Côte-d’Ivoire Fraudes HSBC – un fils de Bédié et des Libano-syriens naturalisés ivoiriens épinglés [SwissLeaks]

Bedie_SteMarie (9) (Large)

« Le secret bancaire en Suisse n’a pas seulement permis au fisc de frauder, mais il a également servi à couvrir des activités criminelles à grande échelle, comme le blanchiment d’argent de la drogue ou le financement du terrorisme international », affirme une enquête publiée lundi 9 février par la presse internationale, coordonnée par le journal français Le Monde .

Patrick Thomas Bédié, fils de l’ancien président ivoirien figure parmi les personnalités citées. Cette enquête, baptisée SwissLeaks, est basée sur les fichiers de la banque HSBC Suisse, dont le siège est à Genève, et volés en 2007 par l’ancien informaticien franco-italien Hervé Falciani.

Le journal Le Monde a eu accès, par un informateur secret à ces fichiers, donnant des informations sur plus de 106.000 clients de la banque suisse, provenant d’environ 200 pays.

Sa Majesté Mohammed VI, client numéro 5090190103 chez HSBC par Gouegnon/Reuters

Si certains [une minorité] ont recours à ces placements sans arrière-pensée, visant à sécuriser des biens légitimement acquis, il arrive [et c’est plus fréquent] que l’on recourt au système du placement dans les banques suisses ou d’autres paradis fiscaux, soit pour dissimuler des fonds mal acquis, soit pour contourner les administrations fiscales des pays d’origine.

Selon des documents obtenus par le journal Le Monde plusieurs personnalités dont des Ivoiriens sont concernées par ses mouvements financiers, en ayant placé d’énormes sommes auprès de la filiale suisse de la banque anglaise HSBC [HSBC Private Bank].
En Côte d’Ivoire, les clients sont au nombre de 382 qui détenaient au total plus de 190 millions de dollars environ, 95 milliards de Fcfa. Parmi ses clients, figurent Patrick Thomas Klolou Bédié, le fils de l’ex-président Henri Konan Bédié, qui a détenu au moins deux comptes entre 1992 et 2000. Interrogé dans le cadre de cette enquête, le fils du président du PDCI a indiqué ne pas vouloir revenir sur des faits qu’il estime dépassés.
«Je ne souhaite pas apporter des éléments de réponse à ces questions auxquelles j’ai largement répondu depuis plus d’une dizaine d’années, et notamment devant la justice Suisse en 2000», a-t-il répondu.
Il faut rappeler qu’en Côte d’Ivoire, ce qui reste frappant, c’est le nombre de ressortissants libanais et syriens de nationalité ivoirienne à détenir des comptes chez HSBC. Environ deux tiers des clients de la HSBC en provenance de la Côte d’ivoire et même de l’Afrique de l’Ouest sont des Libano-syriens [ils sont plus de 220 sur 380 clients en Côte d’Ivoire], parmi lesquels figurent des noms de familles connues dans le secteur industriel, manufacturier ou dans l’import-export.

Baré Baré

Patrick Bédié Agribusiness executive
http://projects.icij.org/swiss-leaks/people/patrick-bedie

Patrick Bédié is a chocolate and cocoa trader and son of former Cote d’Ivoire president Henri Konan Bédié. Until his father was overthrown in a military coup in 1999, Bédié had developed a reputation as one of West Africa’s “kings of the rice trade.” Following a quiet period, The West Africa Newsletter reported in 2011 that Bédié had “reinvented” himself as the director of a Swiss rice, sugar, coffee and cocoa multinational corporation.

Bédié was an HSBC client between 1992 and 2000, coinciding with the period in which his father, Henri Konan Bédié, was the country’s president. He was linked to at least two client accounts. Bédié was 50 percent beneficial owner of the account “Amoryn Holdings Limited B.V.I » which was opened in 1999 and closed in 2000. The other 50 percent stake was held by a French chocolate trader, according to leaked HSBC files. He was also linked to the account “Lagoon6” opened in 1992 and closed in 2000. The leaked files do not specify Bédié’s exact role in relation to this account.
Comment

Bédié told ICIJ that he did not wish to address questions related to his accounts, questions « to which I provided significant answers over 10 years ago, in particular to Swiss judicial authorities in 2000. »

Author: La Rédaction