Côte d’Ivoire – Martial Ahipeaud « candidat à la présidentielle de 2015 » (Liminaire)

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Photo Connectionivoirienne.net

« Sortir d’un système politique dominé par le Parlement et dépouillé de la dictature de la loi » « L’article 48 est une catastrophe pour la démocratie » Martial Joseph Ahipeaud (48 ans), président de l’Union pour la Démocratie et les Libertés (UDL), a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2015 en Côte-d’Ivoire, lors d’une conférence de presse tenue à l’hôtel Pullman, d’Abidjan Plateau.

Martial

En grande ligne, cette candidature s’articulera autour de l’idéal de la naissance d’une troisième République. Une 3e République principalement axée sur la mort du système de «monarchie présidentielle» a affirmé le conférencier. Le tout nouveau candidat à l’élection de 2015 affirme être conscient que les conditions pour des élections crédibles en 2015 restent à réunir. L’ancien Secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte-d’Ivoire (FESCI) n’a d’ailleurs pas hésité pas à qualifier la CEI actuelle d’illégale, avant d’appeler à un forum de concertation nationale, afin de mettre fin à la République de la guerre, à la République des héritiers guerriers. Plus d’infos suivront.

DECLARATION LIMINAIRE DU Dr MARTIAL JOSEPH AHIPEAUD

LORS DE LA CONFERENCE DE PRESSE

PULLMAN-ABIDJAN, LUNDI 27 JANVIER 2014

www.udl-ci.org
info@udl-ci.org

Thème : Présidentielles 2015 : Enjeux et Perspectives
Oser réinventer la nation par la 3ème République Démocratique et Citoyenne !

Mesdames et Messieurs les Journalistes,
Mesdames et Messieurs des Représentations diplomatiques,
Mesdames et Messieurs responsables des partis politiques, des chefs religieux et traditionnels, des syndicats, de la société civile, des jeunes et des associations féminines,
Chers Compatriotes, en vos grades et qualités,

Chers Amis qui avez pris de votre temps pour être présents à notre première sortie véritable après la terrible crise postélectorale qui a tant endeuillé notre pays et traumatisé pour longtemps le peuple de Côte d’Ivoire,

Honorables compagnons de lutte avec lesquels nous avons « crapatouillé », c’est-à-dire, enduré les plus dures moments de cette quête de la démocratie sans épithète depuis 1990, ainsi que nos aînés,

Je voudrais vous saluer et vous remercier sincèrement.

Voici donc venu le moment d’engager le corps-à-corps sur le terrain rocailleux et périlleux que constitue le champ politique et social ivoirien.
Voici le moment de présenter aux masses et aux élites, une vision, une idée qui est que chaque peuple, dans son histoire, doit faire un choix qualitatif, pour se projeter dans le temps. C’est ce choix qui lui permet de devenir une entité remarquable, dans l’histoire globale de l’humanité, en restituant son être profond. Le temps est arrivé pour le peuple de Côte d’Ivoire, avec les prochaines élections présidentielles de 2015, d’agir pour les Libertés et les valeurs morales.

Je ne saurai aller plus loin sans remercier ceux qui m’ont soutenu, ces 24 dernières années pendant lesquelles j’ai fait passer la lutte pour la liberté et la démocratie avant tout. J’ai une pensée particulière pour une Dame, Feue la mère de mon épouse, dont le sacrifice ultime nous aura permis de diriger dans la dignité cette organisation syndicale, la Fesci. Avec elle, je veux remercier sincèrement ma famille adoptive et l’ensemble des Démocrates qui ont nous aidés à croire en la Côte d’Ivoire, terre de fraternité dans laquelle on pouvait être du Nord ou du Sud, d’Est ou de l’Ouest, et vivre ensemble, sans même souvent savoir de quelle ethnie tel ou tel était. Je veux me souvenir de cette nation en devenir dont le rêve de grandeur fut brisé et qui continue de souffrir depuis.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais présenter nos excuses les plus sincères pour les désagréments que notre action a pu occasionner. L’adage ne dit-il pas « si jeunesse savait et vieillesse pouvait » ? J’ose ajouter pour dire que notre lutte aurait été magnifique. Hélas, la perfection n’est pas de ce monde mais une faute admise n’est-elle pas à moitié pardonnée ? Car tout au long des meetings et autres activités, nous n’avons eu que l’amour de notre pays et le rêve de le voir triompher de ses difficultés.

