Les dix années d’Ado au pouvoir vues depuis Dakar

Accession au pouvoir, en pleine crise, du président Ouattara

Le président Ouattara a accédé au pouvoir dans des circonstances tumultueuses et à l’issue d’une guerre civile meurtrière avec un bilan macabre de nombreuses victimes civiles et militaires. Une guerre civile avec ingérence étrangère, notamment l’implication de la communauté Internationale à travers les Nations unies. Cette crise, grave et regrettable, a laissé des stigmates profonds au sein de la nation ivoirienne. Et jusque-là elle divise la classe politique ivoirienne en deux camps antagoniques difficilement, réconciliables. Et le pays aussi, mais dans une certaine mesure bien moins. Une partie de la classe politique ivoirienne reste toujours amère, notamment le camp des vaincus qui n’a pas digéré la façon avec laquelle la crise a été règlée en définitive par la communauté internationale, entre vainqueurs et vaincus.

Il faut bien souligner que cette crise ivoirienne a impacté globalement et négativement sur la situation générale du pays dans tous les domaines donc, mis le pays dans un état de délabrement très grave tant au plan économique que social. La Côte d’Ivoire qui de fait, dans cette partie ouest de l’Afrique, était considérée par tout le monde, comme leader incontesté économiquement parlant, en raison de son potentiel économique florissant jusque-là, est traversée par une crise profonde. Alors, cette situation économique très favorable a été sérieusement endommagée par la guerre civile qui a mis complètement le pays à terre. En effet, ce rappel historique me parait important pour juger objectivement, les dix ans de pouvoir du président Alassane Ouattara.
Cela dit, il faut déduire de la décennie de pouvoir du président Ouattara, au moins deux consacrés à la reconstruction d’un pays complètement dévasté par une guerre civile. Donc, c’est un pays, en lambeaux avec ses désastres de guerre et ses conséquences incalculables, que le président Ouattara a hérité et devait faire renaître. Donc, c’est un pays à reconstruire qui est sorti de guerre avec ses séquelles de destructions dans bien des domaines. C’est par conséquent, un pays dans une situation extrêmement difficile qu’hérite le président Ouattara avec l’obligation de donner un résultat positif. Certes, la Côte d’Ivoire est, un pays très riche par rapport à beaucoup d’autres pays africains, par les importantes ressources naturelles qu’elle regorge, mais la crise subie en 2011, l’a durement frappée et y a laissé de graves stigmates et des séquelles.

LA RECONSTRUCTION DU PAYS, DANS UNE PAIX RELATIVE

Il est toujours très difficile de reconstruire un pays qui sort à peine d’une guerre. Mais devant un tel fait accompli, c’est une voie obligée pour un dirigeant qui s’y trouve. Il fallait donc, pour Ouattara ramener la paix définitive d’abord par l’arrêt des hostilités, ramener ensuite la paix dans le pays avant de la consolidation de la paix dans la sérénité. L’étape de pacification du pays et réconciliation des belligérants a été menée laborieusement et réussie en partie par le président Ouattara. Cela avec la contribution décisive des forces nouvelles de Guillaume Soro. Et à mesure la paix revenait à petits pas et offrait ainsi des conditions favorables de reconstruction du pays avec satisfaction. Alors, c’est cet effort soutenu qui a conduit au résultat satisfaisant de redressement de l’économie que connaît actuellement la Côte d’Ivoire sous le président Ouattara. Mais c’est bien en collaboration avec ses alliés dans cette difficile entreprise de remettre en marche un pays qui vient de sortir d’une guerre aussi dévastatrice.

Objectivement, les dix ans du président Ouattara au pouvoir ont été à la vérité un succès, il faut quand même le reconnaître. Oui, des efforts considérables ont été faits sous sa direction par son gouvernement pour sortir malgré tout, son pays de l’eau et de la situation de ni guerre ni paix. C’est dans cette situation très difficile que le président Ouattara a entrepris la reconstruction de la Côte d’Ivoire dans le calme et la sérénité par la relance de l’économie dans son sens le plus large. Tous ces travaux d’Hercule relatifs à la reprise de l’économie et sa remise en ordre se faisaient parallèlement avec la réconciliation nationale. Le Président s’est aussi surtout préoccupé pour le retour définitif des populations déplacées, sur leurs terres et localités, qu’elles avaient quittées du fait de la guerre et des représailles. Et en priorité Ouattara avait surtout mis l’accent sur le retour à la paix définitive. Cela afin de mettre en confiance les populations pour leur permettre de recommencer effectivement le travail de relance des activités économiques dans tout le pays. Le président A. Ouattara a déployé des efforts soutenus et les a même renforcés pour aller progressivement vers la fin de la situation, c’est-à-dire la sortie de la crise.

