Gbonné Côte-d’Ivoire: Après l’incendie de Gandié, la gendarmerie déployée, 600 sans-abris, l’État appelé au secours

Les village de Gandié dans la sous-préfecture de Gbonné, département de Biankouma a été jeudi 10 mai, le foyer de violences liées à un problème foncier.

Ce conflit qui oppose depuis 4 ans, des allogènes Burkinabé à des autochtones Toura a finalement tourné au drame. Le village de Gandié a été entièrement incendié. Même s’il n’y a pas eu beaucoup de pertes en vies humaines [un mort selon des témoins], les dégâts matériels sont quant à eux sont énormes. Plus de 400 habitations incendiées et plus de 700 déplacés dans 11 villages de la sous-préfecture de Gbonné.

Selon Salia Mamadou, président Coges de l’école du village, il y a 4 ans de cela qu’un habitant du village, appelé Goualo, a vendu une parcelle de terre dans une forêt sacrée du village à Solo, un allogène Burkinabé qui va y planter du cacao. Tombé gravement malade, le vieux Goualo rendra finalement l’âme. Des jeunes du village vont après le décès mettre la pression pour que l’allogène quitte cette forêt sacrée, profanée selon eux. Les nombreuses rencontres organisées par Vehi Albert, chef du village de Gandié, ne connaitront pas de succès. La jeunesse du village remontée décide alors de prendre les choses en main.

Les choses vont alors tourner au drame car dans l’après-midi du Mercredi 9 Mai, le corps d’un manœuvre agricole Burkinabé est retrouvé dans le champ, située dans la forêt sacrée. Les allogènes Burkinabé convaincus que sont les jeunes Toura qui l’ont tué vont s’organiser à leur tour la riposte. Ils vont le jeudi 10 Mai mettre le feu à toutes les maisons du village pendant que tout le monde est au champ. Paniqués, les villageois se vont se réfugier dans les villages voisins. Un fort détachement de gendarmerie est par la suite déployé sur les lieux, afin de limiter les dégâts.

Le sous-préfet de Gbonné, Albert Assagnan multiplie depuis les rencontres avec les différentes communautés afin de consolider les positions. «(…) Nous interpelons le gouvernement afin qu’il nous vienne en aide. Nous avons tout perdu, biens, maisons, greniers et argent. Si rien n’est fait, ce sera l’hécatombe dans notre village qui compte plus de 600 âmes», plaide Vehi Albert, chef du village de Gandié.

Doumbia Balla Moise, district des montagnes

Author: La Rédaction