Les défaillances sécuritaires ouvrent les portes du terrorisme en Côte d’Ivoire

Par Marcaire Dagry Lundi, 22 Octobre 2012 07:33

Avec l’assaut contre la centrale thermique d’Azito, après les nombreuses attaques de commissariats de police et de positions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, qui ont fait plusieurs victimes, le sentiment d’insécurité dans ce pays vient de changer de niveau. Ce qui était perçu, jusque-là, comme des actions de déstabilisation psychologique, destinées à miner le moral de la population et des investisseurs nationaux et étrangers dans le pays, prend désormais des allures d’actions de terrorisme de grande envergure.

Cette confrontation psychologique et d’usure qui oppose, depuis plusieurs mois maintenant, le gouvernement ivoirien à tous ceux qui ont des intérêts communs à le fragiliser, semble prendre, désormais, une dimension géostratégique. Selon des spécialistes, plusieurs acteurs militaires et politiques, voire économiques ouest-africains, peuvent avoir des intérêts à soutenir, d’une manière ou d’une autre, les adversaires politiques nationaux du gouvernement ivoirien. A la suite de la crise post-électorale ivoirienne, plusieurs partisans de l’ancien régime, réfugiés dans des pays limitrophes de la Côte d’Ivoire, tentent, selon un rapport de l’Onu, de créer un climat de terreur et de chaos dans ce pays. Après avoir donc réussi à fédérer à leur cause, les déçus des ex Forces Nouvelles, ces exilés politiques négocient, à présent, avec les islamistes d’al-Qaida du nord du Mali, pour mener des actes de terrorisme en Côte d’Ivoire. Ces islamistes ont vite compris l’intérêt qu’ils avaient à collaborer avec ces exilés politiques et militaires ivoiriens qui ont encore de très grandes capacités de financement. Pour eux, le Chef de l’Etat ivoirien et président de la Cedeao est devenu, de fait, un ennemi de leur cause politique.

La raison, la possible intervention militaire d’une armée ouest-africaine dans le nord du Mali, sous l’égide des Nations Unies. D’autres acteurs politiques, notamment ghanéens et libériens, ont aussi, pour des raisons différentes, intérêt à voir échouer le gouvernement ivoirien, dans sa volonté de développement économique. Jusqu’à présent, l’instabilité politique en Côte d’Ivoire qui a fait fuir les investisseurs étrangers et ivoiriens a profité aux pays limitrophes, surtout le Ghana, où selon plusieurs sources concordantes, plusieurs centaines de milliards de franc Cfa y seraient investis. Avec l’internationalisation des suites de la crise post-électorale ivoirienne, l’inquiétude au sein des populations se renforce davantage, avec cette nouvelle forme de menace terroriste auxquelles elles sont confrontées. ’Endommagement des installations de la centrale thermique d’Azito, qui alimente une bonne partie de la ville d’Abidjan en électricité, est un véritable choc pour elles. Une partie du système de refroidissement a été arrêtée, et, selon son directeur, Marc Pisani, la capacité de la centrale d’Azito a été réduite de moitié. Après cette centrale, quels sites stratégiques seront les futures cibles ? Théoriquement, sont-ils tous sous très haute défense? Connaissant le degré de corruption, d’absence de rigueur et d’insatiabilité financière de nos agents, cette notion de sécurité devient, de fait, relative, voire inquiétante. Cette nouvelle forme d’attaques qui prend des allures de terrorisme préoccupe, d’autant plus qu’elle frappe un site hautement stratégique, placé sous très haute protection. Elle montre, de fait, une défaillance dans le système sécuritaire national. Cela contribue à accroître le sentiment d’insécurité qui se justifie tous les jours, avec les braquages et assassinats sur nos routes, à nos domiciles.

Comment comprendre qu’en cette période aussi critique, alors que des notes des services de renseignements et de sécurité avertissent les pouvoirs publics des menaces qui planent sur les sites stratégiques sensibles ainsi que sur les populations, leur sécurité soit ainsi négligée ? En septembre dernier, selon la presse ivoirienne, le site d’Azito avait déjà fait l’objet d’une première attaque à la grenade, sans faire la une des médias. Aujourd’hui, cette défaillance sécuritaire inquiète beaucoup plus que la menace elle-même. Face à cette nouvelle angoisse qui s’installe au sein des populations ivoiriennes, tous les regards sont davantage tournés vers les différents responsables de l’appareil sécuritaire national, en espérant, très rapidement, une véritable réorganisation des organes de défense et de sécurité. Selon les notes des services de renseignements, ces attaques sont toutes rendues possibles grâce aux complicités internes au sein de ces organes, et cela, au nom de la réconciliation nationale, dit-on.

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Author: La Rédaction