Sara 2019 en Côte-d’Ivoire: Entre merveilles et déceptions

Par Connectionivoirienne

Le 5e Salon international de l’agriculture et des ressources animales d’Abidjan (Sara) s’est ouvert le 22 novembre 2019 et bat son plein à ce jour.

Les organisateurs, ministères et commissariat général ont exprimé leur enthousiasme face à la mobilisation à l’occasion du lancement de l’édition 2019 placée sous le signe de l’agriculture intelligente et des innovations technologiques.

Le président de la République Alassane Ouattara après une visite sur les lieux s’est réjoui de la mobilisation qu’il met au compte de la confiance retrouvée en notre pays. Le vice-président Daniel Kablan Duncan a, quant à lui, lancé cet appel face aux partenaires de la Côte d’Ivoire : « Il nous faut repenser notre agriculture, il nous faut la réinventer ».

Pour sûr, ce 5e Sara est riche par la qualité des exposants venus d’au moins 19 pays d’Afrique et d’Europe. On peut y découvrir toutes les merveilles en matière d’agriculture, d’élevage, de produits. On y découvre également les innovations en matière de génétique agricole et animale. Toute chose qui permet l’amélioration des espèces dans un contexte changement climatique. On s’émerveille ainsi devant les stands de l’Aderiz et de AfricaRice, deux structures l’une ivoirienne et l’autre sous régionale basée à Bouaké. Elles proposent tout ce qui peut se faire en Côte d’Ivoire en matière de développement de la riziculture. Quand on écoute les interlocuteurs des deux stands, on est amené à se demander pourquoi la Côte d’Ivoire est toujours importatrice de riz. Elle qui bénéficie de tous les atouts pour produire en quantité industrielle et exporter le surplus. Les bonnes terres, les semences, la technologie chinoise en matière de machinisme agricole, des écoles d’agriculture et d’agronomie, des centres de recherche comme AfricaRice, l’Anader, le Cnra…

Les chocolatiers sont également présents. Qu’ils soient gros industriels français ou petits artisans ivoiriens qui font leur trou dans la chocolaterie. Ils proposent des produits à base de chocolat de sorte qu’on peut espérer des lendemains meilleurs pour le cacao ivoirien.

Au Sara, l’ambiance est bon enfant, les autorités ivoiriennes défilent pour apporter leur soutien, dans la pure hospitalité ivoirienne. La sécurité est de mise. Des compagnies de la gendarmerie nationale ont été mobilisées et tout le long du parcours qui mène au parc d’exposition, les gendarmes veillent au grain de part et d’autre. Des patrouilles aériennes sont également au rendez-vous avec les Mi-24 qui survolent régulièrement toute la zone. L’ambiance est festive, la gastronomie ivoirienne se vend bien. Mais les couacs ne manquent pas.

On a tout prévu sauf les moyens de transport

Se rendre au parc d’exposition, route de l’aéroport n’est pas toujours chose aisée. Même quand on est habitant de Port-Bouët. La zone est si décalée de la ville que seuls ceux qui possèdent un véhicule, peuvent y aller sans accroc. Pour les autres, il faut braver des difficultés avec les caprices des conducteurs de taxis en pareille circonstance. Aucune navette n’a été prévue pour ne serait-ce assurer le déplacement entre le grand carrefour de Koumassi et le parc. L’on est amené souvent à marcher sur les deux kilomètres qui séparent le site du Sara au rond-point d’Akwaba avant de trouver un moyen de transport en commun. ‘’C’est pénible ! On a tout prévu sauf les moyens de transport’’, s’exclame un visiteur chargé de plusieurs kits reçus aux différents stands qu’il a parcourus. Même, les élèves des écoles d’agriculture pourtant présentés comme des visiteurs spéciaux n’ont pas eu droit à ce privilège. Selon, l’un d’entre eux, un élève de l’Ecole régionale d’agriculture (Era) d’Abengourou, chacun s’est débrouillé pour se loger en ville, soit chez un ami, soit chez un parent.

