Réconciliation et indemnisation des victimes en Côte-d’Ivoire: Récit d’une victime Wê, qui a perdu sa mère, son père et son frère

Simplement. Pour rappel, sous la présidence de Felix Houphouët Boigny, le premier Président de la Côte d’Ivoire, il y eut la tuerie massive des Guébiés.

Plusieurs victimes des crises politiques enregistrées. Rien n’est fait pour les victimes.

En 1988, 1989, 1990, la Côte d’Ivoire connait une récession ou crise
économique et financière qui exigeait des mécanismes pour le réajustement, la
normalisation, stabilisation et relance économique du pays.

Dans la foulée, Laurent Gbagbo fait son retour d’exil le mardi 13 Septembre
1988. Le mercredi 14 Septembre 1988, le journal télévisé de la RTI dans son édition de
20h rendait compte d’une audience que Félix Houphouët Boigny a accordé le même
jour, à Laurent Gbagbo, son opposant historique.

En 1989, Félix Houphouët Boigny organise les journées du dialogue national
au cours desquelles, le Professeur Marcel Etté, Secrétaire Général du SYNARES
demande publiquement l’autorisation du multipartisme. Souhait de tous les acteurs
politiques nationaux et partenaires extérieurs de la Cote d’Ivoire.
En 1990, on enregistre en Côte d’Ivoire l’arrivée de Alassane Dramane
Ouattara alors Gouverneur de la BCEAO à Dakar. Il fut nommé Président du Comité
Interministériel de Coordination du Programme de Stabilisation et de Relance
Economique de la Cote d’Ivoire aux côtés de Félix Houphouët Boigny pour Avril-Novembre 1990,
donc rang de Premier ministre qui ne disait pas son nom.

Le 30 Avril 1990, proclamation du multipartisme. Donc création de plusieurs
partis politiques dont le FPI. Alassane Dramane Ouattara fut nommé Premier Ministre
officiellement le 07 Novembre 1990.

Le 18 Février 1992, appelé “mardi noir’’, l’opposition menée par le FPI
organise une marche au plateau. Arrestation et emprisonnement de Laurent Gbagbo, sa
famille biologique et politique. Il y eut des dégâts matériels donc enregistrement des
victimes des crises politiques. Rien n’est fait pour les victimes.
Le 07 décembre 1993, Félix Houphouët Boigny décède. Henri Konan Bédié,
Président de l’Assemblée Nationale accède au pouvoir comme Président intérimaire de
la République de Côte d’Ivoire selon la constitution d’alors en vigueur.
Le 22 octobre 1995 “ boycott actif’’ des élections présidentielles. Il y eut des
morts, dégâts, préjudices matériels très importants. Encore des victimes des crises
politiques pour qui rien n’est fait.

De 1995 à 1999, les crises politiques répétitives débouchent au coup d’Etat
du 24 décembre 1999. Il y eut des morts, dégâts, préjudices matériels très importants,
donc des victimes pour qui rien n’est fait.
Bien avant ce coup d’Etat, Alassane Dramane Ouattara, devenu Président du
RDR le 01 Août 1999, prononce des paroles fortes appelant à la déstabilisation. En voici
la teneur. « Je frapperai et je ferai tomber ce pouvoir agonisant, je rentrerai au pays et
j’y passerai les fêtes de fin d’année » depuis l’extérieur.
Effectivement, le 24 Décembre 1999, le Général Robert Gueï fait tomber le
pouvoir de Henri Konan Bédié, le deuxième Président de la Côte d’Ivoire. Se réjouissant
du coup d’Etat militaire, Alassane Dramane Ouattara, le qualifiait de “révolution des
œillets’’.

