Université – Le régime Ouattara accusé de créer un syndicat étudiant proche du RDR

GBANÉ Aleoussene

Présentation du CERUPCI

Les étudiants de Côte d’Ivoire, dont nous faisons partie, sont très inquiets depuis l’annonce faite par le Président de la République, lors de sa visite officielle au Togo en novembre 2011. Il annonçait en effet la fermeture des universités jusqu’en septembre-octobre 2012.

COMMUNIQUE DE PRESSE DU COLLECTIF DES ETUDIANTS POUR LA REOUVERTURE IMMEDIATE DES UNIVERSITES PUBLIQUES DE COTE D’IVOIRE (CERUPCI)

Les étudiants ont ensuite largement exprimé leur mécontentement notamment à travers les réseaux sociaux. Ils attendaient, des organisations nationales et internationales impliquées dans l’éducation, des réactions et des propositions de solutions de sorte à sauver l’année académique 2011-2012 alors que l’année antérieure (2010-2011) était déjà perdue suite aux troubles politiques. Face au silence de ces organisations, ils décidèrent de prendre eux-mêmes leurs responsabilités. Ainsi des groupements d’étudiants vont naître spontanément pour réclamer une rentrée universitaire au titre de l’année 2011-2012.

Le CERUPCI est la fusion d’une partie de ces groupements. Il a été formé en décembre 2011 pour exiger la réouverture des universités dans les délais les plus brefs et non en septembre 2012 comme prévu par le chef d’Etat. Se basant sur une analyse sérieuse et profonde de la situation, le collectif a toujours estimé que les arguments de réhabilitation et de restauration de l’ordre sécuritaire de ces universités, avancés par le gouvernement, ne sauraient justifier un tel prolongement de la fermeture et causer une année blanche supplémentaire.

Les actions menées par le CERUPCI
Le premier acte posé par le collectif a été la mise en place d’une pétition (avec possibilités de signer en ligne sur le site internet http://campuslibre.wordpress.org). A cela s’ajoutent des interventions auprès de représentations diplomatiques, des organisations de la société civile et des autorités ivoiriennes, certaines parutions dans la presse écrite, chaîne de radio internationale et journal en ligne.

Les observations faites par le CERUPCI sur l’attitude du gouvernement

Ce qui ressort des rencontres que nous avions avec nos autorités et des déclarations publiques faites par ces dernières sur le sujet, c’est une description dramatique de l’état dans lequel se trouvaient ces universités à l’issue de la crise post électorale. Selon nous, la situation n’était pas d’une telle ampleur. L’état dans lequel se trouvaient réellement ces universités offrait la possibilité à l’Etat de créer, après quelques mois, les conditions de reprise des cours et de procéder à l’amélioration du système pendant son fonctionnement. C’est d’ailleurs ce que firent des écoles comme l’ENSEA, l’antenne de l’INPHB et l’ENS qui sont situées dans l’enceinte même de l’université de Cocody et ont subit le même niveau de dégâts que les UFR de cette université. La différence est que pour ces écoles il y a eu une volonté manifeste de reprise des cours.

Pour se conforter dans sa position, l’Etat annonce des projets ambitieux pour un pays qui sort de crise. En ce qui concerne l’université de Cocody par exemple, il promet de la transformer, avant sa réouverture, en une université ultra moderne avec des commodités dignes de ce rang. Aujourd’hui, à quelques mois de la date annoncée pour la rentrée, on constate que les travaux se limitent toujours à l’entretien et à l’embellissement ; aucun nouveau bâtiment n’est sorti de terre.
Nous estimons que le prolongement de la fermeture des universités répond plus à une volonté délibérée du gouvernement qu’à de réelles contraintes nécessitant un tel délai. Nous nous interrogeons cependant sur les motivations réelles. L’université ne ferait-elle pas partie des priorités du moment du gouvernement ? Les autorités auraient peur des intellectuels ? Une chose est sure : les étudiants sont une nouvelle fois victimes de la classe politique.

Les observations faites par le CERUPCI sur l’attitude des organisations nationales et internationales

Apparemment, le prolongement de la fermeture a choqué les seuls étudiants que nous sommes. Sinon comment expliquer le silence qui a été observé tout autour relativement à ce prolongement. Néanmoins les silences que nous déplorons le plus sont ceux de la Convention de la société civile ivoirienne et de l’UNESCO. En effet, cette dernière est censée veiller au respect de l’éducation dans le monde grâce à des fonds publics conformément a sa convention sur l’éducation.

