ACTES CRÉTINS DE TÉMÉRITÉ ET DÉFIANCE SUICIDAIRE

LA VALEUR DE L’HOMME NE RESIDE PAS EXCLUSIVEMENT DANS DES ACTES CRETINS DE TEMERITE ET DE DEFIANCE SUICIDAIRES

S’il est vrai que l’homme est une dualité, un composé psychosomatique, c’est-à-dire fait de chair et d’esprit, une bonne partie des thèses sur la nature humaine fonde son  »humanéité » sur sa dimension rationnelle, spirituelle qui lui confère une certaine transcendance, mis en rapport avec les animaux vivant sous la dictée de l’instinct, des penchants du corps. C’est tout le sens de cette célèbre formule cartésienne  »Cogito ergo sum » (Je pense donc je suis) qui lie l’existence de l’homme à son aptitude à s’élever, à l’abstraction comme produits brevetés par la pensée, la raison. Il en ressort avec une clarté cristalline que la qualité d’homme ne saurait être, pour des êtres sensés, seuls aptes à la réflexion, la moralité et la spiritualité, cherchée de façon exclusive et forcenée dans des conduites primitives, sauvages, n’ayant comme seule mérite que de célébrer cette loi caractéristique de la vie propre à la jungle : celle consubstantielle aux biceps et aux triceps. Dire autrement, l’homme fort n’est pas celui qui, puisant dans ses gisements physiques naturels, sème la désolation sur son chemin, met tout sens dessus dessous, crée l’hécatombe en s’illustrant par des actes passéistes d’une violence et d’un sadisme inouïs. Ce n’est pas non plus celui qui, comme un taureau éperonné par un mouvement de colère, se lance, tête baissée, sans stratégie, dans l’arène à la fin de renverser ; pis d’expédier ad patres l’outrecuidant qui ose lui brandir le chiffon rouge. Egalement, c’est encore moins celui qui, enivré, aveuglé par les applaudissements, les encouragements, les chansons de gestes, les sobriquets héroïques pestant à mille lieues l’hypocrisie servis quotidiennement par des individus à l’apogée de l’abjection morale, prêts à toutes sortes de compromissions, pourvu que cela leur assure des postes juteux dans l’administration, des émoluments, des prébendes, s’impose, comme frappé d’algophilie (amour de la douleur), des défis surhumains, pousse la fatuité, la prétention jusqu’à défier la puissance de feu des puissances internationales. Tout de même, la témérité, l’outrecuidance ont leurs limites ! Lorsque durant près d’une décennie, on a été incapable de mâter, de réduire à néant, malgré les sommes faramineuses englouties dans l’achat des armes et le recrutement de mercenaires, une lilliputienne rébellion interne qui plus est, vous a ravi plus de 60 % du territoire qu’elle garde jusque-là sous son contrôle, nous croyons que la sagesse recommande dans de tels cas de figure qu’on garde le profil bas et qu’on ne donne pas dans la surenchère verbale que rien ne justifie d’ailleurs. On croit peut-être se valoriser, se donner de la contenance aux yeux de ses affidés, de ses laudateurs par de telles attitudes. Mais, à la vérité, c’est mettre en exergue son masque de personnage faux et hâbleur, se livrant ainsi jambes et mains liées, en pâture à la raillerie publique.