De 1999 à Octobre 2000, sous le Général Robert Gueï, troisième chef d’Etat
de Côte d’Ivoire beaucoup de crises politiques ont eu lieu. Il y eut des morts, dégâts, et
préjudices matériels très importants, donc des victimes pour qui rien n’est fait. Octobre
2000, élections présidentielles. Laurent Gbagbo prend le pouvoir suite à des élections3
calamiteuses dit-il lui-même. Il y eut des morts, dégâts, préjudices matériels très
importants, donc des victimes pour qui rien n’est fait.
Laurent Gbagbo quatrième Président de Côte d’Ivoire organise des
journées appelées Forum de la réconciliation du dialogue et de vérité. Qui n’ont rien
donné. Car le problème fondamental qui secoue le pays à savoir la candidature
d’Alassane Dramane Ouattara aux élections n’a pas été réglée.
Encore une parole forte de déstabilisation fut prononcée par Alassane
Dramane Ouattara, cette fois-ci étant en Côte d’Ivoire. En voici la teneur. “ Vu la façon
dont les choses se déroulent, la Côte d’Ivoire risque d’être rendue ingouvernable’’.
Effectivement, le 18 Septembre 2002, une tentative de coup d’Etat muée
en une rébellion armée dirigée par Guillaume Soro Kigbafory fut déclenchée. La Côte
d’Ivoire divisée en deux parties est rendue ingouvernable du 18 Septembre 2002 à 2010.
Il y eut des morts, dégâts, préjudices matériels. Trop de sang a coulé, donc des victimes
pour qui rien n’est fait.

Pour trouver des solutions au règlement de la crise muée en rébellion armée,
la communauté internationale s’est mobilisée. D’où le conclave de Linas-Marcoussis en
France du 15 au 23 Janvier. Les accords obtenus de cette table ronde exigent la
formation d’un gouvernement de réconciliation nationale. Au programme de ce
gouvernement, figure à son Chapitre VI “Droits et libertés de la personne humaine’’,
point 4, que le gouvernement de réconciliation devrait prendre des mesures
d’indemnisation et de réhabilitation des victimes des crises. Donc une grande
importance accordée aux innocentes personnes victimes ayant payé le lourd tribut. D’où
la création du ministère technique dédié aux victimes des crises militaro-politiques. Le
Ministère des Victimes de la Guerre, des Déplacés et des Exilés confiés au Mouvement
Patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI) de la rébellion fut dirigé par l’Adjudant-Chef
Messamba Koné, comme Ministre dans le gouvernement Seydou Elimane Diarra.
Ensuite par Louis-André Dakoury Tabley comme Ministre dans le gouvernement4
Charles Konan Banny 1 et 2. Dans les gouvernements Guillaume Soro Kigbafori 1et 2,
toujours le ministère est dirigé par le MPCI. Malheureusement, rien de concret n’a été
réalisé pour les victimes par ces différents gouvernements.
Octobre-Décembre 2010, 1er et 2ème tour des présidentielles. Déclenchement
de la crise postélectorale. Depuis Golf Hôtel, Alassane Ouattara ainsi nommé et
prénommé désormais, signe un décret recourant aux forces dites FRCI pour chasser
Laurent Gbagbo qui refuse de céder le pouvoir d’Etat. Une guerre meurtrière
postélectorale s’ensuit. Il y eut des morts, dégâts, préjudices matériels. Donc des
victimes.