Oui, Mesdames et Messieurs,

L’histoire de la Côte d’Ivoire, depuis 1978, est celle des rendez-vous ratés avec le pluralisme politique. La décennie 80 aurait dû être celle de la démocratie et du renouvellement de la classe politique dirigeante. Car le développement des forces productives imposait une superstructure politique conséquente pour booster le décollage économique comme Rostow conceptualisa les étapes du développement économique. Le refus systémique de la démocratie par l’élite dirigeante a fini par aboutir, en 2011, aux images atroces –qui hantent encore nos mémoires- de personnes brulées vives, de snippers faisant éclater des têtes d’adolescents, de voisins s’entretuant. En un mot, c’est le refus de la démocratie par les dirigeants politiques, qui est la cause de l’instabilité et de la mise à mal de la cohésion sociale, et non le contraire, comme les tenants du conservatisme et du statu Quo, le martèlent, au travers de leurs appareils idéologiques.

A 22 mois des prochaines élections présidentielles, il importe de revenir sur les causes fondamentales de cette descente aux enfers pour situer les vrais enjeux de cette élection pour qu’ensemble, nous puissions les aborder avec objectivité et sérénité. Nous affirmons encore une fois que c’est le refus de la démocratie par un système néocolonial et néo-patrimonial qui est la cause principale de notre décadence et que la propagande actuelle de l’émergence économique à l’horizon 2020 reste, tout aussi, une imposture tant politique, économique que scientifique.

En effet, d’un point de vue historique, de 1950 à 1977, la Côte d’Ivoire a connu une croissance à deux chiffres qui fit de cette colonie française «la perle », le « miracle » africain. Qui plus est, en 1977, le climat favorisa notre pays à telle enseigne que la Caisse de Stabilisation réalisa un bénéfice record de 1000 Milliards de Francs CFA non dévalués. Et pourtant, dès 1978, le système de corruption inhérent au parti unique, précipita la dilapidation de cette richesse. Or, c’est ce surplus qui aurait dû financer le décollage économique pour faire de nous la première nation émergente issue du monde colonial. Il en résulta la crise économique qui frappa notre pays, la Côte d’Ivoire, dès 1978, crise économique qui a conduit, en 1989, à l’application du plan d’ajustement structurel imposé par les institutions de Bretton Woods.

Lorsque le Président Félix Houphouët-Boigny appliqua ces mesures impopulaires, dans un contexte mondial de chute du parti unique dans les pays de l’Est, une révolte des étudiants le 19 février 1990, ébranla le parti unique. Ce faisant, le mouvement estudiantin devînt l’épine dorsale du mouvement de renouveau politique qui allait conduire, le 30 Avril 1990, le parti unique et le système présidentialiste exclusif qu’il a contribué à mettre en place, à accepter du bout des lèvres, le multipartisme. Depuis cette date, la Côte d’Ivoire a vu naître un présidentialisme néo-patrimonial dans lequel les élites dirigeantes opèrent pour conquérir le pouvoir central. S’ils réussissent, elles entendent s’y maintenir. Dans le cas contraire, elles travaillent à y être associées. La lutte implacable que se mènent les leaders est doublée d’une plus fratricide entre les élites à l’intérieur de chaque parti présidentiel pour être dans le cercle intime du leader charismatique, véritable dieu de sa phratrie.

