Affaire Comium Côte-d’Ivoire Nizar Dalloul est-il digne de confiance ?

Nizar Dalloul DR

 

Par Gbansé, Douadé Alexis | Connectionivoirienne.net

L’état de Côte-d’Ivoire va-t-il finalement retirer sa licence téléphonie mobile à Comium-Koz Côte-d’Ivoire ? Selon toute apparence cela ne saurait étonner, face aux reniements et changements de discours du premier patron du groupe Comium, le Libanais Nizar Dalloul. Dire, affirmer des choses, faire des promesses et au moment opportun renier ses propres engagements, maintenir tout le monde dans le flou, tel semble être le propre de Nizar Dalloul.

En 2009, lorsque connecitionvoirienne.net, après un séjour d’enquêtes de son directeur de publication à Beyrouth au Liban, soupçonnait l’ex DG de l’ATCI, de posséder des actions dans Koz-Comium, en violation des lois ivoiriennes, la levée de bouclier fut générale. De Nizar Dalloul à Kla Sylvanus himself, en passant par les refondateurs au pouvoir de 2000 à 2010, tous ont clamé que M. Kla ne possédait aucune action Comium. Dans diverses correspondances, Mariam Na Fofana (conseillère juridique de l’ATCI), Fida Barakat (Directrice communication du Groupe Comium) , Kla Sylvanus ex DG de l’ATCI et bien d’autres personnes, n’ont cessé de marteler que les seuls actionnaires de Comium, étaient MM. Marie Eugène Diomandé (Président du Conseil d’Administration), Mohamed Salamé (Événementiel) et Nizar Dalloul à travers sa compagnie C-mobile. La répartition des actions se chiffraient alors à 12,50% pour Eugène Diomandé, 2,5% pour Mohamed Salamé et 85% pour Nizar Dalloul. Lisons Kla Sylvanus dans un échange par e-mail en date du 8 décembre 2009 sur cette affaire de répartition des parts:

« (..)Tu as raison sur la répartition cher ami. Au départ Monsieur DIOMANDE avait 15% dans COMIUM et il en a cédé 2,5% à Salamé. Il lui en reste à ce jour 12,5%. Maintenant laissons les deux personnes intelligentes s’affronter. Je voudrais juste te rappeler que je mène très largement au points… » Fin de citation.


Depuis, beaucoup d’eau a coulé. Nizar Dalloul, empêtré dans d’énormes problèmes financiers (nous y reviendrons), va songer à vendre Comium-Koz Côte d’Ivoire, la vache à lait du Groupe. Mais très vite, il se heurte au refus des actionnaires minoritaires pour la simple raison que la boite, en son temps, 3e compagnie mobile en Côte-d’Ivoire derrière Orange-CI et MTN, se comportait bien sur le marché. Face à ce refus, Nizar Dalloul aura l’idée de se rapprocher de l’ancien pouvoir. En pleine crise postélectorale, Dalloul sur les conseils de l’ex avocat de Simone Gbagbo, Dadjé Rodrigue assisté d’autres refondateurs dont Thierry Légré, va organiser une assemblée générale d’actionnaires à Abidjan. Une technique inédite sera alors mise en place. Les actions minoritaires seront diluées et le capital de Comium porté, tenez-vous bien à 50 milliards de fcfa ! Le dossier de vente est confié à BNP Paribas et M. Hervé H. responsable des marchés émergeants, est chargé de trouver acquéreur. Mais l’affaire coince. Car l’assemblée générale de fin 2010 est attaquée en justice par les autres actionnaires pour invalidation. En pleine crise postélectorale, la cour suprême de Côte-d’Ivoire invalide l’assemblé générale. La justice fait injonction à Comium de réintégrer MM. Salamé et Diomandé dans leurs fonctions.

Mais Nizar Dalloul et ses associés ne se laissent pas faire, soutenus qu’ils étaient par la refondation, dont ils finançaient selon certaines langues, les efforts de guerre en sous-main. Un bras de fer va donc s’installer. Afin d’éviter une escalade de la situation qui pourrait mettre la continuité de l’entreprise en danger, les nouvelles autorités ivoiriennes conduites par le ministre de la justice, actuel premier ministre, conseillent aux actionnaires de Comium de s’arranger et de trouver un règlement à l’amiable, « un gentlemen’s agreement ». Décision alors, qualifiée de sage en ces temps de crise, vu que plus de 500 familles ivoiriennes vivent directement de la compagnie, sans compter les milliers de personnes qui trouvent indirectement leurs gagne-pains quotidiens dans Koz-Comium a travers les nombreux produits dérivés commercialisés. Un cadre de résolution que les deux parties acceptent, est arrêté. Dalloul accepte de dédommager les actionnaires minoritaires Eugène Diomandé et Mohamed Salamé. Plus de 12 mois plus-tard, de promesses en promesses, le clan Dalloul ne fait que tourner tout le monde en rond. Subitement, Nizar Dalloul trouve opportun de remettre Kla Sylvanus dans le jeu, sur la base d’un document qualifié de FAUX, de cession d’actions. Une transaction comme nous l’indiquions ici plus haut, reniée par toutes les parties dont M. Kla, lorsque connectionivoirienne.net en avait fait la révélation. Les divers procès intentés par Kla Sylvanus contre ce site, vont coûter au bas mot en frais directs, 15.000 euros à connectionivoirienne.net (documents comptables 2009/2010). L’Administration publique en Côte-d’Ivoire étant une continuité, le délit d’initié ne saurait être acceptable ni hier, encore moins aujourd’hui, et l’État de Côte-d’Ivoire ne saurait enfreindre les décisions de ses propres juridictions.

Affaire à suivre…

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Publié par La Rédaction