Elu depuis le 03 Décembre 2010, comme le cinquième Président de Côte
d’Ivoire, Alassane Ouattara prend le pouvoir d’Etat le 11 Avril 2011 date de l’arrestation
de Laurent Gbagbo. SEM Alassane Ouattara forme les gouvernements Guillaume Soro
3 et 4, Guillaume Soro reconduit comme Premier Ministre. Ensuite le gouvernement
Jeannot Ahoussou Kouadio comme Premier Ministre. Le Ministère technique dédié aux
victimes demeure avec comme Ministre Mathieu Babaud Darret toujours.
Mieux, Alassane Ouattara créé des structures institutionnelles à savoir la
CDVR dirigée par Charles Konan Banny, la CONARIV dirigée par Mgr Paul Siméon
Ahouanan et le PNCS dont la Directrice-Coordinatrice est Pr Mariatou Koné. Cette
fois-ci sous les primatures respectives de Daniel Kablan Duncan et Amadou Gon
Coulibaly. La CDVR et CONARIV à charge d’identifier, d’enrôler et d’auditionner les
victimes ont réalisé et fourni une liste consolidée des victimes des crises. De 874.056
victimes enrôlées, la CONARIV en a retenu 316.954 dont 8% soit 25.356 (décès), 9%
soit 28.525 (blessés) et 83% soit 263.071 (préjudices matériels). 557.102 dossiers de
victimes ont été rejetés. On ne sait trop pourquoi. Car aucun contentieux n’a été ouvert.
Pour rappel, bien avant ce travail de la CDVR et CONARIV, la Commission
Spéciale d’Enquête et d’Instruction (CNEI) a dressé et consolidé une liste de 4.500
victimes (3.500 décès et 1.000 blessés) qui reçoivent la compassion et l’assistance de5
l’Etat du 04 Août 2015 au 30 Octobre 2017 en phase pilote selon Pr Mariatou Koné. A
savoir un million de FCFA par mort et l’assistance aux blessés, orphelins. Il y’a de cette
phase pilote des victimes laissées pour-contre qui se plaignent. SEM Alassane Ouattara
a mis à disposition un fonds de dix milliards de F CFA pour la compassion et l’assistance
de l’Etat aux victimes. La phase dite grande est lancée et a démarré Lundi, le 30 Octobre
2017 au siège de PNCS. A ce jour, le ministère technique et le Programme National de
Cohésion Sociale (PNCS) en charge des victimes sont dirigés par une seule personne
qui est Pr Mariatou Koné, Ministre de la solidarité et Directrice-Coordonnatrice du
PNCS structure chargée du paiement. Pr Mariatou Koné n’a jamais ouvert de
contentieux. D’Abidjan, elle indique à chaque occasion découvrir du faux imputable
aux associations dans certains dossiers des victimes. Sans pouvoir inviter les victimes à
consulter les dossiers. Aussi, elle refuse de publier le rapport de la CDVR et la liste
consolidée de la CONARIV. Les victimes ont droit à l’information. Depuis lors, le
dossier des victimes n’évolue pas. L’expression de l’échec de l’assistance et la
compassion de l’Etat. Ce qui étale l’échec, le fiasco de l’indemnisation des victimes et
de la réconciliation nationale. Depuis Félix Houphouët Boigny à Alassane Ouattara
passant par Henri Konan Bédié, Gl Robert Gueï et Laurent Gbagbo, il y a eu des crises
politiques faisant de nombreuses victimes. Des morts, des dégâts, préjudices matériels.
La population vulnérable, innocente est toujours victime expiatoire. De par la faute des
acteurs politiques tous confondus (pouvoir et opposition) mais à chaque crise, les
différents Présidents et leurs gouvernements respectifs priorisent l’intérêt des politiciens
qui pourtant en sont auteurs, coupables et instigateurs. Felix Houphouët Boigny, Henri
Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara ont tous chacun décrété des lois ou
ordonnances d’amnistie pour libérer, pardonner, élargir ou blanchir les politiciens
meurtriers. Pour disent-ils favoriser la réconciliation. Voici quelques-unes des lois ou
ordonnances (16 au total) portant amnistie en côte d’Ivoire depuis l’année 1959 pour
élargir nos politiciens meurtriers au détriment de la population innocente servant de
cobaye.

1- La loi N°59-43 du 6 mai 1959 portant amnistie en Côte d’Ivoire visant tous les
faits commis avant le 04 décembre 1958.
2- La loi N°60-242 du 27 Juillet 1960 portant amnistie des infractions commises
antérieurement à l’indépendance.
3- N°85-1195 du 5 décembre 1985 portant amnistie des fautes commises
antérieurement au 7 décembre 1985
4- La loi N°92-465 du 30 Juillet 1992 portant amnistie des infractions commises
antérieurement au 24 Juillet 1992 à l’occasion de la réinstauration et de la pratique
du multipartisme et notamment la marche du 18 Février 1992.
5- La loi N°94-499 du 06 Septembre 1994 portant amnistie des infractions commises
antérieurement au 20 Aout 1994.
6- La loi N°98-743 du 23 décembre 1998 portant amnistie commise dans le cadre
des manifestations dites du « boycott actif » de l’élection présidentielle du 22
Octobre 1995.
7- La loi N°2003-309 du 8 Aout 2003, portant amnistie des infractions contre la
sureté de l’Etat dénoncés depuis des évènements des 17 et 18 Septembre 2000,
celles en relation avec la crise armée du 19 Septembre 2002 ainsi que les faits
connexes aux dites infractions.
8- L’ordonnance N°2007-457 du 12Avril 2007 portant amnistie des infractions
contre la sureté de l’Etat et de la défense nationale, ainsi que les infractions
connexes commises par les nationaux ivoiriens se trouvant sur le territoire
national ou en exil, entre le 17 Septembre 2002 et le 12 Avril 2007. Cette
ordonnance d’amnistie a visé les infractions commises quelques soient l’identité
ou les fonctions des auteurs.
9- L’ordonnance No 2018-669 du 06 Août 2018 portant amnistie des infractions en
lien avec la crise postélectorale 2010-2011.

