Faut-il privatiser les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) en Côte d’Ivoire ? (opinion)

«L’inévitable privatisation des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) en Côte d’Ivoire » (opinion)

La privatisation des CHU ne doit pas effrayer l’opinion

En Côte d’Ivoire, dans le dernier trimestre l’année 1993, une réforme fut mise en œuvre par l’actuel Président, alors Premier Ministre. Les CHU étaient devenus des Etablissements Publics à caractère Industriel et Commercial (EPIC). Ainsi ils devaient assumer toutes leurs charges, y compris le personnel. Ils sortaient ainsi du porte-feuille comptable de l’Etat.

S’en était suivi une grève, car les directions n’arrivaient pas à faire face aux charges salariales du premier mois qui a suivi la réforme, ce qui était compréhensible au tout début d’une telle réforme. C’est dans ces circonstances qu’est intervenu le décès du Président Houphouët Boigny, en pleine grève des CHU. Le nouveau pouvoir soucieux d’obtenir la paix sociale, a rapidement annulé la réforme.

Pourtant elle était pertinente. Ayant désormais leur destin comptable entre leurs mains, les CHU auraient été contraints à une gestion différente. Ces établissements auraient été obligés de se préoccuper de la démarche qualité, ce qui n’a jamais été le cas. Les CHU auraient mis tout en œuvre pour effacer cette image de  » mouroir  » qui leur est associée.

En 2018, soit 25 ans après la première tentative, l’Etat ivoirien met de nouveau cette réforme sur la table parce qu’elle reste incontournable. La privatisation ou la transformation des CHU en EPIC est une option qui ne doit pas effrayer l’opinion. Elle se traduira par une amélioration de la qualité des soins, couplée à une orientation à la baisse des prix, contrairement à ce que l’on pense. Elle donnera aussi un coup d’accélérateur à l’ensemble des activités relevant du secteur de la santé.

Les vertus de la réforme : La bataille de l’image et de la qualité de service

En environnement concurrentiel, l’image fait partie intégrante du produit qui est proposé. L’opinion a toujours eu une image négative de nos CHU dans l’ensemble. Dans le cadre de cette réforme, progressivement va s’opérer une différenciation, les CHU n’auront pas la même image auprès de la population, ce qui va influer sur leur fréquentation et donc sur leur rentabilité.

Nos CHU seront inévitablement engagés dans une ‘’bataille de l’image’’ qui va se traduire par une course à la qualité de service et à l’innovation. Les CHU vont devoir se préoccuper de la démarche qualité pour améliorer leur image en vue de capter et fidéliser la clientèle, ce qui n’a jamais été le cas à ce jour.

Les injures du personnel, les malades qui dorment à même le sol, les accidentés laissés pour compte , les interminables examens , la vétusté des locaux, le délabrement des services, etc……..sont des éléments qui ont longtemps abîmé l’image des CHU, et qui sont amenés à disparaître dans le cadre de la bataille de l’image et de la qualité de service. Ce sont des changements que la population sera amenée à constater assez rapidement.

Efficacité et réduction des coûts dans nos CHU

Si la réforme est pleinement mise en œuvre, il va de facto s’instaurer une concurrence frontale entre les CHU, et une concurrence encore plus prononcée avec les structures privées. Dans un tel environnement, la course à la rentabilité se traduit d’abord par une course à la réduction des coûts. Les CHU seront dans l’obligation de s’organiser pour réduire leurs coûts afin d’être compétitifs.

Les dysfonctionnements tels que les disparitions des stocks de médicaments, des malades hospitalisés qui ne figurent pas dans les registres, les infirmiers qui reçoivent les paiements au détriment des caisses, l’absence du personnel au profit des cliniques, les malades qui sont dirigés vers ces cliniques, le désordre ambiant, la « guerre » entre les différents services …etc…etc…..seront traités par des dispositions d’organisation. L’exigence de rentabilité ne laissera pas d’autres choix aux directions des CHU que de prendre des mesures d’assainissement et d’efficacité. Chaque direction va jouer sa survie sur son organisation.

