Gbagbo a fait son choix: Miaka et le FPI prennent tous les pouvoirs

Entre le FPI officieux et en exil, entre les mouvements de soutiens à Laurent Gbagbo et le FPI officiel et interne, Laurent Gbagbo a encore fait son choix. Comme lors de son premier voyage, Miaka Ouretto a été reçu par l’ex-chef de l’Etat. La légitimité et l’autorité du président intérimaire ont été encore renforcées. Sensible à la mobilisation et à l’activisme des exilés et des patriotes du monde entier, qui savent utiliser la liberté dont ils bénéficient, les avantages offerts par les pays où ils résident, Laurent Gbagbo n’en reste pas moins conscient que l’essentiel de ses électeurs demeurent en Côte d’Ivoire, dans les villages et les contrées, dans les villes et quartiers, à travers les comités de base du FPI, dans les fédérations et les représentations du parti qu’il a créé. Sur près de 2 millions d’électeurs qu’il a obtenus au premier tour, moins de deux cent mille sont sortis du pays et à preuve, 50 mille sont encore en exil. Comment dans ces conditions, fragiliser la direction du parti et livrer Miaka Ouretto et les autres à la vindicte populaire. L’attitude de Laurent Gbagbo est confortée par l’extradition persistante des dirigeants actuels après l’emprisonnement de Laurent Akoun et d’Alphonse Douaty, qui ont rejoint les autres détenus du FPI ou pro-Gbagbo. «Nous sommes restés ici au pays, nous souffrons le martyr et prenons des risques pour maintenir débout le parti à nos risques et périls. A tout moment, nous risquons nos vies. Pendant ce temps, des gens se lèvent et nous traitent de tous les noms. Ils nous voient partout comme des traîtres. Nous ne pouvons plus accepter cela», a confié un haut cadre de la direction actuelle du FPI. Le limogeage de Brigitte Kuyo apparaît donc comme une mise au pas, la fin de l’indiscipline et de la défiance contre la direction du parti. Le FPI aile interne est appelé de plus en plus, à se renforcer. Les exilés ont vocation à rentrer au pays pour renforcer la lutte et non à demeurer à l’extérieur. En prônant le choix des uns et la voie démocratique et non celle des armes, l’ex-chef de l’Etat tranche le débat et appelle les siens à prendre leur part et la place, dans la normalisation politique et la bataille démocratique contre le Président Alassane Ouattara. Reste à voir comment Miaka Ouretto et les siens qui ont définitivement pris tous les pouvoirs, vont «implémenter» sur le terrain les consignes et la nouvelle donne à la lumière des leçons tirées de la mission en France.

Analyse Charles Kouassi
L’Intelligent d’Abidjan

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Vers la fin de la politique d’isolement et de la chaise vide

Le Front populaire ivoirien (FPI) a changé son fusil d’épaule et opte désormais pour une offensive diplomatique axée sur l’ouverture avec l’extérieur, mais aussi avec le régime Ouattara, à Abidjan. Le séjour européen de la délégation conduite par le président par intérim du FPI, Sylvain Miaka Ouretto, et composée de plusieurs cadres du FPI a été riche en événements : séances de travail en France, en Italie et en Suède, visites à Laurent Gbagbo à La Haye, audiences avec de hautes personnalités du ministère français des Affaires étrangères, des membres du Parti socialiste, du Parti communiste, du Parti de Gauche et la société civile française. Toutes ces rencontres marquent une réelle volonté du FPI de rompre avec la politique d’isolement et de la chaise vide, dans laquelle ce parti s’était enfermé après la violente crise postélectorale en Côte d’Ivoire sanctionnée par la chute de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011. Le processus de réconciliation étant en cours, il s’agit pour Miaka Ouretto et le FPI d’y prendre toute la place qui leur revient. Il n’est donc pas exclu que le changement de stratégie opéré par le parti de Laurent Gbagbo puisse conduire, dans les jours à venir, à l’entrée du FPI dans le gouvernement Ouattara, dans la mesure où une rencontre pouvoir-FPI est annoncée sur les bords de la Seine, sous l’égide du Président sénégalais, Macky Sall. Le FPI est en train de donner des gages qu’il est redevenu fréquentable, c’est tout en son honneur, pour le bon déroulement du processus de réconciliation. Depuis son accession au pouvoir en 2000, Laurent Gbagbo n’a jamais opté pour l’isolement politique. A preuve, le RDR d’Alassane Ouattara a été présent dans la majeure partie des gouvernements de Laurent Gbagbo, entre 2000 et 2010, au nom de la paix en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui que la donne a changé, il ap- partient au FPI d’accepter la main tendue du Président Alassane Ouattara, au nom de cette même paix.