Dans ce pays, aucune loi ou ordonnance n’est jamais prise en faveur des
victimes. Pour définir leur statut, l’indemnisation vraie, correcte et digne de7
victimisation des ivoiriens. Il manque de volonté politique et de l’humanisme. Tous les
gouvernants ont échoué sur la réconciliation, l’indemnisation des victimes en Côte
d’Ivoire. Ce n’est pas leur priorité.

Pire, Félix Houphouët Boigny et Alassane Ouattara qui ont eu des mandats
non perturbés. Alassane Ouattara a eu deux mandats non perturbés, ni déstabilisés. Il
pouvait faire assoir une loi définissant le statut et l’indemnisation des victimes. Plutôt
que de se contenter de la compassion, l’assistance sélective des victimes qui ne repose
sur aucune base. Chose d’ailleurs aléatoire. La déstabilisation de la Côte d’Ivoire est
partie du refus de la candidature d’Alassane Ouattara aux différentes élections
présidentielles pour sa nationalité à polémique, par Henri Konan Bédié en 1995, Gl
Robert Gueï en 2000 et Laurent Gbagbo en 2001 pour les élections législatives. Ce refus
a attisé le feu. Alassane Ouattara, l’auteur de la parole “ ni amangnan agnakami’’ (en
malinké) devrait avant la fin de son mandat en cours réhabiliter la personne humaine de
l’ivoirien.

A quelque chose, malheur est bon. Les 26 et 27 Avril 2019, Simone Gbagbo,
Assoa Adou et Hubert Oulaï à Duékoué à l’occasion de la fête de liberté FPI (GOR)
appellent à reconnaitre le génocide Wê. Anne Ouloto Désirée en réponse dit-elle à
l’appel du FPI (GOR) et en particulier à Simone Gbagbo, reconnait la tuerie massive.
Les vives réactions des Wê du Guémon et Cavally par voie de presse et réseaux sociaux
ont mis en évidence la tuerie massive, le martyr, le lourd tribut que ce peuple a subi.
Longtemps passés sous silence par les gouvernants actuels. Cela devrait attirer
l’attention et interpeller Alassane Ouattara et son gouvernement pour vite rattraper les
failles de l’indemnisation et la réhabilitation des victimes. Ouvrir des points focaux sans
tarder pour recevoir les victimes dans l’attente de la compassion et de l’assistance de
l’Etat. Accentuer le paiement des un million de Francs (1.000.000 FCFA) par mort en
cours considéré comme contribution de l’Etat aux obsèques de ces morts. Publier si
possible, les rapports de la CDVR et la CONARIV. Transparence oblige. Décider quoi
faire dans l’immédiat pour les victimes des préjudices matériels (pillage, destruction et8
vol des biens). Elaborer une loi d’indemnisation et de réhabilitation des victimes.
Une vraie réparation des biens. Il suffit qu’il y ait une volonté politique. Tout pourrait
se réaliser avant fin 2019. Car le pouvoir actuel n’a plus droit de faire des promesses
concernant l’indemnisation, la réparation des biens, la réhabilitation des victimes. Qui
ont servi de cobaye pour tous les politiciens. Les cœurs saignent.

