Communication de Bédié en Côte-d’Ivoire: Accusée d’avoir détruit les photos d’un journaliste, Djénébou Zongo se défend

La directrice de la com de Bédi: « Il apparaît étrange qu’on se focalise exclusivement sur le Pdci-Rda »

L’affaire Bédié, le président du Pdci-Rda n’a pas fini de défrayer la chronique en Côte d’Ivoire que le pouvoir ouvre un nouveau front avec le parti fondé par Houphouët. Le mercredi 12 juin, le président de l’Autorité nationale de la presse (Anp, organe de régulation) Raphaël Lakpé a lu un communiqué au JT de 20 heures, un communiqué qui circulait déjà sur les réseaux sociaux et qui incrimine la directrice de la communication du Pdci-Rda, Zongo Djénébou épouse Diomandé.

Selon M. Lakpé, la très proche collaboratrice de Konan Bédié s’est rendue coupable d’une entrave à la liberté de la presse en contraignant un journaliste du quotidien L’Expression (proche du pouvoir) à effacer des images qu’il avait réalisées au caveau des Boigny lors d’une cérémonie de pose de gerbes de fleurs par Henri Konan Bédié le 5 mars 2019, à Yamoussoukro. « L’Autorité nationale de la presse observe avec une réelle préoccupation la résurgence d’entraves à l’exercice de la liberté de la presse et de menaces sur la sécurité des journalistes sur les lieux de reportage d’activités politiques », révèle le communiqué de M. Lakpé lequel vise exclusivement la directrice de la communication du Pdci sur saisine de la rédaction du journal L’Expression.
24 heures plus tard, soit le 13 juin, la principale mise en cause a réagi lors d’un point de presse organisé au siège de son parti, à Cocody. Elle a donné sa version des faits en ces termes : « En ce qui me concerne, le 5 mars 2019, le président Henri Konan Bédié a procédé, à l’occasion d’une cérémonie strictement privée, au dépôt de gerbes de fleurs sur la tombe de Feu Félix Houphouët-Boigny, à laquelle aucun organe de média n’était convié. Le caractère privé de cette cérémonie dans la plus grande intimité a nécessité de la part du service de sécurité du président Henri Konan Bédié d’interdire la prise d’images aux journalistes accourus sur les lieux après avoir eu écho de la présence du président Bédié au caveau. Malgré cette interdiction, le correspondant du quotidien l’Expression a désobéi en prenant des images dont le service de sécurité a demandé la suppression. S’opposant à cette demande, il s’en est suivi de vives discussions. Informée de la situation, je me suis rendue sur les lieux pour demander au journaliste de faire droit à la demande du service de sécurité afin d’éviter des tensions. Ce que le journaliste a fait en ma présence ».


Poursuivant sa version, Djénébou Zongo a fait savoir que ledit correspondant est venu signaler par la suite la perte de son téléphone portable qu’il a estimé à 45 mille FCFA. Une somme qu’elle lui a remise, majorée de 5 mille francs. Il retrouvera le portable un jour après. Et Mme Zongo de déduire : « Comme vous pouvez le constater, malgré le fait que ce correspondant soit dans l’irrégularité, surtout qu’aucun journaliste n’a été invité à cette activité privée, j’ai su le protéger et le couvrir des valeurs d’amour et de respect de la dignité humaine qui sont chères au Pdci et à moi-même ».

Elle s’est interrogée sur les intentions réelles de M. Lakpé surtout que l’affaire date de plus de trois mois et qu’il veuille l’ébruiter dans des circonstances où le président du Pdci est directement menacé par le pouvoir après ses propos tenus à Daoukro le 5 juin sur la question des étrangers dans l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire. « (…) Il apparaît très étrange que vous vous focalisiez exclusivement sur un événement strictement privé et sur le Pdci-Rda. Ne serais-je pas en droit de m’interroger sur votre réelle intention avec le renfort de publicité autour de ce communiqué », réplique Zongo Djénébou.

De mémoire, ce n’est pas la première fois qu’une entrave est posée à un journaliste ivoirien par des politiques. Dans les affaires Daouda Coulibaly, un journaliste sévèrement réprimé par la police lors d’un sit-in du Fpi devant le siège de la Cei en 2018, la séquestration de la journaliste du Nouveau Réveil Olga Ottro au parquet d’Abidjan la même année, l’agression par la sécurité de la présidence de la République du journaliste César Djedjemel, le président de l’Anp, anciennement Cnp, n’avait pas donné de la voix malgré les plaintes des organisations de journalistes.

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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Publié par La Rédaction