Monsieur le « démocrate », le peuple ne veut plus de vous

CONTRIBUTION – PAR DIARRA CHEICKH OUMAR – PROFESSEUR CERTIFIE DE PHILOSOPHIE

Curieuse conception de la démocratie que celle défendue et exaltée par la refondation et son mentor. De mémoire d’homme, on n’a jamais vu une telle débauche d’énergie à scander à hue et à dia qu’on est « un fils de la démocratie » oint par le verdict des urnes, un indécrottable et invétéré laudateur des principes démocratiques. Et lorsqu’arrive le moment de traduire dans les faits, d’actualiser cet attachement passionnel et inconsidéré qui n’était jusque-là qu’incantatoire, célébré à travers des discours dithyrambiques, on se mue de façon abracadabrante en timonier plus rompu aux arcanes de la barbarie et de la violence qu’à produire un argumentaire rigoureux et attrayant susceptible d’impacter positivement sur les consciences électrices.

A la vérité, c’est une gageure, un véritable sacerdoce que de voiler sa nature réelle, son essence éducationnelle et comportementale véritable. Le poète anglais William WORDSWORTH ne disait-il pas d’ailleurs à raison et avec beaucoup de profondeur que : « l’enfant est le père de l’homme ? » Lorsqu’on a été biberonné aux valeurs cardinales et cléricales de l’amour vrai, de la tolérance, de l’acceptation de la différence, de la vérité, cela rejaillit conséquemment et de façon inexorable sur notre personnalité future, fonde notre agir quotidien à l’endroit des autres, nous assure par contrecoup respect et considération ainsi qu’à notre descendance. Son excellence, Monsieur le Président de la République Alassane Dramane OUATTARA en est un parangon achevé. C’est même un truisme de le dire quand on a une bonne intellection de la lignée des OUATTARA comme nous l’enseignent les manuels retraçant l’histoire de notre jeune pays. Comme cerise sur le gâteau, la rencontre du Président Félix HOUPOHOUËT-BOPIGNY, père de la nation ivoirienne et du miracle ivoirien, mondialement adulé pour ses qualités de stratège politique, de meneur d’hommes, son pacifisme, son esprit de suite et de prévision, ses qualités hautement humaines et son respect pour la parole donnée comme un cadeau de l’histoire estampillé du sceau indélébile de la divinité n’a fait que rabonnir davantage l’homme : portant à leur point nodal ses qualités d’homme de paix, d’ouverture tout en ajoutant une autre corde à son arc d’économiste chevronné, aux compétences irréfragables, celle d’homme politique. Nous pesons nos mots et ne donnons nullement dans la surenchère. En revanche, lorsqu’on a vu le jour et évolué dans un environnement où la mauvaise foi est la chose la mieux partagée, où la papelardise, la concussion, la prévarication, la paresse, l’indiscipline, l’impolitesse, le mensonge, la gabegie, le non-respect de la parole donnée, la fraude aux examens, bref des contre-valeurs sont érigés au rang de religion et de normes, les résultantes logiques du point de vue comportemental et moral ne peuvent être que la licence, la luxure, la violence physique et verbale, l’intolérance, la xénophobie, l’égocentrisme, des crimes de tous genres : humain, économique, éducatif etc. Et si on se donne le temps de bien observer, on se rend à l’évidence que toutes ces tares précitées, Laurent GBAGBO en est l’incarnation humaine. Il en irradié tous ses collaborateurs et ses affidés. Inutilement volubile, l’homme, à vue d’œil ignore superbement les canons de la rhétorique, de la parole qui sous-tendent son caractère sacré : il parle et déparle dans un mépris total de toute éthique et de toute esthétique. Comme réduit à l’anarchie de ses tendances instinctuelles tel un être acéphale, il engage tous azimuts des promesses quelquefois inconsidérées, mieux surhumaines quoique sachant qu’il n’a ni les aptitudes morales, physiques encore moins pécuniaires de les honorer. Le plus important à ses yeux étant de ruser avec le peuple, de le flatter de manière à bénéficier de ses suffrages, de son soutien inconditionnel et se maintenir ad vitam aeternam à la magistrature suprême. Qu’il aille ad patres ou qu’il soit réduit à une misère intenable, peu importe ! Sacré tribun ! Contre-vérités criantes, haine viscérale pour l’étranger, propos orduriers et excrémentiels, incivisme, irrespect des lois républicaines, nominations fantaisistes et sans fondement juridique, culture de la violence, de la barbarie etc. rythment le quotidien de cet homme anachronique, outrancièrement belliqueux et ubuesque visiblement en rupture de ban avec les exigences de la modernité, de la démocratie dont il se réclame à cor et à cri. Frappé pour sûr d’une forme d’amnésie rare généralement caractéristique de patient souffrant de la maladie d’Alzheimer, Laurent GBAGBO semble, de façon feinte ou involontaire, n’avoir rien retenu de son parcours dans le temps, des enseignements de l’histoire lui qui, dit-on, est titulaire d’un Doctorat en Histoire.


