Les renforts ivoiriens quittent le Nord avant les résultats – GBAGBO CONTESTE

Par Reuters

L’armée ivoirienne a entamé mardi le transfert à Abidjan des 2.000 hommes déployés en renfort dans le Nord, tenu par les ex-rebelles des Forces nouvelles, pour le second tour de la présidentielle dont les résultats sont attendus dans la journée.
Selon les observateurs, le scrutin à hauts risques de dimanche, qui opposait le sortant Laurent Gbagbo à l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, a été émaillé de violences sporadiques, qui ont coûté la vie à cinq membres des forces de l’ordre dans l’Ouest, de manoeuvres d’intimidation et de quelques irrégularités, mais le représentant spécial de l’Onu en Côte d’Ivoire l’a jugé globalement satisfaisant.

« Le second tour de l’élection s’est (…) globalement déroulé dans un contexte démocratique », s’est félicité Y.J. Choi. « Je n’ai aucun doute que la volonté du peuple ivoirien (…) sera respectée », a ajouté le diplomate, lors d’une conférence de presse convoquée lundi soir.

La Commission électorale n’a annoncé lundi que les résultats du vote des expatriés, mais a promis d’en communiquer davantage mardi. L’attente exacerbe les tensions entre partisans des deux candidats, qui se sont affrontés à plusieurs reprises à Abidjan avant le second tour.

GBAGBO CONTESTE

Les exportateurs de cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial, ont interrompu leurs activités dans l’attente de résultats d’ores et déjà contestés par le chef de l’Etat sortant.

Son directeur de campagne, Pascal Affi N’Guessan, a annoncé lundi soir qu’il demandait l’annulation du scrutin dans les régions nordistes de Denguélé, des Savanes et de Worodougou, fiefs de son rival.

Les partisans d’Alassane Ouattara se sont également plaints des conditions de l’élection dans les bastions occidentaux de Laurent Gbagbo, sans toutefois annoncer leur intention d’en contester formellement l’issue.
« Il est théoriquement plus facile de convaincre les parties d’accepter le résultat si la marge est importante », souligne un diplomate occidental impliqué dans le processus électoral, jugeant le satisfecit de l’Onu essentiel.

« Le parti qui voudra contester les résultats devra contester cette analyse. C’était un message important », a-t-il souligné.
Le 31 octobre, le président sortant avait recueilli 38% des suffrages et Ouattara, ex-directeur adjoint du FMI, 32%. Ouattara a obtenu le soutien de l’ex-président Henri Konan Bédié (25% au premier tour), mais on ignore dans quelle mesure ses partisans auront suivi sa consigne de vote.

Les observateurs ont évalué la participation au second tour entre 65 et 70%. Elle avait atteint 80% au premier tour.
Repoussée depuis cinq ans, cette élection présidentielle devait sceller la réunification d’une Côte d’Ivoire coupée en deux depuis la guerre civile ayant suivi le coup d’Etat manqué en 2002 contre Laurent Gbagbo. Elle semble au contraire avoir creusé le fossé entre Nord et Sud.

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