Crise ivoirienne ou la révolte des sans-papiers et des apatrides d’Alassane Ouattara

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Par Isaac Pierre BANGORET (Écrivain, opinion)

La rébellion armée de 2002 marque le début d’une crise ivoirienne, qui oppose les partisans d’Alassane Ouattara au reste de la population ivoirienne taxé de xénophobie; ces derniers se considéreraient, selon leurs détracteurs, plus ivoiriens que leurs frères du Nord du pays. Lorsque nous analysons de manière rationnelle voire scientifique tous les arguments avancés par les partisans d’Alassane Ouattara favorables à une rébellion armée, nous nous rendons compte que nous sommes en face d’une pure démagogie politique dont le but est de tenir secret leur véritable motivation. Analysons à partir d’un point de vue rationnel, scientifique, les faits, et surtout l’assassinat du ministre Désiré Tagro, ce crime odieux perpétré après l’arrestation du président ivoirien Laurent Gbagbo, afin de lever le voile sur ce désir farouche des partisans d’Alassane Ouattra de tuer, d’assassiner, de se «venger» des Ivoiriens, dans leur ensemble. La criminologie étudie le phénomène criminel en faisant appel à de nombreuses disciplines telles que la psychologie, le droit, la sociologie, l’économie. L’objet de notre brève analyse concerne les différents crimes commis par les partisans d’Alassane Ouattara, particulièrement celui de Désiré Tagro, dans le but de comprendre la psychologie de masse, de ses partisans; c’est à dire le message, le code secret émis, communiqué par leurs leaders. Le crime défini comme une infraction grave, une violation entraînant mort d’homme, laisse toujours transparaître la volonté de l’assassin sur sa victime, son intention profonde, à l’instar d’une femme qui, jalouse, envieuse d’une autre, éprouverait le besoin de la défigurer, quand elles en viennent aux mains. Les assassins de Désiré Tagro qui ont causé une plaie béante à sa mâchoire, avant de l’assassiner, étaient animés par le désir de le faire taire, se sentant persécutés par ses propos. Quant à Mahan Gahé dont l’assassinat ressemble à un crime parfait, ses assassins ont exprimé, à travers son meurtre, leur volonté de se défaire de tout ce qui touche au droit, tout en se gardant de laisser transpara ître sur son corps les preuves évidentes de leur forfait, puisqu’il était, avant tout, un grand syndicaliste respecté sur le plan international. Toute plaie béante sur son corps pouvait, en fait, porter préjudice au régime d’Abidjan. Tout crime est méthodiquement planifié, orchestré en Côte d’Ivoire. L’assassinat de ces deux personnalités et de tant d’autres d’ailleurs n’est que l’épilogue de l’aventure politique d’Alassane Ouattara. Après le président Bédié, le défunt Général Guéï, le 19 avril 2000 exprima, en effet, des doutes, quant à l’éligibilité d’Alassane Ouattara à la magistrature suprême de la Côte d’Ivoire parce qu’il s’était prévalu d’une autre nationalité (celle de la Haute Volta, actuel Burkina Faso). Le 3 juillet 2000: le RDR dénonce «des anomalies dans la révision des listes électorales», affirmant que «des dizaines de milliers d’Ivoiriens ont été de façon discriminatoire et arbitraire extraits des listings électoraux par omission ou pour carte nationale d’identité douteuse». Le 14 mars 2000, la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme, proche du FPI de Laurent Gbagbo dénonçait déjà la délivrance massive des cartes nationales d’identité ivoirienne à des «non ivoiriens» et parlait «de faits de nature à porter atteinte à la souveraineté de la Côte d’ivoire. Le 20 mars 2000, Laurent Gbagbo déclarait qu’il aurait été choqué de voir Ouattara se présenter à la présidence (cf. site intitulé «Côte d’Ivoire»). Pour éviter à la Côte d’Ivoire une guerre civile, le président Laurent Gbagbo, après le président Houphouët Boigny, fut, sur le plan politique, obligé de permettre à ce qu’Alassane Ouattara, de manière exceptionnelle, ait accès à l’arène politique ivoirienne. La déclaration du RDR contraire à celle de la LIDHO met, en fait, en évidence un problème administratif lié à la nationalité ivoirienne: la délivrance de cartes nationales d’identité douteuses à des non-ivoiriens; c’est le nœud de la crise ivoirienne.

