CPI: Pourquoi les charges contre Gbagbo seront confirmées


La procédure contre Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale, n’a pas encore livré ses secrets. Mais tout porte à croire que l’ancien chef de l’Etat ivoirien ne pourra pas sortir des « griffes » de la CPI aussi facilement que le font croire certains de ses partisans. On note déjà que la procédure vers la confirmation des charges retenues contre lui se poursuit, aujourd’hui même, avec la tenue d’une audience de mise en l’état. Il s’agira pour la Cour pénale internationale de faire le point de ce qui s’est passé depuis le transfèrement à la Haye du président déchu, le 28 novembre 2011. Et surtout de plancher sur la confirmation ou non des charges retenues contre lui. En la matière, contrairement à ce que brandissent ses proches, la messe semble être irrémédiablement dite pour l’homme qui s’est élevé contre la volonté de son peuple en refusant sa défaite électorale. En effet, la confirmation des charges de « coauteurs indirects » de crime contre l’humanité, crime de guerre, retenue contre lui, n’est qu’une question de jours. Les signes devant aboutir à cette confirmation des charges ont été suffisamment donnés par la Cour pénale internationale. Pour preuves, Me Altit Emmanuel, son principal avocat a été débouté à deux reprises. La Cour pénale internationale (CPI) a rejeté en appel, le vendredi 26 octobre, la demande de mise en liberté provisoire de l’ancien président ivoirien. La défense avait déposé le 1er mai une requête demandant la liberté provisoire de Laurent Gbagbo. Elle affirmait que son client n’avait pas les moyens financiers de prendre la fuite, ses avoirs ayant été gelés. Arguments qui avaient été réfutés en juillet par les juges de la chambre préliminaire. En appel, en octobre dernier, la défense avait été déboutée. La juge Sanji Mmasenono Monageng a soutenu que la CPI avait reçu les preuves que les avoirs de Laurent Gbagbo n’avaient pas été gelés. Le 2 novembre, la défense a subi un autre échec. Ce jour-là, dans un communiqué rendu public sur son site, la CPI tranchait en estimant que Laurent Gbagbo était bien apte à prendre part à son procès. « M. Laurent Gbagbo était apte à participer à la procédure devant la Cour », pouvait-on lire dans ce communiqué. Toutefois, les juges ont décidé que la participation de l’ex-chef de l’Etat au procès, se fera avec des ajustements pratiques qui devront lui permettre de participer à l’audience de confirmation des charges. Comme on peut le voir, ces deux verrous ayant été levés, la voie à un procès de confirmation de charges de Laurent Gbagbo est grandement ouverte. Le rejet de toutes ces requêtes est le signe prémonitoire du sort qui sera réservé à l’ex-dictateur d’Abidjan. Aujourd’hui, ce qui préoccupe la CPI, c’est plutôt la fixation de la date de confirmation des charges. Cette date pourrait intervenir dès le premier trimestre 2013. En effet, le refus de Laurent Gbagbo de reconnaitre sa défaite à l’élection présidentielle de novembre 2010 a été à la base d’une crise postélectorale qui a occasionné officiellement la mort de 3000 personnes. Vue l’atrocité de ces crimes, la CPI s’est saisie du dossier et a émis un mandat d’arrêt contre lui. Mandat qui a été exécuté par les autorités ivoiriennes. Depuis, les victimes de la crise postélectorale attendent que justice soit faite.

Thiery Latt

Le Patriote

 

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Publié par La Rédaction