Refusant catégoriquement de dénouer ce nœud de blocage du décollage économique en instaurant la démocratie pluraliste intégrale, les présidents des phratries, transformés en « Dieu et Nouveaux Propriétaires du pays » comme le faisait remarquer justement un ancien de ce pays, les Présidents orchestrent l’approfondissement de la crise en maintenant trois caractéristiques de ce présidentialisme névrosé :

• une corruption rampante pour financer la mainmise totale sur les masses en les appauvrissant par la déconfiture de l’Etat,

• une instrumentalisation extrémiste des peurs et des appartenances tribales et enfin,

• une politique permanente de la belligérance qui justifie le maintien d’un Etat répressif dont la cible principale reste les opposants, décrétés éternels déstabilisateurs. Lorsque ces derniers arrivent au pouvoir, ils appliquent, au grand désarroi de nos concitoyens, les mêmes règles catastrophiques de gouvernance.

Nous sommes, à terme donc, dans un cercle vicieux, un véritable serpent de mer qui se mord la queue.

Alors que les régimes précédents ont fait preuve d’une complicité réciproque par le maintien des privilèges des anciens, le nouveau, dont nombre de ministres le sont depuis Marcoussis, a essayé de sanctionner celui qu’il a remplacé. Mais, il a fini de se faire rattraper par ses propres contradictions internes, qui le poussent aujourd’hui à un compromis tactique, pour éviter l’immixtion de la Justice Internationale, dans les affaires internes d’une république peu banale. Qui plus est, avec les questions de la nationalité et du foncier rural, le système actuel court vers une confrontation générale entre ses propres acteurs pour le contrôle exclusif et définitif du pouvoir présidentiel. L’accalmie de quelques mois a été remplacée par la résurgence du discours guerrier, qui fait craindre au peuple Ivoirien, le « remake » de la crise postélectorale de 2011. Cela est inadmissible. Voilà le cadre dans lequel s’inscrit pour ces tenants du système, les prochaines élections présidentielles, clef de voûte et de contrôle de la richesse nationale, mal redistribuée, ou alors, distribuée en fonction des objectifs du président-roi. Ceci est encore plus inadmissible pour le peuple Ivoirien et surtout pour ces millions de diplômés sans emplois. C’est là un véritable génocide d’une génération sacrifiée. Notre conscience ne peut l’accepter.

C’est pourquoi, Mesdames et Messieurs, j’ai décidé de me porter candidat aux élections présidentielles de 2015.

Parce que les germes d’une confrontation plus encore destructrice de notre pays sont plus que vivaces,
Parce que nous avons la vision de la Côte d’Ivoire, terre d’hospitalité et de générosité
Parce que nous avons une idée de la démocratie qui ne portera plus d’adjectif ou d’épithète,

Mais aussi et surtout,

Parce que nous sommes des humanistes qui puisent leur force dans la foi en Dieu et en la Loi,
Parce qu’il existe dans cette nation des hommes et des femmes qui se sont battus parce qu’ils ont cru en la vertu de la liberté et qu’ils se sont rendus compte que leurs espérances ne pouvaient aucunement voir le jour s’ils ne reprenaient pas la lutte,
Enfin parce que nous refusons la servitude volontaire de la Boétie,
Mes amis et moi, avons voulu prendre date avec notre peuple et notre histoire, au travers de cette candidature aux prochaines présidentielles !

Oui ! Pour nous, les prochaines élections présidentielles restent le lieu du choix du peuple de Côte d’Ivoire entre d’une part,

• la continuité de la république des héritiers guerriers qui imposent au pays une économie de rapine, de violence et d’un tribalisme virulent
et d’autre part

• la restauration de l’âme de la nation par la mise en place d’un processus politique en trois phases.

La première phase consistera à faire une campagne pour la prise de conscience des tares du système néocolonial et néo-patrimonial qui maintiennent la crise économique et sociale et fabriquent un Ivoirien extrémiste qui porte en lui les germes d’un « serial killer ». Ici, nous voudrions amener le peuple ivoirien à revoir son histoire et situer sa responsabilité dans la crise actuelle. Cela devrait nous conduire à une prise de conscience collective de la responsabilité de chacun dans la dégénérescence de notre pays. De là, viendra la réconciliation véritable fondée :
-sur la vérité,
-la repentance
-et le non rejet de la faute sur l’autre.

