CPI – L’inculpation de Soro face au trouble jeu de la France, de Compaoré, du Nigeria…

Lu sur Jeune-Afrique

Côte d’Ivoire: rencontre entre Soro et les procureurs de la CPI à New-York

Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro a rencontré le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, et sa successeuse Fatou Bensouda, le 15 décembre à New York. Une façon pour le chef des forces pro-Ouattara pendant la crise postélectorale de se poser aujourd’hui en interlocuteur alors qu’il pourrait être appelé à témoigner devant la CPI prochainement.

Guillaume Soro, le Premier ministre ivoirien, qui pourrait être appelé à témoigner devant la Cour pénale internationale (CPI) en tant que chef des forces pro-Ouattara pendant la crise postélectorale, a dépêché ces derniers mois des juristes en Europe afin d’évaluer les risques et de prévoir des contre-feux. Il bénéficie de l’appui des gouvernements étrangers (France, Burkina, Nigeria, etc.) qui ont soutenu l’offensive ouattariste, en mars, et n’ont aucun intérêt à voir déballer devant la Cour les petits secrets de leur implication dans le conflit.

En allant à la rencontre, le 15 décembre à New York, de Luis Moreno-Ocampo et de Fatou Bensouda, les actuel et future procureurs de la CPI, il s’est posé en interlocuteur. Le bureau du procureur enquête actuellement sur les exactions commises par les deux camps et étudie la possibilité de faire remonter ses investigations jusqu’à la tentative de coup d’État de septembre 2002.

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Titre J-ci.net

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Les dessous d’un séjour aux USA – La CPI prête à épingler Soro Guillaume

LA HAYE – Connectionivoirienne.net | La Rédaction Pays-Bas | 16.12.2011

En Côte-d’Ivoire l’actualité autours du chef du gouvernement Ouattara a ces dernières semaines, semblé essentillement tourner autour de sa campagne aux législatives dans sa bourgade natale de Ferkessédougou, non loin de la frontière nord séparant ce pays du Burkina-Faso. Mais à la surprise générale, sans attendre la proclamation officielle des résultats de ces premières législatives dans ce pays depuis 11 ans, l’ancien chef rebelle et leader syndical étudiant, a sauté pieds joints dans le premier avion en partance pour New-York aux USA. Dans la foulée et toujours avec la même précipitation, en apparence sans trop grande précaution le service de communication de la primature ivoirienne fait parvenir aux rédactions de presse, un communiqué détaillé des activités du « PM »

«Le Premier ministre, ministre de la Défense, Monsieur Guillaume Kigafori SORO, est arrivé aux États Unis d’Amérique ce lundi 12 décembre 2011 (…) pour un séjour d’une semaine au cours de laquelle il prendra part à la 10ème Session de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI)»
Vous avez bien lu…«un séjour au cours de laquelle» Mais passons ! Plus loin dans le même communiqué, le lecteur constate que l’ancien chef rebelle, devenu depuis les fameux accords de Ouagadougou premier ministre, aura une série de rencontres avec une panoplie de personnalités parmi lesquelles, les deux procureurs de la Cour pénale Internationale [Bensouda et Ocampo, Ndlr], Ban Ki Moon, Secrétaire général des Nations Unies et «sous réserve de confirmation, M. Guillaume Kigbafori SORO devrait rencontrer la Secrétaire d’État américaine, Mme Hillary CLINTON»
Au vu de tout cet activisme que certains pourront qualifier de « bal des sorciers », une question taraude l’esprit de l’observateur très attentif du poker menteur politique « made » in Côte-d’Ivoire.

Pourquoi tout ce boucan accompagné de bourdes communicationnelles à un moment où Gbagbo est transféré à la Haye et, surtout après que le procureur Ocampo ait déposé le 04 novembre dernier, devant la chambre préliminaire III les informations complémentaires couvrant la période de crimes allant de 2002 à 2010. La chambre préliminaire III avait en effet le 3 octobre 2011, demandé au bureau du procureur de lui fournir ces compléments d’informations, après que cette même chambre se soit déclarée compétente pour juger tous les crimes couvrant la période 2002- 2011. Des compléments d’informations fortement accusateurs pour l’ex chef rebelle que connectionivoirienne.net a pu consulter. La cinquantaine de document annexés contiennent en effet, une longue série de crimes commis par les forces rebelles du Mouvement Patriotique de Côte-d’Ivoire (MPCI), du Mouvement pour la justice et la paix (MJP) et du mouvement populaire ivoirien du Grand-Ouest (MPIGO) toutes trois, des forces sous l’autorité de Soro Guillaume. Au même moment, c’est le journal pro-RDR l’Expression, « dissidence » du journal pro-Soro Nord-Sud, qui titre à sa UNE du mercredi 14 décembre 2011: «États-Unis – Soro convoqué à la CPI».

« Prouvez-moi que vous êtes innocent »

« Prouvez-moi que vous êtes innocent » Cette phrase est du Procureur Ocampo à l’endroit de Soro Guillaume, durant son récent passage en terre ivoirienne. « Le voyage précipité aux USA ne serait pas plus qu’une tentative d’apporter les preuves de la non-culpabilité demandées par le procureur » affirment des sources judiciaires proches de la CPI contactées par ce site. Selon ces sources, la chambre préliminaire III s’apprêterait à autoriser le procureur Ocampo à ouvrir une enquête sur la période rebelle allant de 2002 à 2010. L’enquête devant selon toute logique à son tour aboutir à l’inculpation de Soro Guillaume. Pour rappel, Laurent Gbagbo a lui été épinglé sur la période de l’après 28 novembre 2010. Toujours aux Pays-Bas, des sources proches du gouvernement néerlandais nous indiquent que Soro Guillaume se trouve encore légèrement sous la protection de la France, mais que pratiquement tous les pays anglo-saxons dont les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, la Norvège, les USA, l’Allemagne, le Canada estiment tout à fait normal qu’à la suite de Laurent Gbagbo, Soro Guillaume soit à son tour inculpé et transféré dans une cellule à La Haye, pour répondre des crimes commis par les mouvements rebelles sous son autorité. Ces sources ajoutent qu’une seconde inculpation de Laurent Gbagbo pour la période d’avant 28 novembre 2010 n’est pas à exclure. La même épée de Damoclès pèserait sur la tête d’Alassane Ouattara pour la période allant du 17 mars 2011, date de signature du décret créant les Forces Républicaines de Côte-d’Ivoire (FRCI).

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