Côte-d’Ivoire: Ingérence des Francais au Gabon, Katinan « ne supporte » ni Ping ni Bongo

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De loin certains acteurs politiques ivoiriens suivent actuellement la crise post-électorale au Gabon suite aux élections présidentielles du 27 août dernier.

Entre Ali Bongo déclaré vainqueur par la commission électorale et qui demande le recomptage des voix, les débats vont bon train au sein de l’opinion ivoirienne.

C’est le cas de l’actuel porte-parole de Laurent Gbagbo, Justin Katinan Koné, pris pour cible par des activites à la solde du candidat malheureux Jean Ping, sur les réseaux sociaux pour avoir apporté son soutien au fils d’Omar Bongo.

Dans un post de recadrage l’ex ministre du gouvernement Aké N’Gbo justifie sa prise de position dans cette crise Gabonaise et n’est pas tendre avec l’ex président de la commission de l’Union Africaine, qu’il qualifie de malhonnête et d’irresponsable, pour avoir refusé le recomptage des voix proposé par son mentor (Ndrl Gbagbo), lors de la crise post-electorale de 2011.

« Je ne soutiens personne dans cette élection qui est une affaire domestique du Gabon. Par conséquent elle relève des seuls Gabonais. Je soutiens par contre des principes qui sont non négociables et partout où ces principes sont violés, il convient de les défendre. L’ingérence occidentale, notamment française, dans les élections en Afrique est inacceptable », fait remarquer le natif de Katiola, avant de dénoncer.

« J’ai été choqué par le communiqué du parti socialiste français, des propos du ministre français des Affaires étrangères, et, au-dessus de tout, des sorties insultantes d’un certain barbouze nommé Robert Bourgi. Pour ce dernier, je pense qu’il est temps qu’un mandat d’arrêt soit lancé contre lui par un pays africain pour ses nombreux crimes qu’il y commet et dont il parle avec une certaine arrogance. Tant que cette ingérence française ne s’estompe pas, les élections en Afrique seront toujours assorties de violence. Les candidats à une élection présidentielle en Afrique francophone ne cherchent plus le vote des électeurs, mais qui, le soutien de la France et qui d’autre, comment contrer la France dans cette élection. Ça ne fait pas sérieux », et de s’attaquer à Jean Ping.

« Le deuxième principe sur lequel je reste fortement attaché reste celui de la responsabilité. Dans son livre « Éclipse sur l’Afrique fallait-il tuer Kadhafi », Jean Ping développe des thèses que je partage entièrement. Seulement, j’y trouve de la malhonnêteté intellectuelle et de l’irresponsabilité de sa part eu égard aux fonctions qu’il a occupées », fait observer l’ex directeur du cadastre.

« Jean Ping était Président de la Commission de l’UA au moment de l’assassinat de Kadhafi par Sarkozy, dans le silence complice et étourdissant des Chefs d’Etats et chefs de Gouvernements africains. Qu’a-t-il fait pour s’opposer à cet acte ignoble ou, tout au moins, pour le dénoncer quand sa voix portait encore. Il répondra que c’est parce que le Président de la Commission de l’UA n’a pas de pouvoir propre et qu’il agit sous la dictée des Chefs d’Etat qui sont les vrais patrons de l’UA. Mais je rappelle que, en 2010, bien avant même qu’il y ait eu une réunion des Chefs d’Etats pour prendre une position claire sur la crise ivoirienne, lui Jean Ping, actionné par Nicolas Sarkozy, avait publiquement pris position en déclarant, ès qualité, que le Président Laurent Gbagbo avait perdu les élections. Il s’opposera par la suite au recomptage des voix proposé par ce dernier comme solution de crise parce que cette simple opération arithmétique serait, à ses yeux, une injustice plus que les bombes qui ont tué d’innocentes personnes. Pourquoi alors veut-il reproduire cette injustice dans son propre pays », poursuit –t-il avant de conclure.

« Personnellement, je ne peux cautionner cette tentative de se constituer une virginité dans une affaire dans laquelle l’on a été soi-même un acteur important. C’est de l’irresponsabilité et c’est l’une des grosses plaies de la gouvernance en Afrique. Donc ce n’est ni l’un, ni l’autre que je supporte au Gabon, mais des principes. Dès que la France s’alignera de façon grossière derrière un candidat en Afrique, il sera frappé de suspicion légitime de ma part. C’est ma façon à moi de dire trop c’est trop. »

koaci

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