Côte-d’Ivoire Machine à frauder du RDR: Wodié confirme les accusations du candidat Gbagbo

La rédaction le Nouveau Courrier

L’ex-président du Pit, Francis Romain Vangah Wodié, parvenu à la tête du conseil constitutionnel par la volonté d’Alassane Ouattara, a eu ses premiers «devoirs» avec le contentieux électoral lié aux législatives du 11 décembre dernier. Selon des indiscrétions, le Conseil constitutionnel a subi des pressions de toute part, mais a tenu à afficher sa relative indépendance, comme a tenté de le justifier son président. «Le Conseil constitutionnel a accompli son œuvre en toute indépendance, en toute impartialité et en toute conscience. Nous sommes le dernier rempart juridique concernant les élections», fait-il savoir. Tout en relevant qu’il est du devoir de son institution de confirmer une élection ou de la rectifier ou de l’annuler. Si ce conseil est parvenu à annuler les résultats de quelques 11 circonscriptions, ça n’a pas été le cas concernant le scrutin à Bouaké où les requêtes étaient à la fois fondées et solides.


Face aux nombreuses requêtes qui comportent quasiment les mêmes récriminations, le Conseil constitutionnel a dû prendre ses responsabilités. Wodié a fustigé le comportement de candidats et partis politiques. «Dans le déroulement de la campagne, on relève l’intervention des FRCI ou des dozos, des forces armées au service de certains candidats, l’utilisation des moyens de l’Etat (véhicules et autres), l’utilisation des signes et symboles de l’Etat et l’image du chef de l’Etat et la prolongation de la campagne au-delà de la période réglementaire», relève-t-il. Dénonçant aussi le vote des morts et des personnes absentes. «On ne doit pas se laisser aller à ce jeu de ruse, où tous les moyens sont considérés comme autorisés ou même la tricherie entre dans la stratégie de victoire de certains candidats ou de certaines formation politiques. Il doit exister en chacun de nous la volonté d’assainir le champ politique et tout le jeu électoral. C’est là aussi l’exigence de la démocratie», a martelé Francis Wodié. Curieusement, les recriminations relevées, notamment les bourrages d’urnes, falsification de PV et/ ou de résultats, empêchement de voter, violence, utilisation d’éléments Frci… sont principalement et de très loin reprochées au Rdr d’Alassane Ouattara. En décortiquant froidement les méthodes de fraudes du parti dont l’actuel chef de l’Etat demeure le président, Francis Wodié relance inévitablement le débat sur les accusations du candidat Laurent Gbagbo à l’occasion de l’élection présidentielle. En effet, ce qu’il constate aujourd’hui, c’est ce qui a poussé Gbagbo à déposer des recours devant le Conseil constitutionnel – comme l’y enjoignait la loi. Du coup, le débat sur le recomptage des voix de la présidentielle et celui de l’audit et de la réforme d’une Commission électorale incapable d’empêcher les fraudes récurrentes d’un camp sur-représenté en son sein, ne peut plus être évité. Victimes aujourd’hui des mauvaises manières politiques déplorées hier par le Front populaire ivoirien (FPI), le PDCI, l’UDPCI et les indépendants doivent songer à rejoindre l’ex majorité présidentielle sur le terrain des luttes pour la transparence électorale. Le contexte national et les rapports de force internationaux rendent ce combat absolument gagnable.

F. Toti

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Publié par La Rédaction