L’évolution de la situation

Au cours des échanges, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique n’a eu de cesse de nous faire part de la volonté du gouvernement de mettre tout en œuvre pour que la rentrée de septembre 2012 soit effective. Cependant, aucune garantie concrète ne nous était donnée. Toutefois, il à été mis en notre connaissance que la date de septembre est la date de la remise des travaux par les ingénieurs à l’Etat de Cote d’Ivoire précisément au Ministère de l’Enseignement Supérieur. Et que la rentrée allait dépendre de chaque UFR.
Aujourd’hui, le gouvernement offre quelques garanties avec le lancement de la procédure d’identification des étudiants. Nous tenons à saluer cette initiative. Et nous pensons qu’il serait judicieux et transparent d’associer les étudiants, dont c’est l’intérêt de voir les établissements rouverts, au comité de suivi des travaux. Le suivi devra concerner le programme de réhabilitation des infrastructures et celui des procédures administratives qui devront venir en amont de la reprise des cours, afin de s’assurer que tout fonctionne normalement et correctement en tenant compte des échéances.

Nous recommandons par ailleurs à l’Etat de renoncer à rétroactivité de la suppression du parapluie. En effet, nous avons appris, à l’issue d’une rencontre au Ministère que, conformément à cette mesure, l’Etat nourrit l’ambition de ne plus compter au nombre des étudiants ceux qui ont déjà repris ou perdu un certain nombre d’années.

Nous estimons que le point de départ du champ d’application de cette mesure doit être la date de la rentrée en vigueur, c’est-à-dire la rentrée universitaire prochaine voire l’année suivante. Les étudiants ne sauraient endosser la responsabilité de la classe politique ivoirienne qui a entravé leur scolarité. C’est la victime qui devrait payer les pots cassés ! Nous trouvons cela intolérable et fort du poids de la mobilisation considérable autour de notre pétition, nous souhaitons sensibiliser les autorités pour que cette décision soit revue.

Aussi faut-il recommander à l’Etat de renoncer instamment à son projet d’augmentation des frais de scolarité, cette décision si elle est appliqué aura des effets pervers et non désirables sur les étudiants et les parents d’élèves. Les étudiants dans les écoles publiques sont en grande majorité des classes sociales moyennes ou économiquement défavorisées. Dans un pays où le coût de la vie est de plus en plus élevé et où la plupart de la population vit dans l’extrême pauvreté, cette décision ne répond pas au principe d’égalité de change accordé à tous. Elle décourage les bacheliers de d’envisager une éducation universitaire et refuse aux étudiants une curiosité intellectuelle, gage de l’insertion, de la réussite sociale et moteur du développement d’un pays.

Pour le collectif, la question de la privatisation par l’Etat des établissements universitaires publics manque d’élégance et de contribution pour le développement de notre nation, la Côte d’Ivoire. En effet, cette méthode est appliquée aux résidences universitaires. Nous proposons à l’Etat de faire appel à des privés qui construiront des logements sociaux à la faveur notre bourse et de construire d’autres universités à l’intérieur du pays. Mais que les établissements existants restent sans être privatisé pour permettre aux étudiants qui pour la plupart ont leurs parents a l’intérieur du pays de se loger décemment.

Nous demandons au politiques ne plus utiliser les étudiants des universités à des fins politiques. Pendant que l’Etat incrimine la FESCI et les prend pour bouc émissaire, il traite avec eux. Mieux il met en place un autre syndicat piloté par des jeunes des jeunes étudiants du RDR. Nous disons non à cette manière pour l’Etat de préparer une nouvelle perturbation des universités, si tant est que la « paix » est l’objectif du discours officiel.

Conclusion

Le but du CERUPCI étant la réouverture des universités, nous continuerons d’agir jusqu’à l’effectivité de cette réouverture dans les délais les plus brefs. Nous veillerons surtout à ce que les étudiants ne soient pas exclus du système par des mesures indignes et irresponsables de la part des autorités.

A ce stade de notre parcours, nous voudrions remercier toutes les organisations nous ont accordé leur soutient sans faille, ainsi que toutes les personnes qui ont signé la pétition. Nous avons l’assurance que les rangs de ces soutiens iront grossissant, car il y va de l’intérêt de tous et de chacun.

Nous appelons les étudiants, les parents d’élèves et les sympathisants dont la cause est notre combat à se joindre à nous dans le cadre de nos actions en nous contactant par mail ou téléphone.

N’oublions pas enfin, les professeurs prisonniers politiques et prisonniers d’opinions. Leur libération contribuera fortement à une ouverture effective et même c’est une garantie pour une ouverture effective, car ils sont l’épine dorsale de l’université ivoirienne, et sont les alliés incontournables pour préparer la relève.

Fait à Abidjan mardi 15 Mai 2012

Porte-parole
GBANE Aleoussene
Contact (225) 02651143

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