L’inquiétude sur les futurs prix

La question des prix est au centre des inquiétudes, ce qui est légitime. Beaucoup pensent que les tarifs vont croître si les CHU sont acculés à la rentabilité. Mais il faut savoir une chose, un environnement pleinement concurrentiel empêche toujours toute hausse unilatérale des prix, quel que soit le secteur d’activité. C’est sur la qualité, l’innovation et les coûts que jouent les acteurs.

Les CHU assurent une production marchande dans le cadre d’une mission de service public. Ils sont supposés pratiquer des prix subventionnés. Mais dans les faits, cela ne garantit pas toujours des tarifs « sociaux ».

Car les médecins prescrivent une liste interminable d’examens, de tests, et d’ordonnances, programment plusieurs interventions chirurgicales là où une seule suffit, prolongent indéfiniment les hospitalisations, tout est à leur appréciation. Au final le tarif n’a rien de « social ». Les prix se rapprochent de ceux des officines privées. Malgré cela nos CHU sont en déficit d’exploitation chronique. Qu’est-ce qui ne marche pas ? Faut-il continuellement les renflouer ? Ni l’Etat, ni les populations ne sortent gagnants de la situation actuelle. Pourquoi ne pas essayer une autre formule ? Pourquoi ne pas tenter la privatisation ?

Les CHU sont en situation de monopole, sur un marché en forte croissance, on a tendance à l’oublier. Ce sont les établissements qui reçoivent le plus de malades, et ont le plus de recettes. Cela leur garantit suffisamment de marges pour maintenir et même baisser les prix sans compromettre les résultats. Nos CHU s’adressent à la masse. Donc les prix ne pourront qu’être que des prix de masse, donc des prix bas.

Ainsi cette peur de la hausse des prix qui pourrait intervenir est injustifiée. C’est bien le contraire qui se produira, une amélioration de la qualité des soins et des prix orientés à la baisse. Si cela ne s’est pas produit à ce jour, c’est tout simplement du fait de ce problème de gouvernance propre aux établissements étatiques. La réforme doit corriger cet aspect. La privatisation reste et demeure une arme pleinement efficace contre la corruption.

L’impact des CHU sur l’économie ivoirienne

Avec leur taille, leur volume d’activité, les investissements qu’ils nécessitent, le volume du personnel, et les recettes qu’ils génèrent, les CHU sont des structures majeures autour desquelles gravite une galaxie de fournisseurs. Leur gigantisme est un élément devant leur permettre d’être des pools de croissance, des moteurs pour l’économie ivoirienne à l’instar de ce qui se passe au Maroc où un secteur de santé performant, imprime du mouvement à toute l’économie.

Cette prédiction ne se réalisera jamais en Côte d’Ivoire dans la configuration actuelle. Les CHU doivent sortir du portefeuille comptable de l’Etat, afin que la mue puisse s’opérer. Il ne faut pas voir les CHU seulement comme des hôpitaux, mais aussi et surtout comme des entreprises de grande taille, capables d’impulser une dynamique à toute l’économie.

D’ autre part, le secteur de la santé est très impacté par les nouvelles technologies. Cela suppose une réactivité dans l’acquisition des équipements. Dans nos CHU aujourd’hui, bien des équipements ne fonctionnent plus. Et cela n’émeut personne. Une situation qui ne pourra simplement pas se produire en cas d’exploitation privée, car cela signifierait à coup sûr une perte de clientèle.

Déléguer l’exploitation des CHU au privé : une démarche de bon sens qui reste incontournable

A l’instar de la PISAM, cette polyclinique de référence qui contracte régulièrement des emprunts obligataires importants pour financer son expansion, il n’y a pas de raison que les CHU, qui ont une activité et des recettes supérieures ne puissent faire de même. La réforme doit libérer les énergies et l’innovation.

Plus que jamais les CHU ont aujourd’hui la capacité de prendre leur destin comptable en main, faire face à toutes leurs charges (y compris le personnel), dégager des excédents et financer leur expansion à l’instar de la SOTRA, du BNETD, des Ports, de la RTI, de la Poste etc…..qui bien que propriété de l’Etat, sont devenus des structures autonomes et performantes dans un environnement hautement concurrentiel, cela sans s’appuyer sur l’Etat, sans qu’il n’y injecte le moindre sous.

