Comment la France se sert de l’islam et du christianisme pour dominer l’Afrique noire

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Isaac Pierre Bangoret (Écrivain)

Toutes les grandes métropoles ont, tout au long de l’Histoire de l’humanité, usé d’intrigues et de violence, pour maintenir sous leur domination les peuples conquis, asservis. La France s’est, jusqu’à ce jour, assignée cet objectif dans toutes ses activités culturelles, spirituelles, économiques, politiques, militaires, en Afrique. Les guerres fratricides, tribales, religieuses, demeurent les principaux moyens dont se servent ses hommes politiques, et ses grandes sociétés multinationales pour saper toute aspiration des Africains à la démocratie. Des peuples, des chrétiens et des musulmans qui, autrefois, cohabitaient pacifiquement en Côte d’Ivoire et en Centrafrique sont devenus, du jour au lendemain, des frères ennemis. Des hommes politiques africains au service de la France se prêtent, naturellement, à ce jeu politique odieux. Une analyse approfondie du traitement des informations des récents événements en Centrafrique par des journalistes français permettent de mettre en évidence ce jeu politique macabre de la France. Les faits sont les suivants : pendant que la presse internationale annonce la présence en Centrafrique des soldats-libérateurs français, des journalistes sur France 24 et d’autres chaînes commentent la destruction des mosquées, du saint Coran, l’assassinat de musulmans par des chrétiens. Présenter, de manière crue, les images horribles de Bangui nous donnent l’impression que ces journalistes ne se contentent que de justifier la présence de troupes françaises dans un pays déchiré par la guerre. Une telle interprétation des faits est, en réalité, erronée parce que cette presse française, au service de la métropole, a toujours soutenu, de manière voilée, la conquête du continent africain par les hommes politiques et les multinationales de leur Nation.

Provoquer la colère des musulmans profondément attachés aux valeurs de l’Islam et au communautarisme religieux est une stratégie dont se sert la France pour briser désormais toute aspiration des peuples africains à la démocratie. Il est écrit à ce sujet dans le saint Coran : « O croyants ! Ne prenez pas pour alliés ceux qui considèrent votre religion comme un sujet de raillerie et de jeu, parmi ceux auxquels le Livre a été donné avant vous et parmi les incroyants. Craignez Dieu, si vous êtes croyants ! » (Sourate 24, verset 27). Ce verset est pratiquement un mot d’ordre qui invite tous les musulmans à combattre, aux côtés des musulmans centrafricains, les incroyants et ces chrétiens bardés de gris-gris, taxés de mécréants. Les informations distillées par une presse française consciente des conséquences désastreuses des images de destruction de mosquées et du saint Coran ne font qu’attiser, à dessein, le feu de la division entre chrétiens et musulmans en Centrafrique.Les soldats de la Seleka favorables à un pouvoir musulman tués par les « soldats de la paix » ou la mort des deux soldats français nous font penser à celle des neuf soldats français tués à Bouaké en Côte d’Ivoire, lors de bombardements qui n’étaient pas le fait des FDS, de pilotes ivoiriens. Ces personnes sacrifiées sur l’autel des intérêts de la France ont permis à ses hommes politiques de discréditer la personne du président Gbagbo, afin de préparer l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara, ce leader politique qui se faisait passer pour un « persécuté musulman » dans un pays hostile, disait-on, aux musulmans, alors que ce dernier ne faisait que préparer l’annexion de la Côte d’Ivoire par le Burkina Faso, et la formation d’un groupe électoral ambulant (international). Des étrangers sans-papiers à la conquête d’une double ou d’une triple nationalité, et des terres riches de la Côte d’Ivoire, ont pris les armes, à la suite d’Alassane Ouattara, « le musulman », contre le président Gbagbo et leurs bienfaiteurs ivoiriens.