Olivier Dion

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Miaka Ouréto a eu raison de Brigitte Kuyo

Dans l’après-midi du 1er décembre dernier, l’annonce de la nomination d’une nouvelle personne à la tête de la représentation en France du FPI a fait jaser dans la communauté ivoirienne à Paris proche du FPI et des organisations dites de résistances aux nouvelles autorités ivoiriennes. Désormais, c’est Mme Assalé Hortense qui préside aux destinées de la représentation de Front populaire en France, en a ainsi décidé Sylvain Miaka Ouréto, le président par intérim du parti ivoirien à la rose. Pour beaucoup de sympathisants de Laurent Gbagbo, le départ de Brigitte Kuyo est l’aboutissement d’une guerre de défiance entre une femme qui n’a jamais voulu accepter l’autorité du président intérimaire de son parti, et un homme profondément meurtri par les incessantes sorties d’insubordination d’une représentante nommée de son parti. Pour la récente petite histoire, rappelons qu’au mois de février, Brigitte Kuyo avait moyennement apprécié les déclarations de Sylvain Miaka Ouréto qui s’était étonné sur l’état des finances de son parti à la prise de ses fonctions. Pour elle, c’était comme si celui qui ‘’chauffe’’, en entendant, le siège de Pascal Affi Nguessan pendant sa détention, accusait ce dernier d’avoir assécher les bourses du Front populaire ivoirien. Il s’est ajouté à cela, la nomination d’un représentant Europe du FPI chargé de mobiliser des ressources et des finances au mois d’avril dernier. Brigitte Kuyo, n’a pas raté l’occasion pour déclarer, avec d’autres représentants du FPI, que cette nomination était anti-statutaire et par conséquent nulle à leurs yeux. L’ex-représentante du FPI s’était même fendue d’un brûlot à l’endroit de Miaka qu’elle accusait de vouloir être khalife à la place du khalife Pascal Affi Nguessan de façon irrégulière. Pour des proches du président par intérim du FPI, Sylvain Miaka Ouréto n’avait pas encore digéré la salve d’injures et d’anathèmes à lui adressé par Brgitte Kuyo parce qu’il avait assisté à la cérémonie d’investiture du Président Alassane Ouattara. Il semble à partir de cet moment-là, Miaka Ouréto se serait personnellement promis la tête de la thuriféraire d’Affi N’guessan. Pour l’heure, c’est silence radio du côté de la désormais ancienne patronne du FPI en France. Mais ses proches affirment et déclarent sur les réseaux sociaux que le départ de Brigitte Kuyo n’était nullement un désaveu de dix ans de travail d’une batteuse de pavés, mais une volonté de la nouvelle direction du FPI de redéfinir la mission du représentant du parti. Sylla Mamadou, l’époux de Brigitte Kuyo, qui au demeurant, est devenu très actif sur les réseaux sociaux depuis la chute de Laurent Gbagbo, dénonce avec des mots et expressions qui volent très bas, une décision qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur la lutte des organisations et associations de soutien de Laurent Gbagbo.

Jean-Paul Oro à Paris

L’Intelligent d’Abidjan

 

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