D’ailleurs le nouveau CHU d’angré est sous un schéma d’exploitation différent de celui des trois autres. Toute une série de partenariats avec des structures privées assurent son fonctionnement. Le personnel a signé des ’’contrats de performance’’, ce qui signifie qu’il peut être libéré si les résultats ne sont pas atteints. Les différents chefs de service ne sont pas des universitaires mais des gestionnaires et des financiers venant du privé. Pour le futur CHU du quartier d’Abobo , il faudra aller encore plus loin.

D. Mountainé

oceanpremier4@gmail.com

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Author: La Rédaction

5 commentaires sur “Faut-il privatiser les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) en Côte d’Ivoire ? (opinion)

  1. BRILLANTE IDÉE…

    Je me souviens encore de la filière des administrateurs d’hôpitaux ouverte à l’ENA dans les années 93 et qui s’est transformée en école de… »marmailleurs »…

    De plus…il y a combien de CHU en CI ? Et sans être privé…ne sont-ils pas payant ?

    Il y a donc un problème de gestion qui devrait trouver sa solution dans…la privatisation…OK. Mais alors, ne risque-t-il pas d’avoir une rupture dans notre dispositif médical…pyramidal ? Ainsi…après le centre de santé urbain ou le centre hospitalier régional…le « client » n’aura d’autre choix que de se laisser…mourir ou de basculer…dans l’affairisme, dans le monde du business…

    Dans tout ça que deviendra la…CMU ?…Elle s’arrêtera où commencera les CHU ?

    Si ça peut aider nos dirigeants à se soigner dorénavant au pays…tant mieux pour eux. Mais de grâce…maintenant qu’il y a un répertoire des pauvres…réservez leur une exonération spéciale dans vos futurs CHU…

    Superbe trouvaille…

  2. LE REVERS DE LA MÉDAILLE
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    La réflexion est belle et les propositions alléchantes pour des CHU plus performants médicalement et surtout financièrement.

    Mais à l’heure où des critiques fusent de partout contre ou pour une RECHERCHE UNIVERSITAIRE ET SCIENTIFIQUE PLUS DYNAMIQUE, on pourrait se poser bien de questions sur le lien entre ces nouveaux CH…et le U qui était la 3ème composante du concept CHU.

    Où passerait le U ? Comment serait il couplé à ces CH ? Des Conventions ? Des contrats ?

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    Un centre hospitalier universitaire(CHU) est un hôpital lié à une université. Cet hôpital est soit un service de l’université, soit une entité distincte liée à cette dernière par une convention. Le CHU peut ainsi permettre la formation théorique et pratique des futurs professionnels médicaux, personnels paramédicauxet chercheurs en sciences de la santé.
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    À l’origine donc du projet CHU il y avait et il existe toujours cette dimension de liaison fonctionbelle avec une université.

    En Côte d’Ivoire c’est l’ex-université de Cote d’Ivoire qui etait adossée aux CHU dd Cocody (qui hébergeait la Faculté de médecine) et celui de Treichville qui accueillait les assistants et les étudiants après les premières années. La Cité Rouge bénéficiait de la logistique pour les loger et assurer leurs déplacements entre la Faculté et les hôpitaux.

    Cette connexion CHU et Faculté a rendu au demeurant très difficile la création de grandes Écoles de médecine privées en Afrique Subsaharienne. Le cahier de charges de la pratique sur le terrain était assez exigeant pour laisser de la place à l’amateurisme. Ainsi au Maroc qui est en avance sur nos pays pour son système de formation, on note l’existence d’un CHU privé à Casablanca, l’hôpital Cheikh Khalifa qui est adossé à l’université privé de médecine- Mohammed VI.

    Ma crainte de non sachant en la matière est qu’on arrive un jour à voir les universitaires quémander les stages et les interventions pratiques voire être obligés de payer les corps sans propriétaires pour faire les TP d’anatomie. Ou autre situation incongrue résultante d’un renversement de rapports de force au sein du Chu dans lequel le gestionnaire devient MAITRE DES LIEUX face à l’enseignant chercheur de la Faculté de Médecine.

    MAL NOMMER LES CHOSES, CHANGER LES NOMS DES CHOSES, DONNER AUX CHOSES DES FONCTIONS AUTRES QUE LES LEURS.
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     « Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde. » 

    La citation serait attribuée à Albert Camus. Mais elle serait de fait une citation apocryphe c’est à dire « une citation attribuée à une personne qui n’a pourtant jamais tenu les propos rapportés, ou alors les a exprimés sous une forme différente. Celle-ci n’est pas authentique où son origine est douteuse. ».

