Syrie échec diplomatique pour la France ?

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Syrie: La diplomatie américaine de plus en plus prudente

Le Monde.fr avec AFP et Reuters

Depuis Amman, en Jordanie, où se tenait la réunion des Amis de la Syrie, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a appelé, mercredi 22 mai, Bachar Al-Assad à « s’engager en faveur de la paix », alors que de nouveaux affrontements se sont produits dans la ville-clé de Qoussair. John Kerry n’a toutefois pas demandé le départ du président syrien, confirmant une position diplomatique américaine prudente.

Onze chefs de la diplomatie représentant les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Egypte, l’Allemagne, l’Italie, la Jordanie, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et les Emirats arabes unis participent en Jordanie à la rencontre des Amis du peuple syrien. La chef de la Coalition nationale de l’opposition syrienne, Georges Sabra, doit également participer à la rencontre, a indiqué un porte-parole de la Coalition. La rencontre vise à évoquer la proposition russo-américaine d’une conférence de paix internationale, qui rassemblerait pouvoir et opposition syrienne, baptisée Genève 2. Une première rencontre en juin 2012 (Genève 1) avait abouti à un texte prévoyant un processus de transition politique, mais sans se prononcer sur le sort de M. Assad, principale pierre d’achoppement dans les négociations.
« Nous sommes déterminés à tenter ce soir de trouver les convergences dans les différentes approches, à trouver la convergence nécessaire pour faire appliquer [les conclusions du sommet] de Genève 1 (…) qui permettront au peuple syrien de choisir le futur de la Syrie », a déclaré M. Kerry, mercredi. Le chef de la diplomatie américaine a reconnu que les forces loyalistes avaient ces derniers jours marqué des points sur le terrain en évoquant toutefois des « gains très provisoires ». Il a aussi déclaré que si le président Bachar Al-Assad n’était pas disposé à discuter d’une solution politique pour mettre fin à la guerre civile, les Etats-Unis et d’autres pays envisageraient de renforcer leur soutien à ses adversaires.

Lire notre analyse : Comment Bachar Al-Assad reprend la main en Syrie

MOSCOU MET EN GARDE L’OPPOSITION SYRIENNE

A Moscou, le ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a estimé que les insurgés syriens ne faisaient pas preuve de suffisamment de volonté à l’égard du projet Genève 2, tout en félicitant la « réaction constructive des dirigeants syriens à cette proposition ». Sergueï Lavrov rencontrait le n° 2 de la diplomatie syrienne, Fayçal Mekdad. « Nous espérons qu’une réaction constructive viendra des différents groupes d’opposition. Pour le moment, les nouvelles ne sont pas très bonnes à cet égard. »

L’initiative américano-russe en faveur d’une conférence internationale, qui place le régime et l’opposition sur un plan d’égalité, préfigure une forme de renoncement des Occidentaux à obtenir le départ de Bachar Al-Assad. Cette position marginalise la France, qui avait fait du départ du président syrien une priorité et un préalable à toute solution politique.

Encadré
L’ONU s’inquiète de la situation des réfugiés palestiniens

Les trois quarts des réfugiés palestiniens de Syrie ont fui leurs foyers, a affirmé mercredi à Homs le patron de l’Agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), Filippo Grandi, appelant les protagonistes à ne pas les impliquer dans leur conflit. « Il y a en Syrie 530 000 réfugiés palestiniens enregistrés à l’UNRWA. Entre 70 % à 80 % d’entre eux ont fui leurs maisons » en raison des violences, a déclaré le commissaire général de l’UNRWA, en visite en Syrie.

Selon M. Grandi, 12 % à 15 % des réfugiés palestiniens ont quitté la Syrie pour les pays voisins. « Ils sont réfugiés pour la seconde fois », a-t-il, indiquant qu’entre 50 000 et 54 000 Palestiniens avaient fui vers le Liban. « La situation est terrible, et je voudrais appeler toutes les parties du conflit, gouvernement [syrien] et opposition armée, à respecter la neutralité des camps palestiniens » et de « ne pas impliquer les Palestiniens dans les combats ».

« Les Palestiniens sont des réfugiés en Syrie et doivent rester neutres, a par ailleurs souligné Filippo Grandi. Mon appel s’adresse aussi aux Palestiniens. Ils doivent rester neutres sinon leur situation, déjà difficile, empirera. »

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