Autre désagrément, les prix des produits. Si le Sara peut permettre de nouer des contacts importants, il est loin d’être le lieu pour faire de bonnes opérations d’achat tant les prix n’ont connu aucune baisse par rapport à ce qu’ils sont dans les boutiques ou supermarchés de la ville. Le pagne traditionnel baoulé se négocie ainsi entre 15 mille et 20 mille francs alors qu’on peut l’avoir à un prix bien inférieur. Les plaquettes de chocolat, le miel, les boîtes de conserve… sont souvent hors de portée. ‘’L’esprit de la foire qui consiste à baisser les prix pour vendre le maximum, n’est pas de mise ici’’, s’étonne un visiteur après un tour chez les exposants.

Adjoumani superstar !

Le ministre de l’Agriculture et du développement rural est sur tous les fronts. C’est son département qui suit de près toute l’organisation concédée à Voodoo Group de Fabrice Sawegnon. Kobénan Kouassi Adjoumani en profite même pour passer les messages de son parti, le Rhdp avec une dose de propagande en faveur de son mentor, le président Alassane Ouattara. A travers interviews et compte-rendu d’activités, il a ainsi monopolisé des colonnes entières d’un journal spécial réalisé par ses services de communication. Le cœur à la fête, sous des airs de triomphe, il a fait montre de son talent de grand maître de Woyo, cette musique urbaine déclinaison du zouglou, au cours d’une soirée gala. Une vidéo sur les réseaux sociaux montre le ministre battant du tam tam et se livrant à une partie de danse sous les applaudissements de ses pairs ministres venus de l’étranger.

La fête et la foire continuent jusqu’au dimanche 1er décembre. L’ambiance festive est au rendez-vous chaque soir après la fermeture à 19 h, au village du Sara jusqu’au petit matin.

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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Author: La Rédaction

2 commentaires sur “Sara 2019 en Côte-d’Ivoire: Entre merveilles et déceptions

  1. MASA IN, MASA OFF
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    Merci Guedé pour ton papier aseptisé. Il ne t’attirera aucun ennui dans sa lecture à chaud. C’est du « MASA IN » !

    Passons au « MASA OFF » oû tous les styles sont autorisés.

    LA GRANDE QUESTION DE TON ARTICLE

    « …Quand on écoute les interlocuteurs des deux stands, on est amené à se demander pourquoi la Côte d’Ivoire est toujours importatrice de riz. Elle qui bénéficie de tous les atouts pour produire en quantité industrielle et exporter le surplus. Les bonnes terres, les semences, la technologie chinoise en matière de machinisme agricole, des écoles d’agriculture et d’agronomie, des centres de recherche comme AfricaRice, l’Anader, le Cnra… »

    En Côte d’Ivoire comme ailleurs en Afrique il y a les « tribus » à la périphérie du pouvoir. Qui sont entretenues avec divers moyens dont les agréments et les quotas d’importations et d’exportation. Quand elles sont pressées et veulent du cash elles cèdent leurs agréments à des commerçants. Qu’ils soient libanais ou nationaux bon teint.

    Ces quotataires ne voudront jamais que la production locale soit suffisamment forte pour infléchir le prix face à des produits importés bas de gamme. Ce serait compromettre leurs moyens d’existence voire de survie tout simplement.

    Qui parle encore du scandale des 18.000 tonnes de riz avarié et de leur programme de destruction ? La fièvre a chuté et la vie continue…

    Qui a été radié ? Qui croupit en prison ?

    LA COURAGEUSE DÉCISION DU NIGERIA

    Depuis Le Nigeria avec sa mauvaise réputation de pays oû tout est possible, vient de fermer ses frontières terrestres aux camions de la sous région. Pourquoi cette décision vite perçue comme contraire à presque tous les accords de coopération ?

    Presque mais pas tous…

    Les quotataires de la sous région faisaient entrer massivement leur stocks excédentaires au Nigeria. Inondant le marché et cassant le prix des produits locaux notamment le riz !

    Une politique court-termiste pouvait s’en frotter les mains puisque le gouvernement perçoit des taxes d’entrée suffisamment gonflées pour combler un déficit budgétaire. Pas le Niger de Buhari. Et surtout celui d’un certain ancien Ministre de l’Agriculture et du Développement rural du nom de …Akinwumi Adesina !