Cher ex-Président, à titre de rappel, puisque tel le tonneau des danaïdes, vous avez certainement une mémoire semblable à une passoire qui laisse fuir sans cesse les connaissances que vous glanez, avant vous, l’histoire ancienne et contemporaine nous apprennent qu’il y eut des chefs d’Etat qui se sont illustrés négativement en asseyant des méthodes de gestion de l’appareil étatique et des hommes semblable à la vôtre qui se sont vus par la suite rejetés dans la poubelle de l’histoire pour les plus chanceux et les moins chanceux se sont soit suicidés soit ont purement et simplement été exécutés, comme effet boomerang de leurs actes immoraux et illégaux. Les exemples foisonnent mais nous nous contenterons ici d’en citer quelques-uns : nous avons celui de Néron, cinquième empereur de Rome et dernier des Julio-claudiens ; de Jules CESAR, général et homme politique romain, qui a jeté les bases du système impérial romain ; plus près de nous, nous avons ceux de Jean-Bedel BOKASSA, l’empereur trafiquant ; de Idi Amin DADA, le bouffon sanguinaire ; de Macias NGUEMA, la brute énigmatique ; de Sékou TOURE ou le péché d’orgueil ; d’Augusto PINOCHET, le rebelle qui s’incruste ; d’Anastasio SOMOZA ou la rage de l’enrichissement ; de Mohamed Reza PAHLAVI, le roi des milliardaires ; de Ferdinand MARCOS, escroc patenté… Les méfaits et forfaitures de ces anti-modèles qui ont souillé l’histoire de l’humanité et qui les a par la suite perdus auraient dû vous édifier dans votre régence, cher ex-Président. Mais que non ! Pris dans le vertige de la vengeance, de l’orgueil, de l’outrecuidance et de l’enrichissement rapide et illicite, vous vous êtes conduit durant tout votre règne en véritable tyran, piétinant ainsi les valeurs démocratiques. Non cher ex-Président, vous n’êtes pas un démocrate. Loin s’en faut. D’ailleurs, votre gouvernance prétorienne criminelle à tout point de vue le démontre assez éloquemment. Diantre ! La Côte d’Ivoire n’est pas votre propriété privée, encore moins le pouvoir d’Etat. Vous ne détenez pas le titre foncier de cette terre d’éburnie. Lors du face à face animé par Monsieur Aka-Brou Pascal, journaliste et actuel Directeur général de la RTI, vous avez fait cette promesse au peuple ivoirien de remettre humblement le pouvoir à votre adversaire et frère Monsieur Alassane Dramane OUATTARA si toutefois il parvenait à vous battre suite aux votes du second tour. Mais le verdict des urnes que vous, vos apparatchiks et sbires avez tenté de façon infructueuse de travestir en votre faveur est connu de tous depuis bientôt plus d’une semaine : il est là, formel, catégorique et sans ambages ! Vous avez été battu à plate couture selon les résultats livrés par la CEI qui ont été par la suite estampillés du sceau du certificateur Monsieur CHOI, patron de L’ONUCI (Laurent GBAGBO 45.90 % / OUATTARA Alassane 54.10 %) Qu’attendez-vous donc pour céder les rênes du pouvoir si tant est que vous êtes, comme vous l’affirmez pompeusement : « le fruit des urnes » ? Un coup de fil de Dieu puisque le monde entier l’a déjà fait ? Avec des dirigeants de votre acabit, l’Afrique ne s’en sortira certainement jamais. Un de nos collègues enseignant d’histoire et de géographie, en l’occurrence Monsieur AHOUSSI Adrien disait en substance lors d’une causerie amicale qu’il est plus qu’impérieux de « fermer l’Afrique pour des travaux. » Cette phrase, appréhendée à la hussarde, peut paraître anodine, mais prend une portée transcendante évaluée à l’aune des conduites éhontées, exécrables de nos dirigeants aux antipodes des valeurs susceptibles d’impulser le développement, le progrès.

Cher ex-Président Laurent GBAGBO, pour revenir à vous, sachez que votre page est désormais tournée. Arrêtez de bâtir des châteaux en Espagne ! Il ne sert à rien de s’arc-bouter sur une position quand on n’a pas le droit avec soi. Monsieur Paul Yao N’DRE, Président de la cour constitutionnelle qui, à travers son verdict entaché de subjectivité et de mauvaise foi manifeste vous donne une illusion de légitimité sait in petto qu’il a fait du faux. Les relents en sont perceptibles même pour celui qui a perdu le sens de l’odorat. Revenez donc à la raison. Votre image est suffisamment écornée dans le monde. N’en rajoutez pas. Ayez pitié de ce peuple qui a tant souffert des affres de la guerre dans laquelle le général GUEI et vous l’avez entraîné, fruit de vos collusions machiavéliques. Pour reprendre les termes du Président SARKOZY, c’est à vous de décider du rôle que vous voulez jouer dans l’histoire.

DIARRA CHEICKH OUMAR
PROFESSEUR CERTIFIE DE PHILOSOPHIE
LYCEE MODERNE 1 BONDOUKOU
R.E.R BONDOUKOU
ETUDIANT EN INSTANCE DE THESE
SCIENCES POLITIQUES
Email : sekdiasek@gmail.com

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