Les embouteillages à Abidjan: Calvaire sans fin pour les usagers de la route (REPORTAGE)

Emma ASSEMIEN

Coups de klaxons, dépassements inopinés, injures… c’est dans ce brouhaha que les usagers de la route tentent de se frayer un chemin dans la capitale économique Ivoirienne où circuler devient de plus en plus problématique du fait de la fréquence des embouteillages au quotidien.

Tous les jours, à l’exception du dimanche, les Abidjanais sont obligés d’affronter les embouteillages monstres de la capitale.

C’est dans une bataille quotidienne contre les bouchons et l’incivisme total que les usagers de la route tentent de se rendre au travail ou de rentrer les soirs à la maison après une dure journée.

Il est 20 heures (GMT, heure locale) et dans une circulation étranglée, Adama, chauffeur de Gbaka, un minicar de transport en commun, se faufile pour rallier Bingerville (Est d’Abidjan).

« La vielle mère si on ne fait pas ça, on va rester ici, et nous ça ne nous arrange pas, je suis monté à 13 heures donc il faut que ça rentre (parlant de sa recette à faire) », se justifie ce jeune conducteur de deux ans d’expériences tout excité de même que son apprenti (convoyeur) accroché à la portière et qui se plaît à faire des acrobaties.

Ce concert incessant de bruit, les gaz d’échappement, une chaleur étouffante et la lenteur avec laquelle les voitures avancent en est de trop pour un jeune homme à qui nous n’avons pas eu le temps de parler car descendu aussi vite qu’un éclair de la voiture « pour continuer son trajet à pied et c’est mieux », nous répond un autre.

« Eh !!! Mon Dieu on va mourir avec les embouteillages, maintenant même il n’y a plus d’heure, c’est toujours bouché partout matin comme soir », se plaint Nathalie Kouassi, la trentaine, qui rentrait du travail.

Un paquet de serviettes à la main pour s’éponger toutes les minutes, le vissage froissé et fatigué comme la plupart des passagers du Gbaka, Nathalie raconte son « calvaire ». « Depuis 18 heures 30 j’ai pris la route et je suis toujours loin d’arriver chez moi pour me reposer, c’est quelle affaire ça ».

Madame Kouassi revient de son service situé à Koumassi  » Sud d’Abidjan « , et a dû affronter le bouchon du pont De Gaulle (Plateau, centre des affaires) et galère depuis plus d’une heure dans un autre qui a débuté à la Rivera 2 (Cocody, quartier chic à l’est d’Abidjan), une situation qui visiblement l’irrite au plus haut point bien qu’elle affirme y être habituée.

« Et la situation est la même pour ceux qui vont dans la zone de Yopougon (quartier populaire à ouest) voire pire, à croire que tous les Abidjanais ont des voitures, sauf nous », intervient un homme d’un certain âge, une réaction qui suscite un fou rire.

En effet, la situation historique des embouteillages sur l’autoroute entre Adjamé et Yopougon (la commune la plus peuplée) est connue de tous dans la capitale.

Les efforts du gouvernement pour réaménager plusieurs milliers de kilomètres de route, construire des échangeurs et le pont Félix Houphouët Boigny reliant Abidjan sud à Cocody, semblent encore insuffisants pour cette mégalopole dont la population s’élevait à plus 4.707.000 habitants en 2014 (selon les données du dernier recensement de la population) avec plus de 500.000 véhicules en circulation et un parc automobile qui croît à une vitesse pharaonique.

Cette situation n’est pas sans conséquence environnementale, économique et sécuritaire. Selon des sources policières, le nombre d’accidents de la circulation est en hausse de 13,28% soit, en moyen une vingtaine d’accidents de la route par jour à Abidjan.

Une chose est sûre, la frénésie des embouteillages dans la capitale, les Abidjanais l’ont tous déjà expérimentée et espèrent que les nombreux projets du gouvernement en cours notamment la construction d’un 4e pont vont soulagerons la peine des usagers.

Alerte info/Connectionivoirienne.net

Author: La Rédaction

1 commentaire sur “Les embouteillages à Abidjan: Calvaire sans fin pour les usagers de la route (REPORTAGE)

  1. Déjà, admettre que la Côte d’Ivoire ne se limite pas uniquement à la seule ville d’Abidjan aidera à transférer de façon effective la capitale à Yakro : ainsi, la cohorte d’Institutions, de ministères et de fonctionnaires qui devront s’y déplacer et créer donc un nouveau pôle de développement à 1h de route. Cela décongestionnerait fortement Abidjan. La Côte d’Ivoire devrait avoir honte qu’avec une si petite population, sa principale ville se rapproche à ce point du nombre d’habitants de New York. Ensuite, geler l’extension de cette ville devenue tentaculaire et cauchemardesque par son schéma cadastral inexistant (on a du mal à le lire en tout cas), en interdisant toute nouvelle construction. Nos pays sont relativement neufs et il n’est pas normal de se retrouver déjà avec des problèmes inhérents aux « vieilles » villes.

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