Le président Ouattara, au terme de son premier quinquennat marqué par le retour à la paix et la réalisation de quelques-uns des objectifs qu’il s’était assignés, s’est engagé pour la consolidation des acquis dans son second mandat. Hé oui, c’est effectivement au cours de son second mandat que l’on a constaté de manière palpable, le résultat des efforts, qu’il avait déployés depuis le début de son magistère. C’est ainsi que l’on a noté une reprise de la croissance économique qui était de 7,4% en 2018 et une projection de 7,7% pour 2019, dans l’accalmie et une paix relative dans le pays, même si celle-ci était encore fragile. Malgré tout cela, d’après les informations, la Côte d’Ivoire est toujours leader dans sa zone. En effet, ce résultat est confirmé par cette étude qui rapporte « avec, un taux de croissance à 7,4% en 2018, la Côte d’Ivoire a réalisé une performance parmi les plus élevées de l’union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA). Depuis quelques années, le pays poursuit sa dynamique de croissance ; plus rien ne l’arrête, au point qu’il est «envié par de nombreux pays».
En effet, à propos du président Alassane Dramane Ouattara certes, je ne le connais pas, mais je dois reconnaître sa constance dans sa position d’être un homme de droite dans l’opposition, mais aussi au pouvoir. Une position, qu’il assume et demeure contre vents et marées, mais avec un patriotisme incontestable pour son pays, la Côte d’Ivoire. Ensuite, sauf erreur de ma part, il ne s’est pas accaparé tout le pouvoir et toutes les richesses de son pays avec les siens. Il n’a pas non plus mis en prison ses opposants politiques au cours de ces deux mandats,en dehors de la crise de 2011. Cela est la preuve qu’il n’a pas triché avec son peuple en se présentant à lui sous une fausse identité idéologique.

Et je suis vraiment navré de constater que c’est tout le contraire avec certains hommes politiques africains qui dans l’opposition se proclament des militants de gauche, mais uniquement de façade. Ces gens-là, ils ne se proclament « fervents militants de gauche et révolutionnaires purs et durs, que lorsqu’ils sont dans l’opposition. Mais une fois, qu’ils accèdent au pouvoir, sont pareils ou même pires que cette droite réactionnaire apatride, dans leur comportement. Dans cet ordre d’idée, nous avons quelques exemples de ces fameux autoproclamés « de gauche révolutionnaire » au pouvoir. Ces vrais populistes et faux révolutionnaires n’osent pas le dire au pouvoir, mais ils se renient totalement pour devenir de sinistres dictateurs qui modifient et violent les constitutions pour demeurer au pouvoir le plus longtemps possible. Je vous cite pour illustrer cela quelques chefs d’État vivants tout près de nous, qui se sont illustrés dans le reniement de leurs engagements au pouvoir : Laurent Gbagbo, Alfa Condé, Abdoulaye Wade, Macky Sall, Kabila, Eyadema, Denis Sassou-Nguesso et j’en passe. C’est ainsi que, certains d’entre eux refusent l’application et violent la loi de la limitation des mandats, qui figure pourtant dans leurs constitutions, au prix d’une guerre civile, même si la constitution l’a bien stipulée de manière nette et claire.
Le développement d’un pays ne peut se réaliser que dans le cadre d’une paix, durable.

La Côte d’Ivoire sous le président Ouattara est une parfaite illustration qui confirme cette assertion. Celle-ci est en parfaite adéquation et la preuve formelle qu’un pays ne peut se construire et se développer que dans la paix durable. C’est ce que le président Ouattara a sûrement bien compris pour mettre tous ses efforts à la recherche à tout prix, de la paix dans son pays. C’est ainsi qu’il a réussi à assumer la lourde charge de ramener d’abord la paix dans son pays, le reconstruire dans les domaines : économique, social, sécuritaire, etc. et dans le même temps réussir aussi, la réconciliation nationale.
Un tel enseignement doit servir de leçon à tous les dirigeants du continent africain afin que la paix de leurs pays soit parmi les premières priorités. Il est fort très regrettable que les guerres et la violence en Afrique soient incontestablement une réalité malheureusement au sein du continent africain plus que partout ailleurs. Mais le plus grave qui plus est les guerres et les violences sont internes et se passent entre Africains d’un même pays ou de pays voisins. Autrement dit, le monde est en train de regarder les Africains s’entretuer et s’auto-éliminer à tout prix, rien que pour accéder au pouvoir ou alors y demeurer pour toujours.

Au total, j’ai fait la remarque que, les dirigeants de l’Afrique, notamment politique, sont incapables de comprendre que le progrès et le développement d’un pays ne peuvent se réaliser en l’absence de paix dans le pays. Oui, parce qu’ils sont antinomiques avec la violence en général. La preuve, jusque-là en tout cas, aucun pays n’a réussi à faire son développement au cours d’une guerre. J’ai fait une autre remarque fondamentale liée aussi, à la première et la confirme parfaitement. L’on constate que l’Afrique est, bien le continent le plus riche en toutes ressources naturelles, mais malgré cela le plus pauvre d’entre eux. Mais pour quelle raison alors ? À cause des guerres interminables, de l’esclavagisme, la conquête et l’exploitation coloniales des ressources du continent d’hier, mais aussi, celles qui sont internes, aujourd’hui.

Mandiaye Gaye

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Author: La Rédaction