Côte d’Ivoire : Ouattara peut-il ramener le FPI dans l’arène ?

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Par Haby Niakate Jeune-Afrique

Le président ivoirien Alassane Ouattara doit négocier avec le FPI, la formation de Laurent Gbagbo. Mission impossible ?

Alassane Ouattara a décidément fort à faire. En plus d’apaiser les craintes de ses alliés du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), qui s’estiment mal récompensés du soutien qu’ils lui ont apporté en 2010, le chef de l’État doit gérer les revendications de ses opposants du Front populaire ivoirien (FPI). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça n’est pas gagné.

En avril, il n’avait pu empêcher le parti de Laurent Gbagbo de boycotter les élections municipales. Sans doute espérait-il que la libération de Pascal Affi N’Guessan, le président du FPI, et de treize autres proches du président déchu, en août, serait un geste d’apaisement suffisant. Et peut-être même un premier pas vers une participation à la présidentielle de 2015 – laquelle n’en serait que plus crédible.

C’était aller un peu vite en besogne… Le 24 septembre, des délégations des deux bords (respectivement conduites par le Premier ministre, Daniel Kablan Duncan, et par Sébastien Dano Djédjé, vice-président du FPI) se sont rencontrées à Abidjan, et les participants n’en sont pas vraiment sortis réconciliés. Le 8 octobre, Kablan Duncan évoquait sur RFI deux points de blocage : l’amnistie générale et la rencontre entre le président Ouattara et son prédécesseur dans sa prison de La Haye – toutes deux souhaitées par le FPI.

>> Lire aussi : Côte d’Ivoire : discussion entre gouvernement et opposition

poudre aux yeux

« S’il y a des blocages, ils ne sont pas à notre niveau, rétorque aujourd’hui Sébastien Dano Djédjé. Nous, nous considérons qu’il y a des divergences et que tout est négociable. Malheureusement, le gouvernement refuse de revenir sur ces deux questions. » Et il ajoute : « Nous avons demandé au président Ouattara d’aller rencontrer Gbagbo. Son gouvernement a dit non. Que pourrions-nous faire de plus ? Renégocier ? Peut-être. Mais ce que nous voulons en priorité, c’est que Laurent Gbagbo sorte de La Haye, d’une façon ou d’une autre. »

Du côté du Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel), on dénonce la « surenchère permanente » de la principale formation d’opposition. « Nous sommes au point mort, affirme Joël N’Guessan, porte-parole du RDR. Le FPI demande une libération sans condition de l’ancien président, de son épouse et même de généraux impliqués dans des massacres. Ce n’est pas possible. Nous serons fermes sur ce point. »

Le camp présidentiel a bien proposé la création de deux nouveaux statuts (un pour l’opposition et un autre pour son chef), mais le FPI a décliné. « Cela ne nous intéresse pas, c’est de la poudre aux yeux », répond Dano Djédjé. Ce qu’il veut, c’est la reprise du versement des subventions publiques à son parti, « interrompu depuis trois ans » : « Que l’on nous accorde en priorité nos droits en tant que formation politique, comme celui d’être financé publiquement, de critiquer le gouvernement et de manifester librement. » À quand le prochain round ? Pour le moment, aucune date n’a été évoquée, ni d’un côté ni de l’autre.

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