Côte-d’Ivoire: La Tabaski, fête de «générosité» et non de « suractivisme politique de tous bords » (Préfet)

Tabaski

Un matin de Tabaski, il y a 19 ans, pendant la transition militaire, la peur s’est emparée des foyers. La viande de mouton distribuée au voisinage, comme le veut la tradition s’est retrouvée dans les poubelles, sous de fallacieux prétextes que je ne voudrais même pas rappeler ici.

La Côte d’Ivoire venait de déstabiliser, pour des questions de rivalités politiques, un de ses pillers les plus importants : la fraternité.

2 ans plus tôt, en 1998, un rapport du Département d’Etat américain réaffirmait la coexistence pacifique entre les peuples et les religions de Côte d’Ivoire. En quelques mois de suractivisme politique de tous bords, les bases de la stabilité sociale ont été assommées.

Nous sommes loin de ces années de folies et d’auto-destruction, de prétention de supériorité d’une ethnie sur une autre, d’une région sur une autre, d’une religion sur une autre.

Mais chaque fois que survient la Tabaski, je réalise le chemin parcouru par notre peuple, le chemin à parcourir et l’évidente nécessité de tous travailler constamment à la paix.

La Tabaski, ce n’est pas la fête du mouton. C’est la fête du sacrifice personnel pour Dieu, pour l’humanité et pour l’Etre Humain. La Tabaski, c’est la fête de l’Amour de Dieu pour nous et la fête de notre Amour pour Dieu. La Tabaski, c’est la fête de la cohésion, de la Paix, de la fraternité.

En nous demandant de présenter en offrande une bête de sa création et non pas le sang de ses enfants, Dieu nous invite à l’Amour et nous demande instamment de tourner le dos à la violence qui détruit l’Afrique.

Notre sang, Dieu l’a fait précieux et y a semé toutes les graines du bonheur.

Aujourd’hui 11 Août 2019, nous fêtons encore la Tabaski. Il est important que la jeunesse se rappelle son devoir de paix et sa nécessaire contribution à la construction du pays, en se détournant des voies de la violence. Il est important que les discours politiques, d’où qu’ils viennent ne fragilisent pas les bases de notre vie sociale dans le Département d’Abidjan, ma circonscription de compétence.

Les plus chanceux d’entre nous mangeront, festoieront, feront bonne chère. Le fumet du mouton s’élèvera dans le ciel comme la preuve de notre offrande, il titillera nos narines et dilatera nos palais toujours gloutons. Mais n’oublions pas aussi que la Tabaski, c’est aussi et surtout la fête du partage et de la charité.

Dehors, il y des gens qui ne mangent pas, qui ne voient que la fumée opaque de leurs souffrances sociales. La Tabaski doit nous rappeler notre devoir de solidarité envers les plus faibles ou les plus marginalisés.

Partageons avec eux aujourd’hui, demain, après-demain. Partageons toujours avec eux leurs souffrances, leurs joies et leur aspiration au bonheur, afin de bâtir une société forte et inclusive.

C’est ce que professeront aujourd’hui à la Mosquée tous les Imams et dans les Temples et Églises tous les Prêtres et Pasteurs.

Quelle grâce divine que le jour de Dieu soit tombé un autre jour de Dieu et que toutes les fois et confessions religieuses de notre Département soient toutes en prière en même temps, à la même heure pour le seul, même et unique Dieu.

Aujourd’hui il n’y aura ni musulman, ni animiste, ni bouddhiste, ni chrétien, ni féticheur. Il y aura juste des enfants de Dieu unis pour célébrer Dieu.

Dieu bénisse notre pays, apaise nos cœurs, nous réconcilie avec nous mêmes et nous pousse toujours vers le bien.

Bonne fête de Tabaski à tous.

Vincent Toh Bi Irié

Author: La Rédaction

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