Crime sur le petit Bouba en Côte-d’Ivoire: « Les marabouts et féticheurs des brouteurs ne doivent plus connaître de repos »

Par André Silver Konan

Après le crime sur le petit Bouba à Williamsville (Abidjan), André Silver Konan exige que les marabouts et féticheurs des brouteurs soient traqués, arrêtés, jugés et condamnés à vie. Ci-dessous sa position.
Personnellement, j’ai un problème avec la manière dont le ministère public mène les enquêtes en Côte d’Ivoire chaque fois qu’un criminel rituel est mis aux arrêts. Dans l’affaire Bouba, on a une unique occasion de démanteler un vrai réseau criminel qui a choisi comme cible, nos enfants.

Pour mettre fin à ce genre de crimes rituels, opérés par de stupides gens qui pensent encore au 21è siècle, qu’ils peuvent devenir riches, en volant la vie d’un homme ; la justice doit amener les personnes arrêtées, à citer, non seulement leurs complices et commanditaires, mais surtout leurs marabouts et autres féticheurs.

On ne pense pas souvent à ces derniers, mais ils sont l’alpha et l’oméga de tous ces crimes. Les marabouts et autres féticheurs sont les premiers criminels dans ces affaires, il faut les arrêter parce qu’ils sont soit des complices soit des commanditaires de ces meurtres. Tant que ces derniers ne seront pas inquiétés, harcelés, arrêtés, emprisonnés à vie (je milite pour la prison à vie de ces gens-là), ce phénomène ignoble va continuer.

Traquer les marabouts

Je répète : les marabouts et féticheurs de ces brouteurs stupides ne doivent plus connaître de repos. J’avais proposé en 2015, après la vague historique d’enlèvements d’enfants dans le pays, qu’un procureur spécial et une brigade spéciale soient nommés, pour lutter contre les atteintes aux droits de nos enfants. Je réitère cette proposition, elle reste d’actualité.

J’avais déjà dit que la corruption était un état d’esprit en Afrique. Je soutiens aussi que l’enrichissement illicite est un état d’esprit. Nous vivons tous dans des quartiers avec des brouteurs, qui deviennent riches du jour au lendemain, alors que nous savons pertinemment qu’ils ont, au pire usé de sacrifices rituels criminels pour devenir ce qu’ils sont, au mieux de vols et de détournements de fonds d’autrui, pour être ce qu’ils sont.
Mais qui d’entre-nous songe à les dénoncer ? Qui au sein de la justice, songe à traquer véritablement les brouteurs, si ce ne sont de petites actions médiatiques ? Quel DJ n’est pas fier de chanter les louanges d’un brouteur et n’est pas heureux de recevoir son argent dégoulinant du sang de nos enfants ?

Regardons autour de nous, les gens sont nommés et trois mois plus tard, ils roulent carrosses et construisent immeubles. Mais n’est-ce pas eux que nous prenons comme modèles dans nos quartiers, que nous désignons comme respectables dans nos villages, que nous choisissons à des postes électifs ?

Nous avons une Inspection générale d’Etat, une haute autorité pour la bonne gouvernance, des Agents judiciaires du Trésor, des Inspecteurs et contrôleurs financiers dans tous les ministères, mais combien de personnes ont déjà été arrêtées, jugées et condamnées pour enrichissement illicite, détournements de fonds publics ?

Les crimes rituels en rapport avec l’enrichissement rapide et illicite continueront tant que les autorités elles-mêmes qui sont censées faire respecter les textes sur l’enrichissement illicite continueront de se comporter comme des brouteurs. Y en a marre !

André Silver Konan

Author: La Rédaction

4 commentaires sur “Crime sur le petit Bouba en Côte-d’Ivoire: « Les marabouts et féticheurs des brouteurs ne doivent plus connaître de repos »

  1. C’est un peu plus compliqué que ça, ASK. Au préambule constitutif de l’UNESCO, il est écrit que « les guerres prenant naissance dans l’esprit des Hommes, c’est dans l’esprit des Hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ». Il en est de même du développement qui est (et nous sommes d’accord), un état d’esprit. Il y a une mentalité de développé et une mentalité de sous-développé. En ce sens, notre rapport très lâche à la rationalité est le principal facteur de sous-développement.

