Côte-d’Ivoire: Les lourdes peines contre Bendjo sont « un harcèlement politique », estime le PDCI

Donald NGORAN

Le secrétariat exécutif du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ex-allié du pouvoir) s’est indigné mercredi de la condamnation de l’ex-maire du Plateau (quartier des affaires) Noel Akossi Bendjo, dénonçant un « harcèlement à relent politique des militants du PDCI à quelques mois » des présidentielles.

Révoqué en août 2018, en Conseil des ministres, de son poste de maire du Plateau qu’il occupait depuis dix-sept ans, Noël Akossi Bendjo vit depuis en exil en France où il séjournait déjà au moment de sa révocation.

2 juillet 2019, Bendjo à Paris avec l’Ambassadeur Gomis, Henriette Bédié et d’autres responsables du PDCI, venus accueillir l’ex président Henri Konan Bédié, arrivé d’Abidjan

Mardi, il a été jugé par contumace par le tribunal correctionnel d’Abidjan au terme d’une brève audience au cours de laquelle, seuls deux témoins ont pris la parole: Fatoumata Koné, agent du service financier de la mairie du Plateau et Jacques Yapi, qui avait assuré l’intérim après la révocation de M. Bendjo dont il était l’un des adjoints.

Le secrétariat exécutif « s’indigne de cette condamnation arbitraire du maire du Plateau Akossi Bendjo, secrétaire exécutif chargé de l’organisation et de la mobilisation, survenue sans que les enquêtes annoncées par le gouvernement aient été portées à la connaissance du public, » a dit Aminata N’diaye [photo], porte parole du PDCI.

Quelques heures plus tard, après cette condamnation du secrétaire exécutif, le président de la JPDCI urbaine Valentin Kouassi a été libéré alors qu’il était placé en détention deux jours plus tôt pour une nécessité d’enquête.

Le secrétariat exécutif « condamne ce déni de justice » et dénonce « un harcèlement à relent politique des militants du PDCI à quelques mois des présidentielles », a poursuivi Aminata N’Diaye.

Alerte info/Connectionivoirienne.net

« UN TÉMOIN » OCULAIRE RACONTE LE PROCÈS BENDJO. À LIRE ET À PARTAGER

J’ai honte de cette justice et j’ai pitié des juges. Oui, je ne savais pas que le dossier Bendjo était inscrit au rang des affaires du jour. J’étais assis là en tant que témoin dans une affaire qui fait l’objet de Sept renvois. Au moins Sept renvois. L’affaire est là depuis Novembre 2018.

C’est dans cette attente que j’ai entendu le juge dire : Affaire Ministère Public contre Noël Honoré Akossi Bendjo. J’étais surpris et j’étais en même temps content parce que j’allais suivre une affaire qui a beaucoup fait parler d’elle.

Quelques temps après, j’ai vu un monsieur bien habillé. J’ai retenu son nom. Il a donné son identité. Il a dit Yapi Jacques. Il a ajouté qu’il était le maire intérimaire du Plateau. Un homme qui s’exprime très bien. Comme nos parents qui ont été très bien formés à l’école du temps d’Houphouët-Boigny. C’est lui qui a porté toutes les accusations contre le Maire Akossi Bendjo.

Étant comptable de formation et l’affaire concernant une question de détournement de deniers publics, il y a une question du juge président qui a retenu mon attention. Le juge a demandé au témoin monsieur Yapi: Avez-vous les preuves que des sociétés ont versé de l’argent et que cet argent n’a pas été reversé à la Mairie ? J’attendais une réponse précise. Parce qu’en tant que comptable, cette question est fondamentale en matière de détournement. La réponse du témoin m’a choqué.

Non. Il a expliqué qu’ils ont fait des métrés des taxes d’occupation du domaine public et aussi des taxes publicitaires. Ils ont pris en compte les recettes effectives. Ils se sont ensuite dits que ce n’est pas possible que la Mairie se retrouve avec ce montant. Et pour eux, les recettes espérées moins les recettes effectives équivalaient à un détournement. J’étais assis là et je n’en croyais pas un seul mot.

Je me suis dit que ce n’était quand même pas de cette affaire que l’on parle. L’affaire qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Est-ce que c’est ce qui soutient vraiment la plainte ? Pour parler de détournement, il est important de dire qu’il y a eu des versements effectués qui n’ont pas été reversés dans les caisses de la Mairie. Monsieur Bendjo absent est poursuivi pour un détournement de 5 Milliards 142 Millions de Francs Cfa. Il est important que ceux qui ont versé ces montants soient connus et qu’en considérant les recettes effectuées l’on puisse valablement soutenir qu’il y a eu un détournement. En tant que comptable assis dans cette salle d’audience, je suis resté sur ma faim.

