Côte d’Ivoire – Stéphane Kipré «Nous ne devons point abandonner nos camarades…en prison»

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Ivoiriens, Ivoiriennes, mes chers compatriotes,
En ce début d’année 2016, je tiens à sacrifier à la tradition en vous présentant mes vœux pour l’année 2016.

A l’occasion, permettez-moi de parcourir avec vous la radioscopie de notre patrie commune, la Côte d’Ivoire, toujours marquée par la division prononcée de ses fils et filles en raison du déficit avéré de réconciliation nationale. Deux groupes de citoyens se regardent encore en chien de faïence en Côte d’Ivoire. D’une part une partie baignant dans l’opulence et la suffisance, opprime injustement la large majorité d’exclus du rattrapage ethnique et du partage des ressources économiques de la nation. Consacrant ainsi la rupture de l’unité nationale, gage d’une Paix durable dans notre pays.

Sur le plan socio-économique, l’année 2015 a été une année pénible à vivre pour la plupart des familles ivoiriennes. Selon la dernière enquête de l’Institut National de la Statistique (INS) sur le niveau de vie des ménages (ENVIE 2015), 46.3% de la population ivoirienne est déclarée comme étant pauvre. Soit 10.496.826 de pauvres vivant avec moins de 661 Francs CFA par jour, sur une population de 22 671.331 habitants (RGPH2014) dont 56.8% en milieu rural et un indice de pauvreté en très forte progression en milieu urbain passant de 29,5% en 2008 à 35,9% en 2015.

En outre, le taux de croissance économique qui se situait à plus de 10% en 2012 en raison des effets du PPTE réussi par le gouvernement du Président Laurent Gbagbo, sera d’abord estimé à 8.3% en 2014 avant de passer à 9.4% en 2015. Se situant en deçà de ce qu’avait réussi le Président Laurent Gbagbo à la tête d’un pays pourtant scindé en deux pendant huit (8) années consécutives, par une rébellion armée orchestrée par Monsieur Alassane Ouattara.

Quant à l’indice harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC), édité au 27 décembre 2015 par l’INS, cet indicateur établit clairement une nette flambée des prix des produits de base d’un mois sur un autre passant la barre moyenne de variation annuelle de +3.2% sur les produits alimentaires, +1,6% sur les transports et +0.6% sur les produits de santé. Toute chose qui laisse apparaitre un taux d’inflation annuelle de +1.2% en 2015 dont M. Alassane Ouattara se garde bien de parler lors de ses vœux de nouvel An.
La problématique du chômage des jeunes diplômés me parait davantage plus dramatique. Le candidat Alassane Ouattara qui avait fait la promesse de créer 1.000.000 d’emplois en 5 ans. Soit 200.000 emplois par an, n’a pu résorber la question du chômage qui selon l’INS porterait sur 6.9% de la population en âge de travailler. Soit 554.008 personnes dont 444.053 jeunes âgés de 14 à 35 ans. Faut-il préciser que sur la faible population en emploi sous le régime Ouattara, alors que le secteur formel occupe en grande partie les personnes de 36 ans et plus (57,9%), les jeunes de 14 à 35 ans sont plus engagés dans le secteur informel (57%) dont la précarité est avérée. Toute chose qui donne un aperçu du mépris du Gouvernement Ouattara pour sa jeunesse à laquelle il n’est offert que de l’emploi saisonnier par intermittence.
Au niveau de la santé publique, la promesse des frais d’accouchement gratuits dans les hôpitaux publics est restée vaine. De même que la consultation pour tous au tarif standard de 1000 FCFA a été un leurre.

Quant au système éducatif ivoirien et ses universités refaites ou construites puis inaugurées à grand frais, ce fut le plus remarquable stellionat jamais réalisé en Côte d’Ivoire au détriment des étudiants ivoiriens qui n’ont ni tables en amphithéâtres, ni livres en bibliothèque, ni dortoirs en campus. La seule réfection de la clôture ayant coûté plus du milliard CFA au titre d’un marché gré à gré savamment mené par le Ministre de l’enseignement supérieure. Pour mission accomplie, ce dernier sera d’ailleurs promu Ministre de la Fonction Publique. Face à cette arnaque du siècle, les étudiants contestataires sont arrêtés puis jetés en prison et les syndicats menacés de dissolution.

