Côte-d’Ivoire: En conflit avec Saïdy Jamal, les commerçants du Forum des marchés d’Adjamé annoncent une grève

Par Connectionivoirienne.net

Entre le promoteur du marché communément appelé ‘’Forum’’ et les commerçants, la tension est montée d’un cran ces derniers jours après une tentative d’expulsion orchestrée par M. Saïdy, le 2 février 2018. Ces tracasseries, selon des commerçants sont quasi permanentes depuis l’ouverture de cet espace commercial début 2000, sous le mandat du maire Djédji Amondji.

Le jeudi 8 décembre 2018, lors d’une conférence de presse au Forum, c’est la Fédération nationale des acteurs de commerce de Côte d’Ivoire (Fenacci) à travers son responsable des affaires juridiques qui est montée au créneau pour annoncer une batterie de mesures afin de contraindre le promoteur, l’Etat et tous ceux qui interviennent dans ce dossier à faire cesser toutes les dérives enregistrées jusque-là. Comme première mesure, une grève de 48 heures et si celle-ci ne permet pas de satisfaire les revendications soulevées, une autre illimitée sera observée.

«la Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d’Ivoire, ses syndicats et associations professionnelles de base entendent observer une période de grève de deux jours avec fermeture des espaces commerciaux sur l’étendue du territoire communal d’Adjamé jusqu’à ce que les droits et intérêts moraux des commerçants exerçant en Côte d’Ivoire soient respectés, jusqu’à ce que la dignité de la personne du commerçant soit reconnue et respectée », a déclaré au cours de la conférence et sous les ovations bruyantes des marchands, Kabiré Abdoulaye.

Le conférencier a décrit la situation conflictuelle volontairement créée par le promoteur Saïdy et sa société la Sicg qui a obtenu la construction de ce marché en 1997. En clair, cette infrastructure, selon des sources concordantes a été financée par les commerçants qui souhaitaient obtenir des espaces pour exercer leur activité. Saïdy avait ainsi obtenu un délai de 25 ans pour exploiter le marché. Au départ, les commerçants ont pensé à une acquisition définitive. Contre toute attente, à l’ouverture du marché en 2001, ils se sont vu imposer des loyers allant de 75 mille FCFA à 150 mille FCFA selon la superficie et l’emplacement alors qu’ils avaient déjà payé les places. C’est le début d’une série de frictions que les nombreux règlements devant les tribunaux n’ont pu éteindre, encore moins les interventions des premiers ministres successifs et des différents ministres du commerce.

Par des artifices juridico-financiers et exploitant à souhait leur naïveté, Saïdy a grugé de nombreux commerçants qui ont versé des loyers sur des comptes privés (et non ceux de la société) de Saïdy et de son épouse via la Bhm (Banque de l’habitat du Mali) après que le couple s’est réfugié dans ce pays en 2003.

Des reçus de 10 millions de FCFA ont été rédigés sur papier libre parfois sans cachets. Aujourd’hui, il dit ne pas reconnaître tous ces versements dont les commerçants ont pourtant des reçus et d’autres traces. Voici le nœud de la crise.

Des commerçantes conduites par dame Sarah Sanogo étaient déjà montées au créneau fin janvier pour dénoncer cet état de faits. Elles n’ont eu pour seule réponse que le mépris de la part des hommes de Saïdy qui a organisé 24 heures après une expulsion forcée en compagnie de policiers et de loubards. Des portes ont été défoncées et des articles volés.

Dans cette affaire, M. Saïdy n’a jamais accepté de parler directement à la presse, renvoyant toujours ceux qui veulent équilibrer l’information à des personnes qui n’osent jamais révéler leur identité.

SD à Abidjan

sdebailly@yahoo.fr

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Author: La Rédaction