjeux du scrutin du 2è tour de la présidentielle pour la Côte d’Ivoire ».

——————————————————————————–

L’invité qui a décidé d’aborder tous les sujets difficiles que vit la Côte d’Ivoire dans leurs principes a situé le caractère très décisif de la présidentielle qui intervient après la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire et dans un contexte de sortie de crise. A l’analyse des résultats du premier tour de la présidentielle avec un taux de participation de plus de 80%, il a tiré deux leçons : «Les Ivoiriens sont fatigués de la situation de crise qui dure indéfiniment. Le peuple ne saurait donc accepter que son choix soit de façon directe ou indirecte contesté parce que la souveraineté appartient au peuple qui le délègue à celui en qui il se reconnaît. La majorité présidentielle a eu des voix sur toute l’étendue du territoire. Henri Konan Bédié a maintenu ses positions dans le V baoulé. La Côte d’Ivoire est coiffée par un chapeau orange, la couleur du Rassemblement des Républicains » Jean-jacques Bechio explique la razzia du RDR dans le nord en se fondant sur l’histoire de la rébellion qui a éclaté en septembre 2002 , assortie d’une crise de 8 ans : «L’histoire de la rébellion et de son évolution en Côte d’Ivoire, les lignes de démarcation de la Force Licorne et cette carte qui divisait la Côte d’Ivoire en 2, tout épouse la carte électorale des résultats du RDR dans le nord. J’invite cependant les ivoiriens à se garder de deux pièges que leur tend Ado le premier homme politique a introduire l’ethnocentrisme et la religion dans la politique. Je suis musulman et du nord donc on refuse que je devienne Président. Les ivoiriens doivent impérativement éviter les pièges religieux (Irak) et ethnique »

Le conférencier a cependant exhorté les ivoiriens à faire une analyse sereine du vote des ivoiriens du nord qu’il défend d’avoir fait «un vote ethnique » : «Les populations du nord n’ont pas fait un vote ethnique au sens sociologique et anthropologique du terme. Ce sont plutôt des victimes qui ont voté sous la contrainte. Même en 2000, tout le monde a voté partout et tranquillement. Le nord est le bastion traditionnel du Pdci mais Ouattara a réussi à réduire avec ce vote « soviétique », ce parti en vestiges du passé dans cette partie du pays ». Voilà pourquoi, pour le second tour de l’élection présidentielle, il indique clairement les enjeux capitaux auxquels les ivoiriens devront faire face. Pour lui, il s’agit de « faire ce qui est bon pour la Côte d’Ivoire et de laisser quelque chose de bon aux enfants. Il est question de choisir ce qui est bon pour le pays » et pour ce faire, il fait des recommandations : « Nous devons éviter la manipulation. Nous devons éviter le communautarisme religieux. Nous devons ajouter quelque chose à l’œuvre de Félix Houphouët-Boigny ».

Sur la capacité des héritiers du Président Houphouët-Boigny à assurer la pérennité de cette œuvre, vu la tourmente dans laquelle vit la Côte d’Ivoire depuis 17 ans, Bechio a de sérieuses réserves qui ne manquent de soulever des questions en lui : «Les héritiers ont –ils été dignes ? » Et à Henri Konan Bédié qui appelle les ivoiriens à voter pour Alassane Ouattara au second tour le 28 Novembre prochain, au prétexte « de sauver l’héritage du vieux », il répond avec sarcasme : «mieux aurait été de le préserver ». En tous les cas, l’ancien ministre de la Fonction Publique du Président Houphouët-Boigny, ne considère comme une partie de billard : «La présidentielle ne doit pas être une élection de parti politique surtout pour la Côte d’Ivoire qui a vécu une crise que nous connaissons. Elle doit être l’occasion pour démontrer son attachement viscéral au pays, à la Patrie et à la Nation ».

L’ambassadeur Bechio a donc esquissé le portrait robot du Président qu’il faut à la Côte d’Ivoire. Il doit être un commandant en chef et avoir pour qualités ; la disponibilité, la rigueur, la clairvoyance et de l’abnégation : « Les défis actuels et futurs, auxquels sera confronté notre pays, exigent de son Chef un certain nombre de qualités qui sont entre autres à notre avis : la disponibilité, la rigueur, la clairvoyance, l’abnégation.. Le Chef de l’Etat quelque soit le pays au monde, n’a jamais été le meilleur technocrate dans un secteur ; le Chef de l’Etat est surtout et avant tout, celui en qui son peuple se reconnaît, pour ses qualités de rassembleur, de courage, d’intégrité, d’abnégation, de clairvoyance… Le Chef de l’Etat ne doit pas être celui, qui pour des intérêts particuliers, apporte et entretient la division dans son pays. J’appelle pour le second tour les ivoiriens à voter Laurent Gbagbo. Il nous a démontrés dans les moments difficiles qu’il est un véritable Chef d’Etat, car le chef de l’Etat est dans notre Constitution, le Chef Suprême des Armées et nous avons effectivement vu Laurent Gbagbo en Commandant en Chef de la Côte d’Ivoire : Courageux,Intrépide, Déterminé. Il gagnera les élections parce qu’il est dans le vrai. »

Franck A. Zagbayou
FratMat

Commentaires Facebook