CPI Côte-d’Ivoire: L’hérésie populaire est préférable à la confiscation de l’autodétermination

Lu pour vous

Fidèle GOULYZIA, journaliste

L’engouement frise l’ubuesque autour d’une libération même provisoire de l’ancien président ivoirien. Sera t-il libéré ou pas? Au delà de l’émotion, ce déchaînement de passions laisse perplexe pour celui que l’opposition ivoirienne -relayée en cela par le raccourci amplifiant du procureur de la Cour pénale internationale – a présenté à l’époque comme « le Hitler noir », « le boucher des Lagunes », « un dictateur sanguinaire auteur d’un plan commun pour exterminer une partie de sa population ». Une bonne partie de la population ivoirienne serait-elle alors frappée de schizophrénie au point de réclamer son tyran?

A l’analyse, ce qui se joue à La Haye, ce n’est pas tant l’avenir d’un homme politique encore moins d’une formation d’opposition engluée dans ses propres errements.

Ce qui se joue à La Haye, c’est la conviction d’une conscience de l’autodétermination des peuples. C’est à dire du droit des peuples à décider de qui peut ou qui doit les diriger. Autant l’arrêt du 27 juin 1986 de la Cour internationale de Justice opposant le Nicaragua aux USA a transfiguré l’image de cette juridiction internationale auprès des pays du Sud, autant la décision d’un acquittement de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo par la CPI engage la crédibilité de la juridiction pénale. L’ancien président libre, ce ne sera pas pour un remake de la présidentielle de 2010 comme le rêvent ses partisans les plus caciques. De toute façon, trois décennies de crise devront être soldées. Mais ni par les urnes encore moins par les armes. La libération de Laurent Gbagbo, c’est pour une catharsis de la Côte d’Ivoire, celle qui veut continuer à se construire avec tous ses fils. Il est clair que cette Côte d’Ivoire rassemblée, tous n’en veulent pas non plus. Ou du moins du bout des lèvres.

Et pour tous ceux qui auraient peur d’un retour de l’ancien président ivoirien dans l’arène politique, Toussaint Louverture est là pour rappeler qu’on ne peut pas embastiller un esprit
« En me renversant, on n’a abattu à Saint-Domingue que le tronc de l’arbre de la liberté, mais il repoussera car ses racines sont profondes et nombreuses ».

Fidelegoulyzia.wordpress.com

Author: La Rédaction