Quand le déconfinement soulève le défi sanitaire, économique et politique

Le mois de mai 2020 est crucial dans notre monde aujourd’hui. De nombreux pays, dont les peuples sont relativement fatigués du confinement, s’organisent ou se projettent dans le « déconfinement ». Les raisons sont multiples, mais les enjeux dépassent également les décisions de tel ou tel pays. La globalisation des échanges entre les nations est devenue aussi celle de la pandémie du covid-19.

La situation du monde, avec sa population de 7,783 milliards d’humains et face à la violence brutale du covid-19, reste très complexe. Au soir du 9 mai 2020, le monde enregistrait 4,097 millions de personnes infectées par le coronavirus covid-19. Étant une somme des résultats des tests effectués par chaque pays de la planète, il ne peut qu’être une indication et non une réalité. La raison principale étant qu’à de très rares pays près, tel la Corée du Sud ou Taïwan, les pouvoirs politiques et sanitaires des pays n’ont pas testé TOUS les habitants pour avoir un résultat proche de la réalité mondiale. Les taux de tests sont donc très largement au-dessous de 1% de la population. On se contente alors de mesurer les progressions tous les trois jours dans chaque pays de notre Panel100. C’est une indication sur la propagation relative du covid-19 au sein de la population.

Ensuite, les cas de guérisons interpellent les politiques sanitaire publiques et les capacités médicales des États. Sur les 4,097 millions de cas testés positifs au covid-19 à la date du 9 mai 2020, il apparaît que 1,432 million en ont été guéris, soit une moyenne mondiale de 35% de guérisons. Chaque pays peut ainsi se comparer à cette référence mondiale. Par ailleurs, l’on a enregistré à la même date 280.162 décès dus au covid-19. Le monde a donc déjà dépassé le demi-million de mort de cette pandémie. Le monde connaît alors une mortalité de 36 personnes pour un million de ses habitants. Ce n’est qu’une moyenne mondiale, puisque les pays assiégés par ce virus dépassent très largement ce chiffre. Ainsi, les pays Occidentaux enregistrent des résultats les plus élevés du monde : 740 pour la Belgique, 566 pour l’Espagne, 503 pour l’Italie, 465 pour le Royaume-Uni, 392 pour la France, 319 pour la Suède, 316 pour les Pays-Bas, 293 pour l’Irlande, 241 pour les États-Unis et 211 pour la Suisse, s’agissant des principaux pays relativement frappés par la violence du covd-19 dans notre Panel100 et dans le monde.

Aussi, dans notre Panel100, des 100 pays répartis dans tous les continents depuis mars 2020, nous enregistrons 3.969.662 cas de contaminations déclarés positifs, soit 97% du total mondial. De même, nous observons des cas de 1.390.390 guérisons, représentant également 97% des guérisons du covid-19 dans le monde. Néanmoins, la surreprésentation des pays occidentaux, plus particulièrement attaqué par ce virus nous apporte une surreprésentation de la mortalité. Le nombre de 278.144 décès enregistrés dans les pays du Panel100 représente 99% de la mortalité mondiale. Au sein des nations occidentales, les 27 pays de l’Union européenne et le Royaume-Uni totalisent 146.614 décès du covid-19, soit 53% de la mortalité au sein du Panel100 et 52% du monde. De même, au sein de ces 27 pays, on constate que quatorze d’entre eux ont déjà dépassé le nombre de 500 morts du virus (Royaume-Uni, Italie, Espagne, France, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Suède, Irlande, Portugal, Roumanie, Pologne, Autriche, Danemark). Ils totalisent 144.970 décès du covid-19, soit 99% de l’ensemble des 27 pays de l’Union européenne et le Royaume-Uni et un poids d’environ 52% des morts de ce virus dans le monde. Il apparaît une très importante disproportion telle que moins de 8% de la population mondiale concentrent 52% de la mortalité du covid-19. C’est un résultat qui interroge sur les modes de vie des populations, les concentrations humaines dans des agglomérations, les politiques publiques sanitaires et la résistance face aux pandémies. Les indicateurs que nous avons retenus renseignent sur la propagation du virus (progression des contaminations), sur les capacités à traiter et soigner les malades (progression des guérisons) et la dynamique de la mortalité au sein des personnes contaminées (évolution de la mortalité). A ces indicateurs, nous avons associé le suivi de l’impact de la mortalité sur la population globale d’un pays (morts pour un million d’habitants) et les capacités de guérisons compte tenu du « stock » des malades actuels et d’autres qui pourraient s’y adjoindre après le déconfinement (taux de guérisons par rapport aux contaminations). Ce dernier taux suggère que le pays doit être capable de soigner les malades actuels et faire face à d’autres infections en cours de progression. Aussi, les pays qui s’organisent pour le déconfinement s’exposent à trois grands défis : sanitaire, économique et politique.