Le RDR est pour la LIDHO et le FPI contre. Conscients de la menace qui pesait sur la souveraineté de notre pays à cause de la distribution de ces cartes d’identité nationales douteuses accordées à des non-ivoiriens, le président Laurent Gbagbo s’attela avec son ministre de l’intérieur Désiré Tagro à pallier ces inconvénients qui mettaient en péril notre pays. Les événements internationaux joueront étrangement en leur faveur: après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, la modernisation du passeport ordinaire devint une obligation pour tous les pays. Des décisions furent prises à ce sujet lors de la 23 ième session de la Conférence des Chefs d’États et de gouvernements des États de l’Afrique de l’Ouest (la CEDEAO) et par l’organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI). Il était donc impérieux de mettre à la disposition des Ivoiriens des passeports sécurisés dans le but d’avoir une bonne maîtrise des flux migratoires. Les États Unis refusaient sur son territoire toute personne n’étant pas en possession d’un passeport biométrique ou électronique puisque les passeports ordinaires étaient exposés à des falsifications; ils ne pouvaient plus être fiables. Les origines récentes de la crise ivoirienne, après celles historiques liées au refus d’Houphouët d’adhérer à la Fédération du Mali, ont donc trait à la modernisation des passeports ivoiriens, et non à une Côte d’Ivoire xénophobe, opposée à l’Islam, à l’élection d’un homme du Nord à la magistrature suprême ivoirienne. Découvrons ensemble comment obtenir un passeport biométrique ou électronique sous le gouvernement du président de Laurent Gbagbo et de son ministre Désiré Tagro à partir de 2006: pour les nationaux d’origine, il faut: un certificat de nationalité ivoirienne, un extrait d’acte de naissance, une photocopie de la carte nationale d’identité ou l’original de l’attestation administrative d’identité, une photocopie de la carte nationale d’Identité ou de l’attestation d’identité de l’un des parents, un extrait d’acte de mariage (pour la femme mariée), pour les mineurs, une autorisation parentale légalisée, le reçu attestant l’acquittement des droits de passeport. Pour les naturalisés, une copie du décret de naturalisation, un certificat de nationalité, un extrait d’acte de naissance, une photocopie de la carte nationale d’identité etc… Le ministre de l’intérieur Désiré Tagro, conscient de l’existence de cartes nationales d’identité douteuses remises massivement à des «non-ivoiriens», veilla à les retirer simplement du circuit administratif. De nombreux étrangers devinrent alors des Ivoiriens sans-papiers, ou en possession de faux documents.

Lorsque la rébellion armée du Nord attaqua en 2002 le gouvernement du président Laurent Gbagbo, acte qui coïncida étrangement avec la volonté des USA de moderniser les passeports, de mettre fin
aux falsifications des documents d’identité, elle avait pour objectif d’installer Alassane Ouattara, leur leader politique confronté lui-même à la nationalité voltaïque dont il s’était prévalu à une période précise, selon les propos du défunt Général Guéï. Autour d’Alassane Ouattara se rassemblèrent surtout, non les fils du Nord qui n’avaient, en réalité, aucune difficulté à démontrer l’authenticité de leur nationalité ivoirienne, mais les étrangers qui avaient acquis de manière frauduleuse la nationalité ivoirienne. L’assassinat de Désiré Tagro, magistrat de formation, et ministre de l’intérieur, le jour même de l’arrestation du président Laurent Gbagbo, trahit les pensées des partisans d’Alassane Ouattara et leurs propos fallacieux.

La psychologie de masse de ses soldats venus du Nord de la Côte d’Ivoire démontre qu’ils étaient hantés par le m ême désir: mettre fin à la modernisation des passeports susceptibles de dévoiler leur véritable identité, en éliminant la personnalité politique qui incarnait cette réforme administrative. Il suffit d’observer le faciès des prétendus vainqueurs d’Abidjan pour retrouver leurs origines. «Nous sommes libérés parce que nous avons fait tomber le régime de Laurent Gbagbo» criaient-ils en chœur, convaincus qu’Alassane Ouattara, grâce à la Loi sur l’apatridie leur permettra de ne plus être des Ivoiriens sans papiers, ou ces étrangers en possession de faux papiers. Pour son élection en 2015, Alassane Ouattara compte sur la révolte des étrangers munis de faux papiers ivoiriens; ces apatrides de l’histoire récente de la Côte d’ivoire et les Ivoiriens de la Haute-Côte d’Ivoire (actuel Burkina Faso) pr êts à mettre notre pays à feu et à sang, avec l’aide de l’ONU, de la CPI (leur appui juridique pr êt à jeter en prison ceux qui, comme le président Laurent Gbagbo, plaident la légitime défense et à laisser libres les agresseurs), et des mercenaires qui sont, en général, des soldats français démobilisés. Des armes sont achetées, trois mille prisonniers libérés par le régime d’Abidjan, des actes qui nous font déjà penser à la rébellion de 2002, et à la prise de notre capitale économique. Nous assistons jusqu’à ce jour à des crimes qui démontrent que les assassins n’ont aucun respect pour leurs victimes, pour l’Ivoirien d’origine.

La crise ivoirienne n’est que la manifestation visible de la révolte des Ivoiriens sans-papiers: des étrangers sur son sol et dans le monde, en possession de faux papiers ivoiriens, et des apatrides d’Alassane Ouattara, en provenance de la Haute-Côte d’Ivoire, soucieux d’obtenir des titres fonciers dans notre pays. Des sans-papiers ou des étrangers en possession de faux papiers peuvent-ils se permettre d’obliger un pays souverain à se soumettre à leur dictat? C’est le véritable dilemme de la crise ivoirienne mais cette imposture ne passera pas. Cessez d’opposer le Nord au Sud de la Côte d’Ivoire, en inventant des arguments sans fondements. Nous sommes tous frères, et nous le resterons, car le linge sale saura se laver en famille, quant aux étrangers en possession de faux papiers, ils gagneraient mieux à trouver une voie de sortie autre que la guerre civile. Leurs arguments erronés sur les sites et les réseaux sociaux, leur incapacité à tenir des discours sincères et francs, leur acharnement à souiller la réputation de la Côte d’Ivoire, ce pays hospitalier qu’ils disent aimer, est simplement une honte pour l’Afrique et les Africains, puisque les Occidentaux nous lisent avec dédain. Il est temps que les réseaux sociaux encouragent des commentaires et des discussions sains et constructifs, il y va de l’avenir de notre continent.

Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)

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