Le double jeu de la métropole consiste en effet, à paraître juste aux yeux du monde, à travers le sacrifice de leurs soldats, de leurs journalistes, tout en entretenant le feu de la division, des guerres fratricides, religieuses, en manipulant, avec dextérité, les faits, les informations, nos forces et nos faiblesses. La solidarité entre musulmans inspirée par le saint Coran est, par exemple, dans un contexte spirituel, une qualité fondamentale, une force, une forteresse contre les adversaires de la foi d’Abraham. Cette qualité est malheureusement, sur le plan politique, une ennemie de la démocratie parce que tout régime démocratique repose sur la Loi fondamentale qui invite toutes les communautés résidant sur un même territoire, à ne rechercher que le bien-être de tous les citoyens de la Nation, au-delà des intérêts particuliers, à se choisir librement des représentants indépendamment du sexe, de la religion etc…. Au nom de la solidarité entre les musulmans, de nombreux citoyens issus de cette communauté sont tentés de voter tout homme politique musulman, même si ce dernier sert des intérêts autres que ceux de la Nation. La France, soucieuse de conserver son hégémonie sur l’Afrique noire, a commencé à se servir de la solidarité islamique, en privilégiant le maintien à la tête de leurs colonies de personnalités issues des communautés musulmanes. Cette solidarité islamique ennemie de la démocratie est consolidée aussi bien par les musulmans que par les chrétiens peu formés à la chose politique et religieuse. L’interprétation correcte des saintes Écritures n’a jamais été le fort des érudits mais plutôt des pauvres de cœur. Il est malheureux de voir des érudits comme le défunt Ahmed Deedat affirmer, à tort, que le prophète Mahomet était le naturel successeur de Jésus Christ. Une telle interprétation incite des musulmans à penser que l’accession progressive des musulmans au sommet des États en Afrique noire, grâce à l’aide de la France, est un signe prophétique. Le saint Coran invite pourtant chaque communauté a être fidèle à ce qui lui a été révélé de la part du Seigneur et à reconnaître simplement Mahomet (béni soit son nom) comme un Envoyé de Dieu à qui a été remis le Livre saint descendu du ciel. Il est écrit à juste titre : « Il y a pour chaque communauté une direction vers laquelle elle se tourne pour prier : rivalisez dans les bonnes actions. Où que vous soyez. Dieu vous rassemblera tous. Dieu est Puissant sur toute chose » (Sourate 2, 148) ou encore: « Dites: « Nous croyons en Dieu: à ce qui nous été révélé; à ce qui a été révélé à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob et aux Tribus; à ce qui a été donné à Moïse et à Jésus; à ce qui a été donné aux Prophètes de la part de leur Seigneur. Nous ne faisons aucune distinction entre eux et nous sommes entièrement soumis à Dieu. » (Sourate 2, 136). Chacune des religions révélées conduit au Dieu unique et non à de fausses divinités. Ces versets du saint Coran invitent les musulmans à aller au-delà d’une solidarité aveugle, à la merci des hommes politiques, de la France, pour épouser une solidarité éclairée par la Vérité divine qui fait de tous les véritables croyants des frères dans le Seigneur. Le Christ, à ce sujet, dit à la Samaritaine : « […] l’heure vient et c’est maintenant où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jn 4, 23). Les vrais adorateurs de Dieu sont unis par la vérité divine dans le contexte spirituel et par le Droit dans le domaine politique. Ils ne peuvent être témoins de la vérité divine le dimanche, le samedi ou le vendredi puis soutenir le mensonge politique parce qu’en toutes choses ils se doivent d’œuvrer en vue du salut de leur âme, et de celle de leur prochain. On ne peut, par exemple, prétendre que les questions politiques étaient ethnicisées sous le président Gbagbo qui rassemblait autour de lui les Ivoiriens en provenance du Nord, du centre, du Sud, de l’Est et de l’Ouest, et rester muet face au rattrapage ethnique sous Alassane Ouattara (que l’on évite de nommer), qui ne faisait que voiler l’annexion de la Côte d’Ivoire par le Burkina Faso. Que les musulmans et les chrétiens de la Côte d’Ivoire et de la Centrafrique ne se prêtent pas au double jeu de la France, des hommes politiques et religieux africains à son service.

L’Afrique est aujourd’hui dans la situation du peuple hébreu esclave en Égypte. La conquête de l’Afrique par la France est aussi bien une conquête matérielle, culturelle, que spirituelle. Nous, Africains, avons besoin d’être libres, sur le plan politique, pour adorer Dieu en esprit et en vérité, sans que l’on nous oblige, à coup de dollars, à légaliser des us et coutumes contraires à nos cultures et à notre foi. Nous devons, entre autres choses, extirper de nos vies les germes des croisades provoquées par une interprétation erronée des saintes Écritures. Jésus n’est pas venu abolir la Loi et les prophètes ; cette vérité doit amener les chrétiens à croire à la mission divine du prophète de l’Islam. Mahomet (béni soit son nom) est le sceau des prophètes parce qu’il est simplement le second et le dernier prophète-législateur après Moise, mais son avènement n’abolit pas, non plus, la manifestation dans le monde de prophètes, de sages, remplis de l’Esprit de Dieu puisque dans les Derniers temps nous dit l’apôtre Pierre, Dieu «répandra son Esprit sur toute chair. Alors vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes […] » (Ac 2, 17). Tous ceux qui adorent Dieu en esprit et en vérité sont déjà des sanctuaires de chair du Dieu vivant. Cessons donc de nous combattre et rivalisons en charité comme le demandent tous les prophètes de Dieu. Que nos œuvres rendent gloire à Dieu et sauvent nos frères, afin que la France ne se serve pas, à l’image de la Bête, de nos faiblesses pour nous maintenir dans l’esclavage, en nous incitant à nous combattre. Heureusement qu’en Côte d’Ivoire nombreux nous avons aujourd’hui des musulmans qui ont compris qu’Alassane Ouattara s’est servi de leur foi, de leur solidarité, pour déposséder leurs frères de leurs terres, pour brader les richesses de leurs fils et de leurs filles. Nous avons désormais en Côte d’Ivoire des musulmans et des chrétiens prêts à voter aussi bien le président Laurent Gbagbo que Koné Katina, Abdouramane Sangaré, car ce qui compte dans toutes les démocraties c’est le bien être du peuple tout entier, au-delà de nos préjugés ethniques, tribaux, religieux, spirituels. Conscients de cette réalité politique, Alassane et ses amis, au service de la France, ont choisi de concéder la nationalité ivoirienne à des millions d’étrangers sans-papiers pour se faire voter. Il nous appartient d’être unis pour que la Côte d’Ivoire soit la Nation des Ivoiriens et des personnes qui luttent pour le bien-être de ses citoyens. La France, le Burkina Faso, le Mali, ou les pays voisins auraient-ils été heureux de voir des étrangers vivant sur leur sol, assassiner leurs fils et leurs filles pour s’emparer des terres de leurs ancêtres ?

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Isaac Pierre BANGORET (Écrivain)

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