Sur le plan sanitaire, les situations variées appellent des analyses spécifiques à chaque cas. Néanmoins, les points communs se rejoignent. Pendant plus de cinquante jours de confinement, les malades souffrant des pathologies lourdes ont été priés d’attendre la libération des lits d’hôpitaux réquisitionnés pour recevoir les malades du covid-19. Les fortes tensions dans la réanimation, le suivi attentif des malades de ce virus, les soins particuliers que requièrent l’attention contre la contamination au covid-19 et le cas particulier de chaque patient dans les hôpitaux, les urgences à traiter rapidement les malades de plus en plus nombreux, tous ces bouleversements n’étaient pas compatibles avec la médecine régulière et le temps habituellement consacré aux malades de longue durée. Suivis par leurs médecins traitants qui se partagent entre les hôpitaux pour participer à la lutte contre le covid-19 et la pratique en cabinet, certains ont pu connaître la détérioration de leurs conditions de santé. Ce sont des personnes fragiles qui sont en première ligne pour contracter le virus du covid-19 s’ils sortent du confinement. Ensuite, confinés pendant une très longue période, nos corps ont été mis à l’abri des agressions virales et bactériennes habituelles. Ils n’ont donc pas lutté avec nos anticorps. Serons-nous tous capables de vaincre le covid-19 en sortant de notre « cachette » du confinement ? Enfin, la propagation qui produit de nouveaux cas testés positifs au coronavirus se poursuit. En cette première semaine de mai 2020, de nombreux pays ont connu le regain de progression des contaminations sans que les capacités de traitement ne s’améliorent. Il se pose une question cruciale aux dirigeants : faut-il « déconfiner » toute la population et en même temps, dans l’incertitude de la propagation des contaminations du virus et ses conséquences sur la maladie, en plus du regain de la mortalité ? Doit-on se réserver la possibilité de « reconfiner » tout ou partie du pays si la mortalité brutale reprend ? Comment s’assurer que tous les habitants ont facilement et rapidement accès aux masques efficaces, au gel ou la solution hydroalcoolique, aux soins en cas de besoins ? Comment organiser partout la circulation des personnes en respectant les distances minimales de distanciation physique ?

Sur le plan économique, l’outil de production non stratégique pour les nations et les activités régulières d’accroissement de la richesse nationale ont été mis à l’arrêt. Certaines entreprises ne pourront pas se relever des faillites par défaut de clients, d’autres devront vivre à la limite de flottaison pendant plusieurs mois, voire quelques années, et enfin d’autres devront se délester d’une partie de leurs personnels. Le chômage total ou partiel ne pourra pas longtemps rester à la charge des budgets publics, car ceux-ci ont aussi besoin d’être régulièrement alimentés par les actifs, par la consommation, les cotisations, la part des impôts et taxes, et les investissements privés. Mais, comme l’activité a été longtemps à l’arrêt et que de nombreux acteurs économiques ne retrouveront ni le travail, ni le revenu pour leur part de contribution au budget de la nation, celui-ci sera en souffrance. Ou plus exactement, les États devront emprunter pour faire face à la demande sociale. Mais, qui dit emprunter, dit également alourdir la dette publique et la charge des intérêts, et donc la demande à des citoyens pour participer au remboursement de cette dette. Mais que faire si les revenus des citoyens diminuent ? Faire payer les plus riches pour régler la facture de la péréquation de l’intervention sociale publique et le fonctionnement régulier de l’État, tout en maintenant l’investissement public et les interventions régulières pour soutenir l’activité économique en difficulté ? En effet, la France, comme de nombreux pays industrialisés, va affronter la panne sévère de plusieurs moteurs de l’économie. Cela est vrai pour tous les pays qui auront fait le choix du confinement total de plusieurs semaines.