    Tant que certains continueront de voir dans l’accomplissement personnel, ou une intervention divine, ou une intervention mystique, des crimes rituels tels celui du petit Aboubacar prospèreront. Pourquoi ? Parce que les gens ne croient, en vérité, pas aux vertus du travail. Peut-on aussi les blâmer quand sous leurs yeux, les modèles de réussite sont des politiciens sans cursus professionnel qui roulent carrosse du jour en lendemain ? Et on ne citera pas les cons-de-zones et autres rebelles qui achètent lots et bâtissent à tour de bras immeubles et résidences. Personne ne croit au travail acharné comme source de succès et d’enrichissement, la relation de cause à effet restant très floue entre travail et argent.

    Alors, nous avons des sectes, temples, gourous et autres qui prospèrent mais iil y a plus inquiétant avec le cinéma africain balbutiant qui met ex-clu-si-ve-ment en scène un monde manichéen développant une forte paranoïa autour de pratiques mystiques d’un autre âge, fait de crimes rituels et une foi inébranlable en l’existence de la sorcellerie. Cinéma qui est regardé et bu au quotidien dans nombre de chaumières. Que nos sociétés épousent un minimum de rationalité, et notre évolution prendra un coup d’accélération que nous n’imaginons pas. Ceux qui nous ont précédé sur le chemin du développement ont axé la construction des individus autour de la rationalité. Comment espérons-nous les rattraper en adoptant une voie contraire ?

  2. Dommage qu’un fait de société aussi important et contemporain que la mort du petit BOUBA soit repris sur ce site au sein d’une publication de ASK, représentant son opinion, quand on s’attendait à ce que connection en fasse un article propre, présentant tout d’abord les faits !!

    Le pas entre un journal d’information et un journal d’opinion est ici allégrement franchi !!

    Je cite : « Après le crime sur le petit Bouba à Williamsville (Abidjan),… »

    On parle de quoi ici, quels sont le contexte, les acteurs, le cadre, les faits ….

    Et après des gens comme @srika Blah viendront me dire que je n’ai pas le droit de dire à connection ce qu’il a à faire, quand ASK se permet de dire à toute une nation, un gouvernement ce qu’ils ont a faire ….

    hummm…

    On parle de quoi là ??

    Condoléances à la famille (ASK semble avoir oublié cet acte de compassion obligatoire sans son exposé qui a saveur de récupération politique. Dommage) !!

    Pop !! (Sérieusement, je sais de quoi il s’agit, mais pas forcément les autres et ASK nous donne son opinion sur un fait dont la présentation fait défaut !!)

  3. Les brouteurs et les politiciens partagent les mêmes marabouts et féticheurs, donc rien ne leur arrivera.

    J’ai reçu le texte ci-dessous sur mon WhatsApp et il faut reconnaître qu’il y a une grosse dose de vérité la dedans.

    Voici résumé le paradoxe du système éducatif africain de nos jours:

    1- Les étudiants les plus brillants deviennent médecins, ingénieurs, chercheurs, etc.

    2 – Les étudiants les moins brillants font les écoles d’administration, deviennent administrateurs et dirigent les plus brillants.

    3- Les étudiants passables entrent en politique et dirigent les plus brillants et les moins brillants.

    4- Les recalés du BAC embrassent le monde des affaires et de la criminalité. Ils contrôlent les politiciens, administrent les administrateurs, médecins et ingénieurs.

    5 – Enfin, les non scolarisés: ils deviennent prophètes, pasteurs ou marabouts, et tous sans exception les suivent à la lettre.

  4. Du très bon sophisme dans cette participation de @petit balèze qui peut mener à tirer des conclusions totalement erronées, qui résultent du fait que l’on fasse ici un amalgame clair entre le niveau de connaissance obtenu lors des études, après lesquelles on subit un tri sélectif, et les connaissances à développer de façon spécifique pour s’insérer professionnellement dans un fonction donnée.

    Le plus dramatique, c’est que nous sommes ici dans la description de l’échelle sociale, selon un angle qui fait en sorte que l’on ait l’impression que l’excellence ne soit pas le facteur qui permet de se loger au plus haut niveau dans la société.

    L’angle argumentaire pourrait laisser croire que ce sont les plus « cancres » qui sont au niveau le plus haut les plus méritants en bas !!

    Ce n’est pas du tout vrai.

    Quelque soit la fonction/profession choisie, seule l’excellence est ce qui permet de faire la différence entre les prétendants et cette excellence est spécifique à la fonction/profession choisie.

    Les assertions présentées sont donc de moins en moins pertinentes en fonction de l’évolution du point 1 au point 5.

    1 – Les étudiants les plus brillants deviennent médecins, ingénieurs, chercheurs, etc.

