Produits de Côte d’Ivoire : ils ont la côte

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Ignames, bananes plantain, noix de coco, attiéké, ananas…les maliens sont devenus gros consommateurs de ces produits ivoiriens. Allons faire le marché !

30 tonnes par semaine à la douane de Faladié

Plus question de faire un bon repas sans au moins l’un des produits suscités. Toutes les occasions sont bonnes pour s’offrir une bonne platée d’attiéké accompagné de poisson, garba, comme disent les ivoiriens. Pour en trouver, pas besoin de se casser la tête, les marchés en sont remplis ! Mais le meilleur endroit pour faire de bonnes affaires reste la douane de Faladié. L’officier de douane Mady Keita explique que le Mali a commencé l’importation des produits de consommation ivoiriens depuis quelques décennies et qu’au début, leur dédouanement se faisait au niveau de la douane de Faladiè. Le flux de marchandises ayant augmenté considérablement au début des années 2000, les dédouanements ont été transférés au niveau de la douane de Zégoua, frontière entre la Mali et la Côte d’Ivoire. Une trentaine de tonnes de marchandises passent la frontière chaque semaine, toujours selon l’officier Mady Keita. L’arrière-cour de la douane de Faladiè et les alentours du bâtiment sont donc devenus au fil des années un véritable marché, tout le monde l’appelle d’ailleurs, « cote d’ivoire sugu », le marché de Côte d’Ivoire. On y retrouve de nombreux commerçant(es) qui proposent à tout moment de l’année la banane plantain et l’igname qui sont les produits es plus demandés.

Des affaires qui marchent


Katy Koné est commerçante ivoirienne vivant au Mali depuis plusieurs années. Katy a commencé le commerce d’igname en 1999, début des vas-et-viens entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Elle explique qu’« au départ, les choses étaient beaucoup plus faciles et nous ne rencontrions pas de problèmes majeurs sur la route lors des transports de nos marchandises. En plus de la route, les marchandises également coûtaient nettement moins chers que maintenant. Le transport coûtait moins cher et la crise économique n’avait pas encore frappée les clients.» Katy impute cette cherté à la crise qu’a subi la Côte d’Ivoire durant presqu’une décennie. Les tracasseries routières ne facilitent pas l’écoulement des produits sur le marché, à en croire cette commerçante. Cependant, elle gagne bien sa vie puisque par jour, elle confie qu’elle peut vendre entre 50.000 et 100.000 francs CFA d’ignames. Les mauvais jours, son chiffre d’affaire s’élève à 15 000 FCFA par jour. Elle importe une à deux tonnes d’ignames par mois. Le trajet peut durer une semaine entière à cause des blocages de camions au niveau de la douane. Katy Koné précise que lorsque les transporteurs quittent le territoire ivoirien, les tracasseries diminuent parce que le plus gros problème se situe au niveau des douanes ivoiriennes qui ne sont pas du tout tendres. La période propice pour les ignames se situe entre juillet et septembre, puis octobre et novembre. Précisons qu’il existe deux sortes d’ignames : Florido et Wakrou. Le premier est assez fréquent en saison pluvieuse et le second en période fraîche. Les clients de Katy sont viennent de divers horizons. Certains l’achètent pour la revendre et d’autres pour leur propre consommation. Seydou Diarra, lui, est grand vendeur de bananes (Aloco) et plusieurs autres denrées dont les ignames, l’ananas. Ses clients sont majoritairement des commerçants quittant l’autre côté du fleuve, même si quelques rares habitants proches des lieux, achètent régulièrement la banane pour leur propre consommation. Cette denrée ne manque pratiquement jamais tout au long de l’année. Il n’y a que deux mois durant lesquels elle se fait un peu rare. Seydou contrairement à Katy Koné, n’importe pas ses produits. Il les achète sur place à la douane, lorsque les camions viennent avec les marchandises de Côte d’Ivoire. Et il les revend avec un petit bénéfice qui permet de continuer à faire tourner le business. On le peut le dire sans rires, vive l’intégration africaine pour la richesse de nos assiettes!

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Publié par bleble