Dans la deuxième phase, notre campagne nous conduira, au lendemain de la victoire de tous ceux qui veulent voir naitre cette nouvelle Côte d’Ivoire en gestation depuis 1990, à la mise en application d’une politique de réformes constitutionnelles et d’une politique économique et sociale différente de celle appliquée par les tenants du système néo-patrimonial. Dans ce cadre, nous proposerons, entre autres, aux Ivoiriens, trois principales réformes constitutionnelles. Il y a celle de la nature du système présidentialiste excessif qui sera remplacé par un régime dominé par le parlement et la dictature de la loi. Car la 3ème République ne saurait s’accommoder du Roi-Président. La 2ème réforme concerne l’indépendance de la justice qui devra être strictement appliquée. Cette indépendance ira avec des institutions judiciaires réformées dont une Cour Suprême dirigée par des juges nommés à vie. Enfin, la 3ème réforme constitutionnelle sera la mise en place des régions comme lieux d’exercice du pouvoir des peuples avec une autonomie financière qui leur garantira un développement économique local sur la base de leurs potentialités.

Ces propositions feront l’objet d’une large discussion nationale pour avoir un consensus pour que la 3ème République qui naitra, soit celle d’une réconciliation fondée sur la Vérité, la Loi et la Foi.

Dans la troisième phase, nous exercerons le pouvoir sur la base de nos engagements et le respect strict des textes constitutionnels et moraux. Car aucune république ne peut décoller si ses dirigeants ont une approche à géométrie variable avec la parole donnée. Oui, la république doit se fonder sur des valeurs morales et un sens de la dignité de la collectivité nationale. Le Président de la république, doit d’abord et avant tout être serviteur de son peuple, et non le peuple être dans la servitude du chef charismatique.

Ces réformes constitutionnelles forgeront une nouvelle nation dont le trait dominant sera le triomphe de la Loi, le respect de la dignité du peuple ivoirien et la restauration de l’âme de notre nation. En tout état de cause, il nous parait clair que la volonté politique peut nous aider à faire ces réformes salutaires avant les élections présidentielles. Cela aura le mérite de permettre à la classe politique de discuter des modalités, non seulement du processus électoral, mais aussi et surtout, de la nécessaire fin de la 2ème République, celle du tribalisme, de la guerre, de l’ultranationalisme.

Loin de nous, toute prétention de faire des injonctions au pouvoir actuel. Notre humble avis est qu’il est de l’intérêt de tous de faire ces réformes si nous voulons enfin décoller économiquement la Côte d’Ivoire, et forger une Nation que « Milles Générations » devront « Construire pour la faire apparaitre » sublime dans le concert des nations.

La meilleure option serait que les ivoiriens se retrouvent dans un Forum Constitutionnel et Politique pour discuter entre autre du recensement général de la population, du processus électoral et enfin de la réconciliation.

Le recensement s’impose à nous pour savoir finalement combien nous sommes. Il devrait nous permettre aussi d’avoir une liste électorale conforme à notre réalité démographique. La discussion sur le processus électoral devrait nous aider à trouver une solution à l’épineuse question de la Commission Electorale Indépendante, de la sécurisation des élections, donc finalement, de la légitimité des institutions de la république. Ainsi, nous ferions baisser les tensions et contribuerions à réunir les conditions d’un décollage économique véritable, ultime départ de la 3ème République. La réconciliation, en revenant sur les griefs profonds qui justifient les rancœurs des peuples les uns contre les autres, y compris, les répressions et assassinats politiques, conduira à la naissance d’une nation forte, résolument démocratique et absolument prospère dans laquelle les générations sacrifiées sur l’autel des guerres, du népotisme et du tribalisme, auront, enfin, une raison d’espérer.

Oui ! Telle est notre foi en la Côte d’Ivoire parce que telle est « l’unique destinée de cette Terre d’Espérance » que nous voulons chanter, que nous voulons recommander à Dieu pour qu’il en soit le fondement!

Dieu vous bénisse !

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