Lorsque les deux Procureurs ont pris la parole pour leurs réquisitions, franchement, ma main sur le cœur, ils lisaient un papier. Ce n’est pas cela qui est scandaleux. Vous savez lorsque vous avez écrit un texte vous-même, il y a de la conviction dans votre voix. Ici, j’ai entendu deux procureurs qui lisaient des documents qu’assurément ils n’ont pas écrit eux-mêmes. La dame procureure cherchait des mots dans son propre texte. Cela s’est produit au moins trois fois.

Quand les réquisitions ont été prises, je m’attendais à un renvoi de l’affaire pour que les juges puissent étudier les faits pour rendre une décision après avoir discuté les différentes infractions. Et nous avons entendu le juge dire : « L’audience est suspendue pour quelques minutes. Nous allons nous retirer pour délibérer’ ai appelé à mon travail pour dire que je n’allais pas y être. Pour moi le délibéré allait prendre au moins deux heures ou trois heures de débat entre les juges. J’étais dans la Salle-des-pas-perdus quand j’ai vu le juge président monter pour aller vers les bureaux des magistrats. Il était seul. Les deux juges qui l’assistent n’étaient pas avec lui. Je l’ai ensuite vu redescendre et quelques minutes après la sonnerie de reprise de l’audience a retenti.

À peine 20 minutes
de délibéré. Mais avec un détail important. Le juge président n’était pas avec les deux autres juges qui l’assistent. Je rentre dans la salle. Et j’entends la décision. Akossi Bendjo coupable des faits de détournement de deniers publics, de faux et usage de faux, blanchiment d’argent. Il est condamné à 20 ans d’emprisonnement. Confiscation de ses biens. Il y a une amende de 10 Milliards de francs qu’il doit payer. Etc…

Après cela notre dossier a été appelé et a été renvoyé en Novembre 2019. C’est le 8ème renvoi. Le dossier de monsieur Bendjo a été appelé pour la première fois. Il y a eu les débats le même jour et la décision a été rendue immédiatement.

Donc on peut vite juger les affaires dans ce pays-là où il y a quelque chose de spécial dans l’affaire de monsieur Bendjo? Je me demande à quel moment les juges ont délibéré ? Même quand tu veux être injuste, il faut savoir faire semblant. Franchement, la politique n’est pas une activité que je souhaite faire. Je ne veux pas être un homme politique. Mais si c’est comme ça que la justice doit fonctionner dans un pays, c’est que les citoyens et les entreprises sont en danger.

Je suis rentré à la maison et j’ai dit à mon fils qui est en licence de droit et qui veut être Magistrat: abandonne ce projet. Deviens un avocat pour lutter contre l’injustice. Je ne veux pas que tu sois magistrat. J’avais honte de la justice. C’est normal de poursuivre un citoyen qui a détourné effectivement de l’argent. Mais ce que j’ai entendu à ce procès est une parodie de justice.
Une justice aux ordres. J’ai honte vraiment de cette justice qui pue l’esclavage de ses acteurs. J’ai honte. Qu’Allah nous aide…Le pays va mal.

Author: La Rédaction

2 commentaires sur “Côte-d’Ivoire: Les lourdes peines contre Bendjo sont « un harcèlement politique », estime le PDCI

  1. For-mi-da-ble ! FORMIDABLE !! Proverbe baoulé : « c’est le crabe lui-même qui a décidé qu’il doit être mangé bruyamment ». Ainsi donc, nos rattrapeurs nous indiquent clairement le traitement qu’ils subiront quand ils auront été éjectés (bah oui, même le 3ème Reich pensé, préparé et organisé pour durer 1000 ans n’a pas fait le centième de ce temps), car ils partiront. Et là,… Ça va faire pitié…

  2. Ouais ils partiront …..après réglez vos comptes entre vous politicards mais vous les fronto-patriotico-démocrates du front patriotique recréé laissez notre nationalité et notre citoyenneté en paix …..ne remettez plus en rouge ENQUÊTE sur nos demandes de certificat de nationalité etc….n’instrumentalisez plus les forces de l’ordre…ne nous faites plus dénoncer des montages style charnier style procès de gendarmes dans l’enceinte d’agban sinon on sera de nouveau obligés de nous faire entendre plus que bruyamment ….à part ça entre politiques taclez-vous même au niveau de la gorge…c’est entre vous ….nous nous sommes à la gare de gba-ha et dans les écoles coraniques …voyez nous louper comme on dit ici à la gare …je passais fiaaaa

    Té ande

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