    En effet, certaines filières sont extrêmement sélectives et seuls les meilleurs dans certains matières sont retenus pour continuer dans ces filières et sortir avec des diplômes. Du fait de leur spécialisation, ces personnes sont disqualifiées d’office pour d’autres professions qui supposent la maitrise d’autres compétences, comme par exemple la maitrise des évangiles pour être pasteur, la maitrise de l’art oratoire pour devenir politicien conférencier (Il y a des médecins qui sont de très mauvais conférenciers).

    Ici la qualification sélective dans un domaine donné suppose le manque de qualification dans les autres domaines (à peu d’exceptions près, car on a vu des médecins devenir des pasteurs reconnus)

    2 – Les étudiants les moins brillants font les écoles d’administration, deviennent administrateurs et dirigent les plus brillants.

    Ici, il faut tenir compte non pas du niveau d’excellence des postulants, mais plutôt des exigences académiques exigées pour devenir administrateur. Il est évident ici que ce sont des filières qui ne supposent pas la maitrise de milliers de données sur le corps humain, sur les principes physiques et chimique et autres. On part donc du principe que ces filières administratives ne seront convoitées que par des personnes n’ayant pas été brillantes lors de leur cursus scolaire et supérieur, mais vous vous en doutez, ce n’est pas une vérité absolue. Il s’agit tout autant d’aspirations personnelles et professionnelles et non d’une fatalité résultant d’un manque de performance pendant les études. Mais dans nos pays, il est communément considéré que la première caste soit supérieure à celle-ci. La réalité a démontré le contraire et désormais, il ne faut pas être super excellent en chimie, physique ou math pour se retrouver en train d’administrer ces personnes au haut QI, en supposant que ce serait une fin en soi. Les mentalités évoluent et la société aussi. Merci d’avoir confirmé.

    3 – Les étudiants passables entrent en politique et dirigent les plus brillants et les moins brillants.

    C’est ici que la nuance doit être martelée avec le plus de vigueur. Pour faire de la politique avec succès, il faut avoir une certaine compétence dans des domaines divers et spécifiques. Ce ne sont pas forcément ceux qui nous permettent de devenir médecin, chercheur, ingénieurs (en effet, avoir été un as des finances ou un expert historienne suffit pas a faire de vous le meilleur des politiciens).
    La première assertion suppose que les personnes de la première catégorie, les plus brillants, vu qu’il peuvent le plus, c’est a dire devenir ingénieurs et autres, peuvent forcément le moins, qui serait réservés aux passables.

    C’est faux.

    Ces personnes dites passables se doivent de développer des compétences que les personnes brillantes n’ont pas ou peu. Il s’agira de développer des connaissances transversales et complémentaires, allant de la sociologie à la psychologie, en passant par la maitrise de l’art oratoire, la gestion de ressources humaines, etc. etc. Les hommes politiques qui excellent dans tous ces domaines ont du succès et savent comment faire usage des personnes dites brillantes (les as des finances par exemple) dans leurs domaines spécifiques, et qui ne peuvent sortir de leur petite bulle hautement spécialisée ( au alors quand ils se décident à faire de la politique, ils sont de piètres politiciens, parce que la politique ne se limite pas à leur monde technique).

    Alors oui, on aura peut-être été passable et inapte à devenir médecin et ingénieur, mais il a fallut développer des compétences, aptitudes et de l’excellence pour ceux qui sont les plus performants, que les personnes les plus brillantes dans d’autres domaines auraient du mal à développer.

    Ici donc, l’excellence développée en politique est encore de mise et non le niveau académique des prétendants. A priori, tout le monde peut devenir politicien !!

    4- Les recalés du BAC embrassent le monde des affaires et de la criminalité. Ils contrôlent les politiciens, administrent les administrateurs, médecins et ingénieurs.

    Une perception totalement fausse, car le monde des affaires est à la portée de tous, tout comme celui de la criminalité. D’ailleurs, les criminels qui donnent le plus de fil à retordre aux autorités sont ceux qui sont les plus compétents, professionnels et pointus dans leur domaines d’activité : escroquerie financière, piratage informatique, trafic de devises, d’organes, fraude sur les médicaments, fraude sur les matières premières, fraude fiscale, etc. etc.

    Des domaines d’activités qui supposent une connaissance pointue de la matière et des modes opératoires.

    On se demande donc comment des recalés au bac, sujet en général de grande délinquance pourraient contrôler des des politiciens, administrateurs, ingénieurs et médecins, si ce n’est par des stratagèmes muris et dignes des plus grands doctorats en escroquerie (s’ils existaient). Quant on voit la finesse de certains délits, on se doit de respecter l’intelligence et l’excellence des auteurs du crime au lieu de fustiger leur niveau d’étude !!