Je suis moi-même Wê, originaire du Guémon (Duékoué). Mon village est sis
sur l’axe routier Duékoué-Bangolo. Les crises de 2002, ont emporté mon père, frère
ainé biologiques en 2003. Par deux (2) fois en 2003 et 2011, ma mère a fait la Mission
Catholique de Duékoué. Ensuite le Camp Nahibly de Duékoué. Sortie de là, traumatisée,
affaiblie, gravement malade, ma vieille mère a succombé. Ma cour comprend quatre (4)
maisons dont une villa de grand standing. Transformée en “QG’’ (dortoir + bureau) par
les MPIGO et MJP, mouvements rebelles d’alors qui régnaient dans le tonkpi, Guémon
et Cavally depuis 2002. Pillée, détruite partiellement et abandonnée dans un état délabré
plusieurs années après. Mon village a bénéficié du Projet d’Assistance Post Conflit
(PAPC). L’un des projets phares du PAPC, le Projet d’Urgence pour la Réintégration
des Personnes Déplacées Internes (PUR-PDI) ayant vocation de construire ou
réhabiliter des maisons, n’a pas pu réhabiliter mes maisons. Réhabilitation estimée
couteuse. Identifié, enrôlé et auditionné par la Direction des Victimes de Guerre du
Ministère des Ex-combattants et des Victimes de Guerre le 14/ 11/ 2011, la CDVR le
17/ 06 /2014 et la CONARIV le 16 /06 / 2015 (croisement fait, pas de doublon sur mon
dossier), à ce jour, je suis dans l’attente de la simple compassion et l’assistance de l’Etat
en cours. Comme moi, il y a des milliers. J’ai fourni un dossier administratif complet de
mes morts, un constat d’huissier assermenté et une expertise immobilière.
En conclusion, je suggère la prise en compte de la réconciliation,
l’indemnisation, la réhabilitation des victimes, la réparation des biens par une
ordonnance ou une loi. Le gouvernement actuel ou à venir à compter d’octobre 2020
doit prioriser les ivoiriens victimes dont la souffrance permet aux politiciens de
conserver ou de prendre le pouvoir.

La CDVR créée par ordonnance No 2014 -29 du 03 Février 2014 avait pour
mission de faire la typologie des violations, proposer une approche pour les réparations
et des réformes institutionnelles. La CONARIV créée le 24 Mars 2015 a parachevé le
travail par l’établissement d’une liste consolidée des victimes. Ladite liste résulte du
croisement des listes fournies par la CDVR, la Direction des Victimes de Guerre du
ministère de la solidarité, des faitières, fédérations des ONG, le BNETD, CNS, la
CNDH et le recensement additionnel réalisé par la CONARIV.
Le PNCS est l’organe d’exécution chargé de payer les réparations sur la
supervision de la CONARIV donc à ce jour du Ministère de la Solidarité. Pr Mariatou
KONE en est nommée la Directrice-Coordinatrice depuis le 12 Janvier 2016.
Pr Mariatou KONE est Maire de Boundiali, Ministre de la Solidarité de la
Cohésion Sociale et de la Lutte contre la Pauvreté et Directrice-Coordinatrice du PNCS.
Malgré sa bonne volonté, ces nombreuses charges plombent la célérité de
l’indemnisation.

N’est-ce pas cela qui explique la lenteur, lourdeur voire même l’échec de la
réconciliation, de l’indemnisation, la réparation des biens et la réhabilitation des
victimes ? Ne serait-il pas mieux que le gouvernement réactive la CONARIV pour la
célérité du traitement du volet réconciliation et indemnisation ?
La loi No 2003-309 du 08 août 2003 portant amnistie des infractions contre
la sureté de l’Etat dénoncées depuis les évènements des 17 et 18 septembre 2000, celles
en relation avec la crise armée du 19 septembre 2002 ainsi que les faits connexes
auxdites infractions stipule dans son Chapitre III “indemnisation des victimes”, article
10 : Au nom des exigences de la réconciliation et de l’obligation de solidarité nationales,
l’Etat a le devoir de pouvoir, par toutes les voies appropriées, à la réparation des
dommages résultats des infractions amnistiées par la présente loi. Les modalités
d’indemnisation, de réparation et de réhabilitation seront fixées par une loi. Aussi
l’ordonnance No 2007-457 du 12 avril 2007 portant amnistie des infractions contre la10
sureté de l’Etat et de la défense nationale, ainsi que les infractions connexes commises
par les nationaux ivoiriens se trouvant sur le territoire national ou en exil, entre le 17
septembre 2002 et le 12 avril 2007. Cette ordonnance d’amnistie a visé les infractions
commises quelles que soient l’identité ou les fonctions de leurs auteurs.
L’accord de Linas-Marcoussis (France) du 15 au 23 Janvier 2003, Chapitre VI
“Droits et libertés de la personne humaine”, point 4 exige au gouvernement de
réconciliation nationale d’alors de prendre des mesures d’indemnisation et de
réhabilitation des victimes des crises.