Cher ex-Président, vous semblez bâtir votre espoir, dans cette tentative de holdup électoral déjoué et démagogiquement transmué en combat indépendantiste, souverainiste pour encore une fois de plus essayer d’abuser de la conscience collective, sur une armée qui, si nous nous en tenons aux résultats sanctionnant les votes dans les casernes qui sont significativement en votre défaveur et à la dernière déclaration faite par des éléments des forces de défense et de sécurité indiquant leur attachement à la légalité, donc au pouvoir légal, légitime, oint par les urnes du Président démocratiquement élu, Monsieur Alassane Dramane OUATTARA, vous êtes loin d’y faire l’unanimité. C’est dire que lorsque les forces internationales useront de la force légitime pour installer Monsieur Alassane Dramane OUATTARA dans le fauteuil qui lui revient de droit, vous aurez également à en découdre avec cette frange non moins importante de l’armée qui ne vous est pas acquise. Croyez-vous objectivement que la garde Républicaine, quand bien même épaulée par les recrues libériennes et angolaises qui, dit-on, rompues aux arcanes guerriers, peut tenir la dragée haute à un conglomérat de forces spéciales internationales à la puissance de la machine guerrière désarçonnante et effroyable ? Pensez-vous honnêtement que la FESCI, ce syndicat d’élèves et d’étudiants mué en milice, en branche armée inféodée à votre idéologie pourra vous sortir de cette mauvaise passe ? Non, cher ex-Président, n’entraînez pas le peuple de Côte d’Ivoire dans cette aventure périlleuse qui l’élaguera derechef de certains de ses valeureux soldats, fils et filles qui, en réalité, ne souhaitent que vivre dans la paix et faire face aux défis utiles, en adéquation avec les exigences de la modernité, donc dignes d’engagement, de développement et de progrès. Cher ex-Président, vous êtes peut-être l’égal de Dieu sinon l’un de ses élus dotés de pouvoirs surnaturels, ce qui certainement vous rassure quant à l’issue heureuse de cette entreprise scabreuse dans laquelle vous êtes déterminé à conduire le pays. Toutefois, sachez aussi que la marque des grands hommes, des hommes réellement valeureux, c’est de se comporter en êtres rationnels, savoir lire les situations, les signes de Dieu et par contrecoup savoir reculer lorsque la situation est intenable, lorsqu’humainement, aucun espoir ne semble se profiler à l’horizon. Samory TOURE, quoique réputé guerrier redoutable, doublé du manteau de stratège et de meneur d’hommes, savait mettre un bémol à sa lutte, épargnant ainsi la vie à son peuple, à ses proches et à sa suite lorsque l’ennemi se montrait supérieur. C’est ainsi, qu’il s’offrit en esclave à SORY Brahiman, un des nombreux chefs qui ravageaient la région à l’époque, durant sept bonnes années pour racheter la liberté de sa mère capturée lors d’une incursion victorieuse menée dans la contrée sous son règne, par ce dernier ; séjour au cours duquel il affina ses techniques guerrières et compléta son instruction coranique. Son acte, vous en conviendrez, ne relevait nullement de la couardise, encore moins du défaitisme. Seulement, en bon chef, aimant son peuple, l’Almamy Samory TOURE, sacrifiant momentanément ses ambitions personnelles, avait plutôt privilégié le salut, certes de sa mère génitrice, mais au-delà d’elle, celui de son peuple. Ce n’est donc pas en cédant pacifiquement le pouvoir à votre frère Monsieur Alassane Dramane OUATTARA qui fera de vous, cher ex-Président, le dernier des pusillanimes. Cet acte démocratique d’une noblesse ineffable, gravera à jamais, votre nom dans les annales historiques. Nous pensons que c’est là la portée de l’appel du Président de la République Française, SEM. Nicolas SARKOZY, à votre endroit, sans intention aucune d’interférer dans nos affaires ni de vous imposer quelque idée que ce soit. On n’acquiert nullement de la grandeur morale, de la dignité, de l’importance en s’enfermant dans le cercle vicieux et appauvrissant des comportements belliqueux, vindicatifs, ultranationalistes, populistes. La bravoure, la témérité sont des qualités morales qui ne doivent pas s’apprécier que dans ce sens unilatéral consistant à ruer dans les brancards, à user de violence en s’attaquant à d’innocentes personnes quand on se sent, selon sa logique, vexé ou outragé comme vous, vos apparatchiks et nervis le faites. Les vertus spirituelles, la dimension éthique de l’homme s’évaluent également à l’aune de sa capacité à supporter, à accepter la différence, à reconnaître ses forces et faiblesses, à pardonner même quand il est dans ses droits, a fortiori quand il rime à contre-courant de la vérité, des valeurs démocratiques et constitutionnelles, comme c’est votre cas. C’est la leçon fondamentale que nous apporte la philosophie morale du stoïcisme dont la devise est :  »Abstiens-toi et supporte ! ». Nous osons encore supposer que vous vous réclamez toujours du christianisme, parce que vue la gravité des actes posés par vous ces jours-ci, il y a vraiment de quoi douter de votre foi chrétienne. A ce sujet, le Christ, lui-même, était formel :  » L’enseignement du Christ est qu’il ne faut pas rendre le mal par le mal, qu’il est préférable de supporter la violence plutôt que de l’infliger, qu’il vaut mieux répandre son sang que de souiller du sang des autres ses mains et sa conscience.  » (Cf. ARNOBE, Tunisie, III e siècle) Dans le même sens, le christ, arrêté par des gardes, interdit à Pierre de tirer son glaive pour le défendre en ces termes :  » Remets cette épée au fourreau !  » En basant son enseignement sur les sacro-saintes valeurs de la Vérité, de l’amour, de la tolérance, de la non-violence, le Christ a toujours œuvré à faire admettre la prééminence des armes morales et spirituelles sur les moyens physiques et matérielles et s’est même offert en holocauste pour le salut de l’humanité. Edifié par ces préceptes qu’il a inoculés harmonieusement dans son agir quotidien, a contrario d’un supposé cardinal des tropiques complice de meurtres et incitant ouvertement à travers ses propos partisans à une conflagration sociale, Martin Luther KING (1929 – 1968), pasteur noir américain, lauréat du prix Nobel de la paix est parvenu à la reconnaissance des droits civiques et politiques à la race noire. Dans la même mouvance, Mohandas K. GANDHI (1869 – 1948) avait déjà contribué à l’indépendance de l’Inde par la non-violence, en s’érigeant en chantre de l’amour, de la cordialité, de la paix dans les rapports humains. Pour devenir une icône dans l’histoire de l’humanité, on n’est pas fatalement condamné à faire la promotion de la barbarie, de l’agressivité envers et contre tous, inciter à une antipathie atrabilaire contre l’étranger, instrumentaliser les enfants des autres pour des joutes stupides, sans substance tout en gardant les siens au chaud. Cher ex-Président, épargnez-nous donc cette énième folie suicidaire. Ce que vous et votre clan êtes en train de faire relève tout simplement de la suffisance mal contenue, de la démence. Soyez un tant soit peu observateur : ne voyez-vous pas les couloirs et les bureaux feutrés du palais de la Présidence se vider progressivement ? Ne savez-vous pas que les tenanciers d’hôtels dans la sous-région ploient en ce moment sous le faix des réservations émanant de vos collaborateurs prêts à prendre la clé des champs dès les premiers crépitements de kalanichkov ? Ecoutez les interpellations de votre conscience qui, nous sommes convaincu, ne cesse de vous parler tous les soirs, les moments précédant votre assoupissement dans les bras de Morphée.