    Un penseur bien de chez nous, fils de Gbeuzra Zatri, dans la région de Soubré, le bien nommé LOGBO GNEZE affirme lui que «quand on connaît bien un homme, mieux vaut l’appeler par son nom ! ». Un homme ou une chose en vérité !

    Pourquoi vouloir tuer le concept de CHU ?
    En voulant améliorer une gestion calamiteuse (?) ne risquons nous pas de tomber de Charybde en Scylla ?

    Quel serait l’avenir de la Recherche universitaire en medecine ? Mieux celle de la formation de nos futurs médecins ? Avec cette transformation d’objectifs et de gestion qui nous conduirait des années en arrière ?

    Ne peut on pas appuyer les médecins associés en groupements de spécialistes pour bénéficier des garanties nécessaires pour ouvrir des cliniques comme PISAM devenue avec le temps et les moyens un plateau médical de référence ?

    Au lieu de vouloir privatiser ce qui est du domaine public avec une mission spécifique de service public…

    Si ce sont CERTAINS Professeurs de Médecine qui tuent les CHU pourquoi cette incapacité à les sanctionner ? Faute de le faire, on laisse la mauvaise graine pourrir l’institution CHU qui a démontré son utilité sociale !

    Oû nous mènera ce libéralisme débridé ? Combien de personnes peuvent s’offrir des soins à la PISAM parmi les ivoiriens lambda ?

    Déjà que les démocraties illibérales étouffent les sociétés occidentales qui ont tenté certaines aventures d’apprentis sorciers politiques.

    ======= RAPPEL HISTORIQUE =====

    Le CHU de Treichville a ouvert ses portes en 1938 en tant qu’hôpital annexe à l’hôpital central du Plateau, premier hôpital de Côte d’Ivoire. Il acquiert son autonomie financière et administrative par rapport à l’hôpital central en 1953. Avec l’ouverture d’une école de médecine, il devient le Centre Hospitalier Universitaire Provisoire d’Abidjan en 1966. Et en 1970 avec la création du Centre Hospitalier et Universitaire de Cocody et la faculté de médecine d’Abidjan, il devient le Centre Hospitalier et Universitaire d’Abidjan..

    ===== source Wikipedia ======

    for2020wara@yahoo.com

  3. ENFIN…

    Une contribution apolitique…qui montre les limites du « libéralisme débridé » et de la prédation…

    Comparaison n’est pas raison…mais l’hôpital Mère-Enfant est une piste de partenariat public-privé…qui a une gestion privée…Une structure sanitaire à l’image de la PISAM n’est pas non plus à exclure…sous forme de Société Anonyme…avec participation de l’État…

    Il y a juste à améliorer…la gestion de nos CHU en responsabilisant le personnel qui y travaille…par des règles strictes qui s’appliquent à tous…

  4. Le système de santé incluant les CHU, est sous financé depuis belle lurette (voir les différents budgets pour comprendre la sant
    .

  5. DES REGLES STRICTES APPLIQUEES (ET NON SEULEMENT APPLICABLES) A TOUT LE MONDE
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    En ce mois béni du Ramadan, toutes nos prières deférentes pour nos morts qui n’auront plus l’occasion de se repentir et de procéder aux actes sociaux UTILES qui nous rapprochent les uns des autres. Car malgré nos statuts sociaux, nous sommes tous, aux dires de tous les livres saints, descendants d’Adama et de Awa.

    Nous souhaitons aussi très prompt rétablissement à tous les malades qu’ils soient dans des hôpitaux publics comme les CHU ou les formations sanitaires privées comme la PISAM.

    Je pense à mon pote Ibrahim le bien nommé. RIP Ibrahima. Je ne viendrai pas ici faire un cours sur la place d’Abraham (Ibrahim) dans les livres et la pensée religieuse des religions révélées. Le prophète Ibrahim (PSL) appelé à juste Khalil Allah c’est à dire, l’ami intime de Dieu !