Ces trois (3) textes ci-haut sont des instruments dont le gouvernement doit
faire l’usage pour prendre une ordonnance ou loi portant statut, indemnisation,
dédommagement, réparation des biens et réhabilitations des milliers de victimes sans
défense des crises vécues en Côte d’Ivoire. Une vraie indemnisation.
Depuis la crise postélectorale de 2010-2011 qui a fait de milliers de victimes
(décès, blessés, dégâts matériels), le gouvernement fait passer sous silence les morts du
Cavally, Guémon (“Camp Nahibly”, “Guitrozon”, “Petit-Duékoué”, “Duékoué-
Carrefour”), Anokoi-Kouté, Bouaké, Abidjan, pour ne citer que ces localités. On ne sait
trop pourquoi. Cependant, il est donné de constater la commémoration chaque
année par tout le gouvernement des sept (7) morts d’Abobo. Ces sept (7) morts sont
prioritaires, privilégiés et leurs ayant-droits reçoivent à tout temps la compassion et
l’assistance. Pourquoi cette distinction, différence, cette méthode sélective de traiter les
victimes ? Seul le Président de la République et son gouvernement situeront un jour les
ivoiriens. Une chose est sûre et certaine. SEM Alassane Ouattara entend les cris, les
pleurs, plaintes et voit les lamentations, saignements des cœurs des victimes. Il réalise
et constate l’échec du volet indemnisation, réparation des biens et réhabilitation des
victimes. Il lui revient donc d’en tirer les conséquences et prendre des mesures
courageuses pour vite poser des actes forts. Cela pourrait apaiser tant soit peu les cœurs
meurtris, déchirés des ivoiriens et faciliter la réconciliation.

Les partis politiques, organisations de la société civile, les journalistes ou la
presse en général, les Députés représentants des populations ont le devoir et l’obligation
de défendre les droits et intérêts des hommes, femmes, enfants soit la population
vulnérable.

Les journalistes doivent être la voix des sans-voix. Ils doivent faire des
investigations dans le traitement d’indemnisation et réparation des biens des
nombreuses victimes des crises militaro-politiques. Au lieu de défendre ou de se
substituer uniquement aux politiciens cruels, meurtriers, assassins, criminels causant
des calamités, souffrances, douleurs au peuple.

Quant à moi, j’ai déjà pardonné les actes criminels, cruels, posés par ces
politiciens qui ont emporté trois (3) de mes chers biologiques. Mais je ne peux les
oublier. Oublier ces actes, signifie pour moi, oublier mon père, frère ainé et ma mère
biologiques dont les départs au trépas ont été précipités par les crises militaro-politiques.

J’invite toutes les victimes à pardonner.

Pardonnons ces politiciens meurtriers, assassins qui ne prospèrent que sur le
sang, la douleur, souffrances des populations innocentes et vulnérables.

Je reste donc réceptif à toute contribution contradictoire des personnes ayant
le même degré ou plus de douleur comme moi pouvant enrichir et équilibrer la
conscience des ivoiriens. J’ai exprimé une opinion avec des cas pratiques. La
constitution ivoirienne garantit la liberté d’opinion et d’expression.

Fait à Abidjan, le 07 Juin 2019
VICTIME
Gninwê Naasson

Author: La Rédaction

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