Interview – Dam Sarr (PDG de l’Alliance africaine d’assurances 3A: « Pourquoi nous avons été expulsés du siège de 3A »

« J’attire l’attention de tous sur les méthodes peu orthodoxes utilisées par nos adversaires… »

S’il est longtemps resté sans se prononcer sur les tensions qui l’opposent aujourd’hui à ses ex- associés, ce n’est pas parce qu’il est en manque d’arguments quant à sa légitimité comme actionnaire majoritaire de l’Alliance Africaine d’Assurances (3A) dont il est le Président directeur général. Bien au contraire ! Dans cette interview qu’il a voulu enfin nous accorder, M. Dam Sarr met à nu les tracasseries orchestrées par ses ex- associés, pour faire main basse sur son entreprise sur la base du faux.

Bonjour M. Dam Sarr, vous êtes le PDG de 3A, une entreprise d’assurances, comment vont vos activités après la malheureuse parenthèse qui a secoué la Côte d’Ivoire ?

Comme vous pouvez l’imaginer, 3A comme toutes autres entreprises a été durement éprouvée par les conséquences de la crise post- électorale, et nous constatons à ce jour, une baisse de plus de 50% de notre chiffre d’affaires sur la période concernée.

Pendant ce temps, votre entreprise traverse elle aussi une crise. Qu’en est- il ?

Vous savez, l’actionnariat de l’Alliance Africaine d’Assurances (3A) au capital de 837 040 000 CFA était majoritairement détenu depuis 1995 par moi-même, Mme Corinne Sarr, et des privés Ivoiriens. Fin 2008, le capital a été ouvert à un actionnaire tunisien, le groupe AMG HOLDING, possédant une adresse virtuelle à Luxembourg, qui nous a été démarché par l’intermédiaire de M. Riad Zaoui et Selim Azzabi, par le biais d’une augmentation de capital à hauteur de 150 millions FCFA, soit 14,46% du capital ainsi porté à 1 037 040 000 FCFA. Dans la foulée la partie ivoirienne a consenti à céder à titre gracieux 4,94% du capital au fournisseur informatique EDI International. En juin 2010, une seconde augmentation de capital est intervenue d’un montant de 163 millions entièrement souscrit par la partie tunisienne, qui nous a également proposé l’entrée dans l’actionnariat de M. Cyrille Bragnier, de nationalité française, à qui ont été cédés 11,84% d’une valeur nominale de 142 millions CFA, à seulement 20 900 000 FCFA.

Comment tous ces arrangements ont- ils pu être effectués ?

Tous ces arrangements ont été rendus possibles en raison des promesses du reste non tenues, par la partie Tunisienne de déposer en compte courant associé la trésorerie nécessaire au bon fonctionnement de la société. A l’issue de ces diverses opérations, le capital social, tel que mentionné dans l’acte notarié (DNSV) en date du 29 juin 2010 était reparti comme suit : Partie ivoirienne: 49, 00% ; AMG HOLDING: 34, 22% ; M. BRAGNIER: 4, 94% ; EDI INTERNATIONAL: 11, 84%
Cependant, suite à un contrôle effectué les 27 et 28 septembre 2010 par la Direction des Assurances, Autorité de Contrôle dépendant du Ministère de l’Economie et des Finances, celle- ci nous a enjoint d’invalider les cessions d’actions au profit de M. Bragnier et de la société EDI International.

Pourquoi cette décision de la part de la Direction des Assurances ?

Tout simplement, parce que la procédure de cession n’avait pas respecté les dispositions légales en la matière. Déférant à cette injonction, le Conseil d’Administration a, en date du 08 octobre 2010, invalidé ces cessions d’actions, décision dûment formalisée par acte notarié du 22 octobre 2010 qui ramenait déjà la part de AMG HOLDING à 34, 22% et celle de la Partie ivoirienne à 65, 78%. Par ailleurs, par lettre en date du 29 octobre 2010, AMG HOLDING (partie tunisienne) faisait interdiction à Ecobank de procéder au virement de la somme de 163 millions FCFA sur le compte de 3A, bloquant ainsi la libéralisation effective de sa participation dans le capital de 3A, et réduisant ainsi de fait, de façon significative, là encore sa part dans l’actionnariat.

Qu’avez-vous fait face à cette situation de blocage ?

Face à cette situation de blocage, l’assemblée générale extraordinaire du 3 février 2011 a autorisé des actionnaires ivoiriens à se substituer aux Tunisiens. Cette nouvelle situation a été formellement constatée par acte notarié en date du 25 mars 2011 et la toute dernière DNSV donne désormais, la configuration suivante : Partie ivoirienne 952 250 000 (79, 35%) ; AMG HOLDING 247 750 000 (20, 64%), soit un total de 1 200 000 000 FCFA. Avec cette configuration, comment AMG HOLDING, a pu installer M. Duchene Didier et Koné Amadou respectivement au poste de PDG et de DGA ?