    Mon pote Ibrahim gagnait bien sa vie au CCF (Centre Culturel Français) du Plateau devenu avec la réforme l’Institut français de Côte d’Ivoire. Gagnait- il vraiment BIEN sa vie ? Peut être pas. Mais il est certain qu’il y avait moins d’emmerdes, lui le fils chéri d’un défunt tirailleur « sénégalais ». Il broutait un peu là où il était attaché mais sans grande conséquence véritablement sur le fonctionnement du CCF. Un peu de spectateurs introduits par une porte dérobée au CCF pendant un concert ou un spectacle du KOTEBA de feu Souleymane KOLY (RIP) qui y prestait régulièrement. Quelques jetons encaissés aussi à l’occasion avec les abidjanais qui désiraient se reposer à la pause de midi dans la salle climatisée du Complexe et assister gratuitement aux répétitions du groupe dominant de KOTEBA avec ses acteurs émérites feu Gondo, Mamie Foutou, Ancien, Rokiya Koné, Niama Kanté, Maaté Keïta, Awa Sangho, les célèbres Go du KOTEBA etc. Waramba quel spectacle, quelle chorégraphie !

    La destin frappera à la porte d’Ibrahim quand par l’entremise d’un généreux client du CCF, il eut vent d’un recrutement dans une clinique internationale en cours de constitution dans des locaux flambants neufs avec de grands professionnels de renom. Il fut retenu parmi les vigiles de la clinique au nom si généreux Sainte Anne Marie !

    Ibrahim devint très vite dans son attecoubé un petit privilégié aux yeux de tous. Lui qui était devenu au propre comme au figuré un petit Khalil Allah (Ami de Dieu et ami des dieux).

    Tout basculera quand la copine d’brahim (appelons la ELEONORE) tomba malade. Un peu de fièvre et des maux de tête, sans plus, jurera plus tard Ibrahim. Spontanément il la conduisit dans LEUR clinique. ELO fut bien traité. Très bien traité. Mais par la base d’un malheureux quiproquo. Ibrahim croyait qu’on lui rendait un petit service jusqu’à ce que la note des frais des soins lui parvienne sous plu fermé. Avec proposition de payer dans les 7 jours ou de se faire prélever sur trois mois étant donné le montant qui dépassait largement son traitement mensuel.

    Ibrahim prit l’enveloppe mais ne revint plus au travail… Il retourna au CCF où disait-il les gens sont un peu HUMAINS ! Gondo Tokpa Pierre (Au nom du Christ) le truculent GONDO voulut mettre en scène cette désillusion ! Ibrahim refusa catégoriquement arguant que « ces gens là sont capables de le retrouver dans son coin et de réclamer leur jeton ! Jusque dans la tombe… »

    La mésaventure d’Ibrahima est très instructive. Beaucoup de nos concitoyens croient qu’ils doivent « brouter là où ils sont attachés ». Y compris dans nos hôpitaux. Au détriment des clients. La compagnie africaine Air Afrique (salut Traoré !) en fit les frais. Des compétences techniques avérées mais une gestion très clientéliste avec des abus incroyables.

    Il faut saluer la rigueur de la PISAM dès ses premières heures. Les IBRAHIMA de bonne foi auraient laissé des ardoises parfois élevées qui auraient plombé l’avenir du projet.

    L’EXEMPLE DE L’HÔPITAL PRINCIPAL DE DAKAR
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    On peut réussir une gestion publique avec de la rigueur !

    L’hôpital Principal du Sénégal que j’ai pu visiter à une certaine époque, est le fleuron des hôpitaux publics sénégalais. Géré par l’armée c’est une réussite indéniable.

    « …L’Hôpital principal de Dakar (HPD) situé à Dakar dans l’ arrondissement de Dakar-Plateau, est un établissement public de santé à statut spécial ouvert au service public, il constitue selon sa devise un hôpital de référence en perpétuelle mutation. Hôpital colonial à l’origine, puis hôpital militaire français, il est depuis 1971, hôpital d’instruction des armées du Sénégal sous la tutelle des Forces armées…. ».

    Mais…L’exemple est il exportable ? L’armée ivoirienne manifestement n’est pas l’armée sénégalaise ! C’est le moins qu’on puisse dire. Et tous nos médecins militaires qui y ont fait un passage ne me démentiront pas ! Je n’en dirai pas plus.