Sur le plan politique, l’année 2015, a été marquée par l’organisation d’élections présidentielles contestables pour avoir exclu la majorité des personnes en âge de voter par effet de manipulation du recensement électoral. C’est tout naturellement que nous avons fait le choix du boycott des élections présidentielles qui a été un franc succès de l’avis de l’ensemble des observateurs crédibles de la scène politique ivoirienne. Si l’on s’en tient aux chiffres publiés par la Commission Electorale Indépendante (CEI), 2.618.229 votants aurait porté leur choix électoral sur le candidat Alassane Ouattara sur une population nationale de 22.671.331 d’habitants (RGPH2014). Soit moins de 10% de la population nationale qui impose ainsi son dictat à la très large majorité silencieuse (90%) dans notre pays.
Face à cela, il appartient objectivement à l’opposition d’en tirer les leçons et d’envisager dans les plus brefs délais la mise en place d’une alternative politique crédible susceptible d’incarner une Côte d’ivoire démocratique, juste et réconciliée après l’échec de la Coalition Nationale pour le Changement (CNC). 2016 devra être l’année du rassemblement afin de faire face aux nombreux défis qui se présentent désormais à notre Nation. L’Union des Nouvelles Générations, notre parti, s’engage solennellement dans cette voix.

Concernant l’exercice d’une justice équitable, M. Ouattara avait promis de lutter contre l’impunité. Jusqu’à ce jour, les Ivoiriens attendent que les membres de son camp qui se sont rendus coupables de crimes graves puissent faire face à la justice. 2015 s’est achevée sur la libération de quelques détenus politiques. J’encourage le Chef de l’Etat à continuer dans ce sens afin que notre pays atteigne l’objectif de 0 prisonniers politiques et 0 exilés. La Côte d’Ivoire ne peut plus se permettre de voir des milliers de ses fils et filles en prison ou en exil. N’ayons pas peur de la réconciliation ! N’ayons pas peur de la paix !

Conformément à notre conception humaniste de la politique, notre parti a été présent en 2015 aux côtés des exilés et des prisonniers politiques. Nous pensons qu’il est de notre devoir de ne point abandonner tous nos camarades qui payent le lourd tribut de leur militantisme. Que ce soit dans les prisons en Côte d’Ivoire ou dans les camps de réfugiés à l’étranger, nous avons œuvré à soulager un tant soit peu la souffrance des nôtres. Nous nous engageons à continuer sur cette lancée en 2016 en nourrissant le secret espoir que cela ne sera plus nécessaire puisque tous auront été libérés ou auront regagné la mère patrie.

Sur la scène internationale, la noble réputation de la Côte d’Ivoire, forgée de longue date par nos pères, se trouve fortement entachée par l’affaire dite des ‘’conversations téléphoniques Soro-Bassolé’’. Cette scabreuse affaire engage directement la responsabilité de l’état de Côte d’Ivoire qui s’apparente désormais à un ‘’état-voyou’’ servant de base arrière à la déstabilisation de pays tiers.

Ivoiriens, Ivoiriennes, mes chers compatriotes, 2016 est enfin l’année qui verra l’ouverture du procès du président Laurent Gbagbo à la Cour Pénale internationale. Plus que jamais, le Président a besoin de notre mobilisation. Nous devons persévérer à lui manifester notre soutien qui ne lui a jamais fait défaut depuis son transfert à La Haye. Vaille que vaille, il nous faut poursuivre ce combat qui au-delà de la libération du Président, est la lutte de libération de notre patrie et le chalenge pour la libération de nos consciences respectives des joutes coloniales.

Pour la Côte d’Ivoire, notre patrie commune, je voudrais alors formuler mes vœux d’une Paix durable en 2016 à travers la réconciliation de tous ses fils et filles désormais rassemblés autour de l’idéal commun de développement.

Chers militants de l’Union des Nouvelles Générations, je ne saurais terminer sans vous adresser mes sincères félicitations pour votre courage et votre abnégation à la tâche. En 2015, en dépit des menaces et intimidations, vous avez continué à animer notre parti qui a pu organiser avec succès sa convention annuelle dans la ville de Daloa. Grâce à votre engagement sans cesse renouvelé, notre parti a ainsi gagné en maturité.
J’engage donc chacun d’entre vous, à poursuivre dans la cohésion et la discipline, notre marche victorieuse sur le périlleux et passionnant chemin de la construction de la Côte d’ivoire des Nouvelles Générations car demain un jour nouveau se lèvera sur notre Nation.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.
C’est Dieu qui est fort !!!

Pour l’Union des Nouvelles Générations
Le Président Stéphane Kipré

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