Ne vous laisser pas entortiller par les paroles mielleuses, dépourvues de bon sens de ces deux avocats que vous venez de copter à coups de millions pour votre défense, c’est-à-dire Messieurs Roland DUMAS et Jacques VERGES. Abonnés aux causes perdues qu’ils n’ont de cesse de chasser dans le monde, ils vous font certainement croire, à l’aide d’arguties juridiques, qu’il est encore possible de redresser la barre, d’infliger un cinglant revers à cette communauté internationale et de lui rabattre définitivement le caquet ainsi qu’à son Poulin Monsieur le Président de la République Alassane Dramane OUATTARA qui devient un peu trop gênant. Mais les dés sont jetés. Alea jacta est ! Le peuple de Côte d’Ivoire s’est irrémédiablement prononcé. Et la voix du peuple est marqué du sceau de Dieu :  »Vox populi, Vox Dei ». Toutes les voix significatives dans ce monde au plan de l’audimat, ayant donc valeur délibérative dans les dossiers brûlants de cette planète terre ont reconnu et salué la victoire de Monsieur OUATTARA et ne reçoivent que les ambassadeurs nommés par lui, congédiant poliment ceux encore fidèles à votre  »pouvoir ». Il est certes vrai que les crimes commis depuis la marche du RHDP du jeudi 16 Décembre 2010 visant à contrôler la RTI jusqu’à ce jour restent encore vivaces dans les esprits, mais vous pouvez encore opérer une sortie honorable en faisant amende honorable et en acceptant humblement le choix effectué par le peuple. C’est une option peut-être difficile pour vous, vues les déclarations enflammées produites. Mais, in fine, elle vous grandira. Etre, ne consiste pas univoquement dans les attitudes de défiance, d’hardiesse inconsidérée, mais à poser aussi des actes qui militent dans le sens du progrès de la démocratie, du bien-être de l’humanité.

DIARRA CHEICKH OUMAR
Etudiant en instance de thèse
Sciences politiques
E-mail : sekdiasek@gmail.com

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