La Côte-d’Ivoire à l’épreuve d’une élection présidentielle apaisée

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Le compte à rebours a commencé pour les élections présidentielles prévues en octobre 2015, et la Côte d’Ivoire se rapproche inexorablement de ce rendez-vous électoral important.

Tous les acteurs de la vie politique ivoirienne tentent de jouer leur partition pour que le pays ne retombe plus dans les travers de 2010 et 2011 où la violence a eu pignon sur rue après le scrutin.

A plusieurs occasions, les autorités du pays ont affiché leur détermination à mettre tout en oeuvre pour que l’élection se déroule dans la quiétude.

LE DÉFI DE LA STABILITÉ

Pour le président d’une association de juristes, François Kamenan, l’élection présidentielle de 2015 se présente comme un véritable défi.

« C’est le défi de la stabilité retrouvée, le défi du retour à la normalité », a estimé M. Kamenan.

A son avis, il importe que le scrutin se déroule sans heurts car c’est un baromètre qui montrera à la communauté internationale que le pays a retrouvé ses marques et que la paix est effectivement revenue.

« Actuellement on mise beaucoup sur la réconciliation. Ce sera l’occasion de démontrer que les Ivoiriens se sont accordé le pardon et que la guerre fratricide qui a déchiré le pays n’est plus qu’un lointain souvenir », a renchéri la présidente d’une mutuelle de femmes de Koumassi (sud d’Abidjan) Thérèse Kla.

LA SOCIÉTÉ CIVILE CONFIANTE

Dans la perspective d’une élection pacifique, la société civile ivoirienne s’est engagée à apporter un appui au processus électoral.

Le 31 octobre dernier, un consortium pour le renforcement des élections et du processus politique (CEPPS) en Côte d’Ivoire a été lancé à Abidjan.

Il s’agit d’une initiative de trois organisations non-gouvernementales à destination du peuple de Côte d’Ivoire pour des élections libres, crédibles et apaisées.

Pour le directeur de la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES) Sidi Diawara, les partis politiques doivent dans un premier temps s’engager sincèrement dans la promotion d’un climat électoral apaisé puis sensibiliser leurs militants pour une participation effective au processus électoral.

Quant à la société civile, elle doit jouer son rôle traditionnel d’observation du processus électoral en toute objectivité et accompagner le peuple dans le respect des lois électorales par la formation citoyenne.

Selon la directrice de l’Institut national démocratique (NDI) Christiane Pelchat, l’action de la société civile sera axée sur la sensibilisation et la mobilisation citoyenne par la formation des Ivoiriens à leurs droits et à leurs responsabilités dans l’instauration d’un Etat démocratique.

« Nous sommes confiants que nous aurons une élection présidentielle apaisée en 2015 », a assuré Mme Pelchat.

Celle-ci a fait état de la mise en place d’une plate-forme d’observation du processus électoral.

« Il s’agit des actions liées à la révision de la liste électorale, à la mise en oeuvre des réformes électorales, et au déploiement des observateurs sur tour le territoire le jour du vote », a-t-elle énuméré.

Christiane Pelchat a souligné que la société civile constitue un acteur clé pour un environnement électoral apaisé.

« Organiser des élections justes et crédibles, contribue à éviter les violences électorales », a-t-elle conclu.

LA COMMISSION ÉLECTORALE RASSURE

Lors d’une rencontre officielle, le président de la Commission électorale indépendante (CEI) en Côte d’Ivoire, Youssouf Bakayoko, assure que son institution va organiser les élections de 2015 censées traduire le retour de la paix dans le pays, selon les « standards internationaux ».

« Je voudrais donner l’assurance à tous que la CEI s’emploiera à organiser ces futures élections selon les standards internationaux », a déclaré M. Bakayoko.

M. Bakayoko a invité « tous les acteurs politiques » ivoiriens à « oeuvrer de concert avec la CEI, à l’appuyer, à la soutenir pour des élections apaisées ».

« Nous devons nous pencher sur la mise en place d’un dispositif inclusif de prévention des conflits qui pourraient survenir lors des prochaines élections », a en outre déclaré le président de la CEI.

Consciente de la responsabilité dans le processus électoral, la Commission électorale indépendante a ainsi multiplié des actions de sensibilisation de la population pour un scrutin sans violences.

Le président de l’institution en charge d’organiser le scrutin a fait aussi remarquer que la violence lors des élections en Côte d’ivoire est plus liée à « un manque de culture démocratique, de culture politique et de conscience citoyenne » qu’aux instruments juridiques et judiciaires qui régissent l’élection dans le pays.

« J’ai la conviction que nous disposons de tous les instruments juridiques et judiciaires, pour que toutes les élections se déroulent dans de bonnes conditions et sans violences », a-t-il toutefois relevé, appelant les Ivoiriens à accepter le principe de la possibilité d’une alternance démocratique qui, selon lui, est « la garantie d’élections non contestées et sans crise ».

« Il importe d’élaborer et mettre en œuvre à l’école et au sein des formations politiques, un véritable programme d’éducation civique à la démocratie, à la paix et à la non-violence électorale », a conclu Youssouf Bakayoko, faisant état du « rôle important « de la CEI dans la lutte contre la violence électorale.

Celui-ci a réitéré l’engagement de la Commission électorale à organiser des élections justes, transparentes et crédibles.

L’élection présidentielle de novembre 2010 avait plongé la Côte d’Ivoire dans la plus grave crise de son histoire avec des violences qui ont fait au moins 3.000 morts.

Pour les observateurs, les prochains scrutins avec en prime l’élection présidentielle d’octobre 2015 devraient traduire le retour de la paix et une normalisation de la vie politique en Côte d’Ivoire.

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