«Sauvons l’école en Côte-d’Ivoire», par Assi Fulgence, ex SG de la FESCI

Le retard de notre pays dans plusieurs secteurs de la vie économique d’une nation m’interpelle.

En effet, la qualité des services fournis aux citoyens ivoiriens et aux populations vivants en côte d’ivoire est sérieusement affectée et rien ne semble freiner cette decadence.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cet etat de fait mais permettez que mon analyse du jour porte sur une situation que connait notre système éducatif.
L’éducation étant l’âme d’un individu donc d’une nation, sa qualité influence tous les autres pans de la vie et le fonctionnement de cette nation.
Or, les maux que trainent depuis longtemps notre système éducatif sont pour chacun de nous un secret de polichinelle.
L’une des gangrenes le plus symptomatique de ce mal éducatif demeure sans doute LA TRICHERIE.

Allègrement cet acte anormal, ce fait répréhensible est devenu une chose presque normale : quelque chose de quasiment banale, un fait divers… Hélas !

La saine compétition intellectuelle disparaît encore plus chaque jour pour ne laisser place qu’à un ballet de médiocrité, légitimité par un système social lui-même en déliquescence.
En effet, la TRICHERIE n’est pas le fait d’un individu ou d’un groupuscule qui agirait sans la complicité tacite ou voilée de chacun de nous.

Autorités gouvernementales, responsables du système éducatif, enseignants, parents, hommes de lois, apprenants… chaque maillon de cette chaîne, chaque acteur de ce système joue sa partition dans ce triste spectacle de non valeurs.

Parlons-en !!

I-Autorités gouvernementales, responsables de l’éducation

La recherche effrénée d’un taux de réussite élevé au CEPE, BEPC. BACCALAURÉAT pour cacher l’échec des réformes entreprises et se donner l’illusion d’un système productif.

II-Enseignants et forces de l’ordre

Accepter et/ ou exiger de se faire soudoyer pour garder la bouche et les yeux fermés sur les manquements aux dispositions en vigueur (interdiction de posseder un telephone, interdiction de communiquer avec autrui), donner une note de complaisance ou faciliter la résolution d’un exercice lors des examens.

III-Parents

Inclure dans les dépenses scolaires, le montant nécessaire pour soudoyer les autres acteurs de la chaîne .Cela va de l’achat des épreuves de l’examen à l’argent de poche pour récompenser le silence des forces de l’ordre, des surveillants et du secrétariat de l’examen.

Pis la fraude aux examens a pris des proportions beaucoup plus inquietante avec l’avènement des technologies de l’information et de la communication, avec dans la foulée le’xpansion du web 2.0 et le règne des réseaux sociaux. Ajoutée à cela la mutuelle éleves des salles d,examen pour corrompre les examinateurs et membres de la sécurité, on peut le dire sans risque de se tromper, le “pétrole”- comme désigné dans le jargon ivoirien – coule à flot et a atteint des proportions gravissimes.

Cette situation crée une grande INJUSTICE SOCIALE.

La dénoncer (dans une moindre mesure) sinon la combattre s’impose à tout citoyen soucieux des lendemains de la mère patrie. C’est d’ailleurs une obligation pour tous.
Il faut mettre fin à ce phénomène car l’éducation est la base sociologique des nations.
C’est le cri de cœur que je partage avec vous.

Nous sommes une jeune nation et nous avons besoin d’ancrer notre système éducation-formation dans les valeurs d’excellence et de justice, inculquant aux apprenants l’esprit de compétition, rejetant la médiocrité sous toutes ses formes en combattant farouchement la tricherie, la corruption, la complaisance, le favoritisme et tous ces autres maux qui l’avilissent – parlant du système éducation formation.

C’est un impératif, voire une condition sine qua non pour réussir un développement équilibré et durable. Toute chose ne pouvant être possible qu’avec des citoyens compétents qui par leur travail acharné contribuent à construire une nation compétitive au plan international.
Ce n’est pas un rêve trop grand.

Ne vous offusquez pas ou ne vous meprénez pas, même si vous avez un moment de votre vie été impliqué dans de telles pratiques, le temps est venu d’y mettre un terme.
L’enjeu de l’émergence en vaut bien la chandelle.

Il faut que nous nous accordions sur la volonté de changer qualitativement notre société. Même les auteurs de cette tricherie peuvent changer avec juste cette volonté de vouloir transformer la société.
Houphouët Boigny l’a si bien dit : « seuls les imbéciles ne changent pas ».

C’est sur cette pensée de notre premier Président que nous invitons le gouvernement et la société ivoirienne dans son entièreté à se dresser contre le mal pernicieux de la fraude.

De fermes et courageuses mesures seront nécessaires. Particulièrement de la part du ministère concerné qui ne devraient ménager aucun effort pour la crédibilisation des diplômes en sanctionnant la course aux taux de réussite fantaisistes aux examens de fin d’année.

Bonne chance à tous les candidats à l’examen du baccalauréat.

Ensemble c’est possible, la côte d’ivoire mon espoir.
Assi Fulgence Assi

Author: La Rédaction

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