    L’IMPOSSIBLE REFORME AU BÉNIN –
    L’HÉRITAGE DE LA DOCTRINE MARXISTE-LÉNINISTE – LE VETO DES VODOUN
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    Au Pays du vaudou (ou vodou, ou vodoun, ou encore voodoo) à l’occasion d’une mission noys avions évoqué un pan de réforme intégrant un.projet similaire à celui présenté ici. La réponse des partenaires sociaux fut intransigeante !

    « ..Le Bénin PATRIE africaine du Marxisme Léninisme ne saurait s’agenouiller devant le Capital International doublé d’une cinquième colonne tapie dans l’ombre chez nous et qui veut s’accaparer des acquis des années de lutte et de la révolution populaire, socialiste et marxiste.

    C’est un choix de Notre Doctrine politique. Un choix assumé par notre peuple de ne pas asservir la classe du Prolétariat. Et cette acception repose sur l’accord plein et entier des gardiens de Notre société, les Vodoun à qui nous nous référérons dans cette bataille qui exige l’utilisation de toutes les armes reçues de nos valeureux ancêtres… »

    Ne me demandez pas la suite de la mission….

    Le Bénin n’est pas le seul dans cette réticence. Les choses deviendront certainement plus aisées si EN AMONT les grandes réformes administratives aboutissent. C’est toujours délicat de commencer par des domaines de service public sensibles. Et personne de sensé à mon humble avis, ne saurait comparer le BNETD ou la SOTRA à…UN CHU !

    Sur cette forte différentiation à opérer dans ce domaine, mon ami le Ministre KAHE ERIC VICTOR KPLOHOUROU premier ministre ivoirien à prendre véritablement en charge toutes les dimensions de La Réforme Administrative (après les expériences embryonnaires des Hubert Oulaye, Bamba Mamadou alias Thèses d’Avril de Lénine etc) partagerait amplement mon avis. Pardon lisez bien « premier ministre ivoirien à .. » et « premier ministre » tout court ne signifient pas la même chose.

    Le chantier est énorme et coûteux ! Encore que réforme et modernisation peuvent signifier des pratiques et des approches différentes.

    LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE
    EN CÔTE D’IVOIRE
    Politiques de réforme de la fonction publique
    (1957-2015) est à ce sujet un bon ouvrage de Yeo que je vous recommande.

    L’APRES CORONAVIRUS
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    Le Coronavirus a démontré la faiblesse des fondements de nos choix de société. Et la réflexion fait son chemin de pays en pays. Aucune limite n’est imposée dans cette revue de nos référents sociétaux. Il s’agit d’appréhender avec courage les limites des modèles adoptés jusqu’à aujourd’hui. La course vers la performance économique et financière sans garde fou fait justement partie des points très critiqués aujourd’hui. Cette « Rat Race » (pour parler comme Bob Marley le visionnaire) ne soyons pas assoiffés au milieu de la rivière ! Par appât du gain ! Par cupidité et voracité incurables.

    En France, Agnès Buzyn l’ex ministre de la Santé, fait partie des politiques ayant cassé l’hôpital public ! Malgré tous ses démentis !

    Il faut sortir de cette crise par le haut. Et pour TRES LONGTEMPS !

    FANTA GBÊ AU COEUR D’OR
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    Je m’en voudrais de ne pas saluer le mérite reconnu par @Koffi Maurice au projet très abouti de l’Hôpital de référence Mère Enfant de Bingerville. Ce projet qui inspire aujourd’hui tant de pays et de premières dames habituées ça et là à distribuer des pileuses de manioc ou de maïs, des machines à coudre ou des enveloppes sans lendemain.

    FANTA GBÊ prends mon gbô !

    C’est aussi une opportunité pour encourager à sa juste mesure Madame BEDIÉ pour son hôpital d’hémodialyse et de transplantation de rein, un rêve qui dure depuis 1996 ! Ce rêve qui une fous achevé offrira à notre pays et à la sous région, un centre de référence de transplantation et SURTOUT de formation, cette dimension assumée par les CHU aujourd’hui.

    Tout le mérite de Fanta GBÊ est énorme pour réussir en si PEU DE TEMPS avec son opiniâtreté habituelle à FAIRE ABOUTIR SON REVE.

    Bravo LA FEMME ! Quand Femme veut, Dieu veut !

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