Bien que se sachant minoritaire car, ne détenant que 20, 64 %, mais utilisant à dessein la DSNV de juin 2010 devenu caduque depuis le 8 octobre 2010, AMG HOLDING a d’abord tenu le 22 octobre 2010, une AG , à laquelle nous n’avons pas été conviés et sur la base d’un actionnariat irrégulier, a réussi à obtenir par ordonnance de référé N°2363 du 11 novembre 2010, l’installation de M. Duchene Didier en qualité de PDG, et M. Koné Amadou (Ex- collaborateur de 3A retraité en juin 2010) en qualité de DGA. Ces personnes n’étant ni actionnaires ni administrateurs ni représentants de AMG HOLDING à 3A. Le Juge des référés ordonnait l’installation de la « nouvelle équipe » sous astreinte comminatoire de 10 millions CFA par jour en cas de résistance de M. Dam Sarr c’est-à-dire de moi-même (PDG) ; AMG HOLDING n’a pu exécuter cette décision qui a été portée devant la Cour d’Appel d’Abidjan, qui a par un arrêt infirmatif N° 44/11 du 28 janvier 2011, cassé ladite ordonnance de référé et déclaré le Juge des référés incompétent. S’étant pourvus en cassation (contre l’arrêt ci-avant) M. Duchene et Koné ont obtenu de l’ex- Président de la Cour Suprême, M. Tia Koné, le 30 mars 2011, dans une période particulièrement trouble, et sans que cette procédure là encore n’ait été portée, comme cela aurait dû, à notre connaissance, une ordonnance prononçant le sursis à l’exécution de l’arrêt de la Cour d’Appel qui, rappelons le, n’était pas une décision exécutoire, mais prononçait simplement l’incompétence du Juge des référés. Munis de cette ordonnance de sursis du président de la Cour Suprême, MM. Duchene et Koné usant de voie de fait, et accompagnés d’une dizaine de militaires des FRCI et de 4 agents de la Préfecture de police, nous ont le vendredi 20 mai 2011 expulsés du siège de 3A.

Quelle a été votre réaction ?

Dès le lundi 23 mai 2011, nous avons porté plainte au Parquet du Tribunal de Première Instance d’Abidjan pour voies de faits, « les nouveaux dirigeants » n’étant, en effet, en possession d’aucune décision de justice autorisant leur installation par la force ! En effet, le sursis du Président de la Cour Suprême n’autorisait en aucune façon leur installation, et l’ordonnance de référé dont ils pouvaient se prévaloir avait été anéantie par l’arrêt de la Cour d’Appel du 28 janvier 2011.
Quelle a été le fruit de la plainte que vous avez portée au Parquet du Tribunal de Première Instance d’Abidjan ?
Sur la base de cette voie de faits perpétrée par nos adversaires, le Président du tribunal par ordonnance N°1905/2011 du 26 mai 2011 a ordonné l’ouverture des portes et l’installation de M. Sarr c’est-à-dire moi-même, et fait interdiction à MM. Duchene et Koné de se présenter au siège de 3A. Cependant, usant à nouveau de la DNSV du 29 juin 2010 qu’ils savent caduque, donc de faux, nos adversaires ont obtenu d’un autre juge, du même tribunal, une décision N°606 /11 du 17/06/11 rétractant l’ordonnance de ma réinstallation ; mais cette décision de rétraction n’ordonne nullement dans son dispositif, l’installation de MM. Duchene et Koné. Plusieurs procédures pénales sont actuellement instruites, tant au niveau du Parquet, que de la Police criminelle, pour « faux et usage de faux » ; « usurpation de titre et de fonction » ; « voies de fait, effraction et vols de documents sociaux.» Je profite de votre micro pour attirer respectueusement l’attention de tous, sur les méthodes peu orthodoxes utilisées par nos adversaires, qui continuent, toujours sur la base de faux documents, à agir tant au niveau des autorités de police, et / ou de gendarmerie, que des autorités judiciaires, dont ils abusent de la bonne foi, pour mettre la main illégalement sur notre société (3A), en n’hésitant pas à recourir à la force, à la violence et à la fraude. Il est d’ailleurs important de préciser que ces personnes sont coutumières du fait, elles ont déjà agi de la même façon en Guinée où, le personnel guinéen en place à leur arrivée a été remplacé par le personnel tunisien. Ils ont tenté de récidiver ensuite au Mali, où fort heureusement ils ont échoué !

Monsieur le PDG, un mot à l’endroit de votre clientèle ?

Je lui demande de continuer à nous faire confiance, la vie des entreprises est à l’image de la vie d’une nation, et même de celle de tout homme. Elle connaît parfois des turbulences. Mais nous avons foi dans les institutions actuelles de notre pays. La légalité et la légitimité étant de notre côté, nous savons que justice nous sera rendue par la grâce du Tout- Puissant, qui ne permettra pas que notre bien nous soit indûment arraché par des étrangers, sur la base de comportements délictueux !

Source, Le Nouveau Navire

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