La Côte-d’Ivoire a perdu 5% du PIB à cause de la dégradation de son littoral en 2017 (Banque mondiale)

La dégradation du littoral ivoirien a coûté près de 4,9% du produit intérieur brut (PIB) de la Côte d’Ivoire en 2017. C’est ce qu’a annoncé la Banque mondiale dans un rapport publié la semaine dernière.

D’après le document intitulé : Le coût de la dégradation des zones côtières en Afrique de l’Ouest, cette proportion équivaut à près de 2 milliards de dollars. Il comprend les impacts liés à l’érosion, les inondations et la pollution. Ainsi, en Côte d’Ivoire, les inondations représentent la première cause de dommages (estimés en coûts financiers), parmi ceux dus à la dégradation du littoral.

En 2017, elles ont coûté environ 1,2 milliard de dollars, soit près de 3% du PIB. Elles se positionnent devant la pollution de l’eau qui a coûté 485 millions de dollars au pays et la pollution de l’air avec 166 millions de dollars. L’érosion quant à elle a coûté 97 millions de dollars au pays tandis que la mauvaise gestion des déchets a coûté environ 53 millions de dollars.

Avec OuestFrance

Le littoral ivoirien perd 1 à 3 mètres par an au profit de la mer

Par Charles Assini BILE –

Une cinquantaine d’acteurs de la gestion du littoral se sont réunis le 29 janvier 2019 à Abidjan sous la houlette du projet d’investissement pour la résilience des zones côtières ouest-africaines (West Africa Coastal Areas program, WACA), pour valider le décret portant attributions, fonctionnement et organisation de l’Agence Nationale de Gestion Intégrée du Littoral ivoirien. Le Ministre de l’Environnement et du développement Durable était représenté à cet atelier par son Directeur de Cabinet Adjoint, Nasséré Kaka.

Cet atelier fait suite à l’adoption le 2 Juin 2017 par le Gouvernement ivoirien de la Loi 2017 – 378 portant Aménagement, Protection et Gestion Intégrée du Littoral dont l’article 37 dispose qu’il est créé une Agence qui se chargerait de l’aménagement et de la gestion du littoral. Au terme de plusieurs heures d’échanges, le projet de décret a été validé. Cette disposition marque l’opérationnalisation de cette agence et renforcera la cohérence des activités dans cette zone hautement sensible qu’est le littoral.

« Le Gouvernement a entrepris des actions aussi bien sur le plan des investissements que sur le plan institutionnel et législatif afin d’assurer la résilience et l’adaptation de ces communautés contre les catastrophes naturelles. C’est dans ce contexte qu’il convient d’inscrire la Loi relative à l’Aménagement, à la Protection et à la Gestion Intégrée de notre littoral, adoptée et promulguée en 2017», a rappelé Mme Nasséré Kaba. Avant cette loi, en dehors des textes internationaux et régionaux, aucune disposition législative et réglementaire du droit interne ivoirien ne régissait le domaine du littoral afin d’assurer l’équilibre entre son exploitation et sa protection. Pourtant, le constat établi par certaines études réalisées sur le littoral ivoirien, est que le trait de côte enregistre un recul moyen d’environ 1 à 2, voire 3 mètres par an au profit de la mer. D’une longueur de 566 kilomètres allant du Cap des Palmes dans l’Ouest au Cap des Trois Pointes à l’Est, le littoral ivoirien qui couvre une superficie de 23 253 km2 soit 7 % de la superficie de la Côte d’Ivoire (Livre Blanc du Littoral Ivoirien, 2004) connait actuellement diverses menaces d’ordre anthropique (la pollution, la destruction des mangroves, une démographie galopante et une surexploitation des ressources aquatiques) et surtout naturelles (érosion des plages, élévation du niveau de la mer, les marées de tempêtes). C’est une situation d’autant plus préoccupante que les populations riveraines sont victimes de la destruction de leurs habitations et le bouleversement de leurs moyens de subsistance (ressources océaniques et en eau douce) avec pour corollaires les migrations susceptibles de provoquer des conflits. L’économie du pays subit également les conséquences de ce phénomène par la dégradation ou destruction des installations industrielles de premier plan comme la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR), l’Aéroport International, les Ports Autonomes d’Abidjan et de San Pedro ainsi que les installations hôtelières (Abidjan, Grand-Bassam, Assinie et San Pedro). « Depuis plus de deux décennies, le littoral ivoirien subit le phénomène de l’érosion côtière accentué par les changements climatiques. Dans le cadre des actions menées pour lutter contre ces problématiques environnementales majeures, le Gouvernement ivoirien a mis en place, avec l’appui technique et financier de la Banque mondiale, le Projet d’Investissement pour la Résilience des Zones Côtières Ouest-Africaines (WACA-ResIP), mis en vigueur en septembre 2014, et dont la mise en œuvre se fera sur la période 2018-2023 », a indiqué Ochou Abé Delfin, Coordonnateur du WACA.

Ces actions menées dans le cadre du WACA, permettront d’assurer l’équilibre entre l’exploitation et la protection du littoral ivoirien pour garantir son intégrité et ses fonctions essentielles de lieu de résidence, de production et de divertissement. Commentaires

Author: La Rédaction

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