    Non, il faut de la matière grise pour pouvoir exceller dans le domaine de la criminalité, tout comme dans celui des affaires, même si a priori, tout le monde y est admis d’office.

    L’excellence est donc ici encore obligatoire pour pouvoir s’imposer !!

    5 – Enfin, les non scolarisés: ils deviennent prophètes, pasteurs ou marabouts, et tous sans exception les suivent à la lettre.

    Il est vrai que dans cette caste, l’influence de ces personnes sur les autres personnes citées peut être importante. En effet, de nombreux politiciens, médecins, chercheurs, ingénieurs, administrateurs, criminels et homme d’affaire cherchent un soutien spirituel pour se donner de la contenance, de la force, etc. etc. (exactement comme quand on se cherche un médecin pour se faire suivre médicalement)

    Ce n’est pourtant pas une loi écrite et le fait d’avoir une aide spirituelle ne signifie pas forcement que l’on soit sous contrôle de celle-ci (suivre à la lettre est ici exagéré)

    Mais cette réalité sociale n’est pas à ignorer. Par contre faire des « non scolarisée » le vivier d’où sortent ces aides spirituelles n’est pas approprié, car on a l’impression qu’il ne faut aucune disposition académique, technique, scientifique pour devenir pasteur, prophète ou marabouts.

    Non mon cher ami, cette caste n’est pas ouverte à tous et si les non scolarisés seraient selon vous les personnes qui y émargent, on devrait tout autant convenir du fait que les ultra scolarisés devraient pouvoir y émarger sans problème, vu qu’il sont plus instruits.

    C’est totalement faux.

    Pour être pasteur ou imam, la maitrise de la Bible (du coran), des préceptes bibliques (coraniques), de leur signification est primordiale. Ce sont des centaines de pages à apprendre parfois par cœur, leurs significations à comprendre, des procédures à maitriser. C’est un réel cursus académique !! L’installation du pasteur ou de l’imam est confirmée par ses pairs, qui sont garants de la maitrise que cet homme de DIEU fait de la matière qu’il veut distiller.

    Au delà de ceci, il faut recevoir l’appel, le don qui permet de vous distinguer des autres hommes à travers la faculté de prévoir l’avenir, de guérir, de soigner, de ressentir les ondes négatives, de bénir effectivement, etc. etc., bref d’exceller dans toutes ces subjectivités hautement controversées qui sont soit corroborées par de nombreux témoins ou fidèles, soit rejetées par les personnes dites incrédules.

    Enfin, en ce qui concerne les marabouts, cette activité de castes et parfois subordonnée à un long apprentissage qui regroupe des connaissances transversales allant de la médecine, la pharmacopée à la chimie, la magie noire, etc. etc. Ici encore, on ne peut tout banalement dire que les marabouts ne peuvent être que des personnes déscolarisées (elles le sont, si on convient que l’école, c’est avant tout et seulement celle des blanc, le Mamadou et bineta), sinon les nombreuses études produites par les plus grandes scientifiques autour des shaman d’Amérique, sorciers d’ailleurs, marabouts du Mali ne se justifieraient pas.

    Les plus grandes sectes spirituelles de ce monde et les plus prestigieuses (la franc-maçonnerie par exemple) n’existerait pas du tout, vu que la plupart de leurs cérémoniels se reposent sur des pratiques obscures comparables à celles que l’on voit en Afrique noire et en Amérique.

    En conclusion, on voit ce que quelques maigres phrases produites de façon hâtive et naïve peuvent provoquer comme dégâts sur la façon de percevoir son monde. Il faut pousser une peu plus la réflexion pour se rendre compte que tout n’est pas aussi simple que cela.

    Les nuances se trouvent dans la définition des termes, dans l’usage qu’on en fait, dans les raccourcis, dans les préjugés et dans les à priori. L’amalgame provoqué par la juxtaposition d’assertions habilement manipulées par son auteur suffit à induire une erreur de jugement.

    Avec un peu de recul, on se doit de relativiser toutes les assertions et d’émettre des réserves, avant de les considérer comme étant vraies ou fausse.

    Selon moi, aucune des assertions données plus haut n’est véridique, car elles ne peuvent passer pour lois écrites ou pour fait de majorité absolue !!

    La construction est donc bancale et le risque de se planter complètement sur le sens global à ingérer est immense !!

    Faites attention aux mots, à leur signification, à leur usage. Ne soyez pas la proie du sophisme !!

    Pop !!

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