CPI-La Haye Des avocats et partisans de Gbagbo dans le racisme anti-Blanc

Jean-Paul Oro à Paris Source: L’Intelligent d’Abidjan

Le vendredi dernier, au 177 rue de Charonne, dans le onzième arrondissement parisien, les partisans de Laurent Gbagbo se sont offert une séance de pugilat dans un face-à-face qui était censé être un côte-à-côte pour l’ancien chef d’Etat ivoirien.

A L’INITIATIVE d’un groupe de jeunes patriotes ivoiriens et africains issus de l’immigration, toutes les associations et organisations de soutien à Laurent Gbagbo étaient invitées à réfléchir sur la question de l’organisation d’une union autour des actions de lutte pour la libération du nouveau pensionnaire du centre de détention de Schveningen. Mme Topo Léontine des femmes patriotes, Zap Krasso du COJEP, et Kirmann Gnaoré du Conseil de résistance ivoirienne et panafricaine, ont indiqué que l’heure était à l’union et non aux ambitions personnelles. Au moment de l’intervention d’Abel Naki, les choses ont tourné au vinaigre. Il lui a été reproché de faire de Laurent Gbagbo un véritable fonds de commerce à son unique profit. «Tu es un mendiant Abel Naki, je te le dis. Tu dis que Laurent Gbagbo n’a nommé personne pour mener la lutte pour lui, mais toi, tu t’arroges des titres qui ne sont pas les tiens. Laurent Gbagbo est une affaire de tous. C’est toi qui vis de l’argent que donnent ceux qui aiment notre président. Nous autres, nous travaillons. Va travailler !», s’est adressé un activiste pro-Gbagbo qui se fait appeler Jean Moulin. A la suite de son intervention, le ton est monté dans la salle. Le second tour de table a fait place à Alain Toussaint et aux avocats Habiba Touré et Rodrigue Dadjé. Ha-biba Touré a évoqué le fait que le transfèrement de Laurent Gbagbo était entaché d’indignité et d’irrégularités. Pour elle, Laurent Gbagbo en qualité d’ancien chef d’Etat aurait pu être transféré dans des conditions un peu plus dignes que celles dans lesquelles il est arrivé à La Haye. Me Touré affirme que l’ex-président a été transféré en toute violation des sanctions du Conseil de l’Union Européenne. «Nous avons buché tous les journaux officiels de l’Union Européenne, et nulle part nous n’avons trouvé une dérogation qui autorisait au président Laurent Gbagbo de voyager dans l’espace européen. Je dis ça, parce que le mandat d’arrêt de la CPI exigeait que les autorités ivoiriennes fassent le nécessaire de sorte à avoir une dérogation afin de permettre à Laurent Gbagbo d’arriver en Europe. Mais rien, jusqu’à présent rien. Laurent Gbagbo est arrivé à La Haye en toute violation des sanctions de l’Union Européenne. Mais pourquoi ? Je laisse la suite à mon confrère Dadjé», a dit la benjamine des avocats de Laurent Gbagbo. Elle a aussi précisé que la démarche qu’elle menait, n’était pas liée au fait qu’elle voulait la place d’Emmanuel Altit. «Dadjé et moi ne pouvons défendre le président bagbo à la CPI en raison de notre jeune âge. Mais nous voulons comprendre comment un proche de Nicolas Sarkozy puisse défendre Laurent Gbagbo ?», s’est interrogée Me Habiba Touré. A sa suite, Rodrigue Dadjé, l’avocat de Simone Gbagbo dans l’affaire Kieffer, s’est employé à expliquer que la France n’avait jamais respecté les accords de coopération judiciaire entre elle et la Côte d’Ivoire. Pour lui, ce qui s’est produit le 11 avril dernier en Côte d’Ivoire, traduit le sentiment de supériorité des Occidentaux sur leurs anciennes co-lonies. «Il raconte n’importe quoi!», a répliqué Issa Ladio alias Sankara, face aux propos de Rodrigue Dadjé. Une cohue s’ensuivra… L’intervention d’Alain Toussaint achèvera d’exacerber les dissensions au sein de la galaxie Gbagboïste présente ce vendredi soir-là. «Ce qui va se passer à La Haye est le procès des Blancs contre les Noirs. Ne nous trompons pas, ce sont les Occidentaux qui jugent les Noirs. N’y a-t-il pas de Noir pour défendre Laurent Gbagbo ? Je ne nie pas les compétences de Maître Altit, mais est-il celui qu’il faut pour défendre celui que Nicolas Sarkozy a renversé ?». Alain Toussaint s’est ensuite vu happer par un assistant qui ne partageait pas la thèse de l’ancien conseiller de Gbagbo. «Je ne vous laisserai pas dire cela. Vous dérapez là! Vous mentez et intoxiquez les Ivoiriens!». Suite à l’intervention de ce participant, une cohue s’installe entre ceux qui soutiennent la thèse d’Alain Toussaint et ceux qui n’y voient que la main de la déstabilisation. L’argument de la force remplace la force des arguments. C’est une séance de pugilat qui s’installe. Une véritable bataille rangée entre les partisans d’Alain Toussaint et ceux qui estiment qu’il ramerait pour la condamnation de Laurent Gbagbofait rage pendant une demi-heure. AlainToussaint, Habiba Touré et Rodrigue Dadjé quitteront la salle sous la protection de ceux qui voient en l’avocat de Laurent Gbagbo un agent de Nicolas Sarkozy, mais sous l’insistante menace des pro-Altit, qui voulaient en dé- coudre et semblaient bien en phase, avec l’aile d’Accra de la résistance. Prévue pour réunir les Gbagboistes de France qui ne cessent de se diviser, la table ronde de l’union s’est achevée en crêpage de chignon.

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LE DOSSIER DU DÉGEL DES AVOIRS GÉRÉ AVEC OPACITÉ

La presse se faisait l’écho vendredi dernier du dégel des avoirs de 51 pro-Gbagbo. Sur la base de cette information, le président du collectif pour le dégel des avoirs gelés (Cdag-ci) a approché les services du parquet. Ni la liste des concernés par le dégel, ni la procédure pour figurer sur cette liste ne lui ont été montrées. Dr Adja dénonce un flou autour de l’affaire.

DEUX COMPTES BANCAIRES POUR LE COFINANCEMENT DE LA DÉFENSE DE GBAGBO

Le porte-parole du président Laurent Gbagbo, Justin Koné Katinan, a révélé, le numéro du compte sur lequel les dépôts doivent être effectués pour le cofinancement de la défense de Laurent Gbagbo à La Haye. Logé à la banque CIC-Paris La Villette, le compte porte le numéro 3006/10751/00020110401/95. Pour les virements depuis l’étranger, un autre compte est logé à IBANK sous le numéro : FR 7630066/10751/ 00020110401/95.

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