    ADJOUMANI SUPER STAR ! ET POUR CAUSE !

    Akinwumi Adesina n’est pas un ancien tapeur de Wôyô. Il est connu comme un ancien haut de l’ADRAO devenu AFRICARICE.

    Il est également connu comme celui qui a révolutionné et fait renaître l’agriculture au Nigéria.

    Il y a exactement dix ans mourait l’agronome américain Norman Borlaug, prix Nobel de la paix pour ses travaux en agriculture qui ont évité des famines partout dans le monde. Le père de la révolution verte ! Lui qui était convaincu que  « la paix ne peut être bâtie avec des estomacs vides »…

    Norman dit on, supplia les africains de se mettre au travail pour réussir là oû l’Amérique latine et l’Asie ont atteint de records de production pour assurer leur sécurité alimentaire. Avant sa mort ! Olussegun Obassandjo était présent à cette rencontre. Les larmes aux yeux, il promit à l’astronome alors âgé de 92 ans qu’il se battrait au Nigéria pour y parvenir. Adessina sera commis à cette mission. Mission de tête pensante pour la survie du pays le plus peuplé d’Afrique.

    Quel temps avait alors le golden boy dz la Banque Africaine de Développement pour jouer les tapeurs de Woyo ? Quand on est responsable et plein de sa mission…

    Norman est décédé trois ans plus tard en 2009. Mais le Nigeria n’a pas perdu de vue le message du grand agronome. Malgré les différents changements de régime.

    Adessina n’est plus ministre au Nigéria. Il est chez nous. Saurons nous l’utiliser à bon escient ? Ou serons nous comme la cigales de La Fontaine pour chanter tout l’été et être surpris à la prochaine crise du riz dans le monde ? L’espoir est entre les mains de Gaoussou TOURÉ. Lui au moins ce n’est pas un ancien danseur de Goumbé.

    LA POLITIQUE D’ENCOURAGEMENT AVEC DES DONS DE MACHINES

    Bravo pour ce don de nouvelles machines aux braves agriculteurs triés soigneusement.

    Les limites de cette « politique » si on peut appeler cela de la politique agricole, je les ai évoquées dans un précédent message.
    Ici je me contenterai de poser la question
    « Que sont devenus les anciens lauréats de la Coupe Nationale du Progrès ? »

    Si certains ne sont plus de ce monde comme Yao Fils ou le chef Dan, père de Alfred Dan Moussa, il y en a qui croupissent dans des situations invraisemblables. Comme le plus emblematique d’entre eux : SANSAN KOUAO.

    Le planteur de Niablé réfugié dès les premières heures de la crise de 2011 est l’autre nom de la réussite agricole. Quelles que soient ses accointances supposées ou démontrées avec l’ancien pouvoir, son sort ne saurait nous laisser indifférent. C’est le fils prodige de l’agriculture ivoirienne.

    Son nom comme celui de Hien Solo, mériterait de figurer sur un stand. Ailleurs une rue porterait son nom.

    SANSAN aurait tout perdu y compris ses forêts ! SANSAN amoureux de la terre serait devenu agriculteur au Ghana. Pour assurer sa survie !

    Si notre Côte d’Ivoire est la fille de son agriculture, elle est donc la fille aînée des agriculteurs !

    Réhabiliter SANSAN KOUAO vous coûterait quoi ? Vous qui vous proclamez héritiers authentiques du Président BOIGNY. Lui on l’a vu ramener au pays un certain Emmanuel DIOULO sur vol Concorde alors que ce dernier avait fui le pays dans des conditions rocambolesques.

    Si Gbagbo vous fait tant peur parce qu’il peut être imprévisible une fois rentré au pays, peut on en dire autant de ce paysan qui a tout donné à ce pays, construisant des ponts là oû L’ÉTAT était défaillant ?

    Mon cher Guedé, tu peux donc le constater avec moi. Il y a encore à boire et à manger dans ce SARA ! Les sujets indépendants ne manquent pas !

    En tout état de cause, je suis assuré que le futur Président en 2021, fera du ministère de l’agriculture, un grand Ministère d’État. Avec de pleins pouvoirs et moins de vuvuzela voire de woyo.

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