Sur le plan politique enfin, comment les finances publiques devenues exsangues pourront-elles cohabiter avec l’ambition d’assainir la gestion publique ? Qui va se serrer la ceinture ? Ne devrait-on pas revoir les institutions et élaguer les fonctions non indispensables au bon fonctionnement de la nation ? La France a-t-elle besoin de plus de 30 ministres, avec plusieurs dizaines de membres dans chaque cabinet ministériel ? Le Parlement de 925 membres pour 67 millions d’habitants n’est-il pas pléthorique quand on sait que les collectivités locales ont également leurs parlements : les conseillers communaux et communautaires pour les communes, les conseillers départementaux et les conseillers régionaux ? L’on peut même remettre en cause le coût de la représentativité du Parlement européen, dès lors que tous les pays membres de l’Union européenne paient un lourd tribut dans la mortalité au covid-19 et la chute des économies liée au confinement. L’Union européenne peut-elle survivre en l’état aux égoïsmes nationaux observés pendant la crise sanitaire ? Les nationalismes et le populisme ne vont-ils pas se réveiller ? Les règlements de comptes politiques ne vont-ils pas polluer le débat démocratique et la recherche sereine des responsabilités dans les dysfonctionnements constatés au cours de cette inédite crise sanitaire ? Le coût politique du covid-19 en Europe et dans les grandes démocraties éprouvées se mesurera aux résultats des prochaines élections et imposera des choix aux dirigeants. Il y aura des remaniements ministériels dans les pays où la gestion de la crise sanitaire n’a pas été exemplaire. Mais, ce sera souvent tout le fonctionnement de la chaîne de décision et la levée des zones d’ombre qu’il faudra revisiter. Les risques politiques peuvent très rapidement bouleverser les paysages nationaux.

A la veille du déconfinement en France, en Espagne, en Australie et en Italie, l’accélération en Allemagne et en Autriche, des interrogations fortes en Belgique, et l’accroissement des manifestations anti-confinement aux États-Unis, comment se portent les indicateurs que nous suivons depuis le milieu du mois de mars, et calculés tous les trois jours. Il s’agit de la progression des contaminations, la dynamique des guérisons et l’évolution de mortalité. Nous présentons aux lecteurs des graphiques et des tableaux de résultats. Les tableaux ont été enrichis de deux autres indicateurs de relativisation de l’impact de la pandémie par rapport à la population. Il s’agit du taux des guérisons par rapport aux contaminations (guérisons x100/contaminations) et de la mortalité ramenée à un million d’habitants de chaque pays en 2020.

Le tableaux suivants indiquent des situations toujours très variées et en pleine évolution selon les pays, mais une forte concentration de la mortalité se retrouve principalement dans les pays occidentaux. La dernière colonne indique le nombre de morts du covid-19 pour un million d’habitants, alors que l’avant-dernière colonne suggère le taux de guérisons sur les personnes contaminées. La moyenne mondiale est de 35%. Certains pays occidentaux se retrouve sous cette moyenne : la France (32%), la Belgique (25%), la Suède (19%), les États-Unis (17%). D’autres sont largement en tête, telles que l’Allemagne (84%), la Suisse (86%), l’Autriche (88%) ou la Corée du Sud (88%).


Tableau des 50 pays du Panel100 dont le nombre de morts du covid-19 est supérieur à 150 au 9 mai 2020. Dans ces pays, on trouve vingt-deux pays dont le nombre de décès est supérieur à 1000, parmi lesquels douze pays affichent plus de 100 décès pour un million d’habitants. Dans ces derniers pays, la Belgique plafonne à 740 décès pour un million d’habitants, l’Espagne connaît 566 décès, l’Italie affiche 503, le Royaume-Uni compte 465 et la France est à 392, alors que l’Allemagne enregistre 90 et l’Autriche en signale 68, au sein de la même Union européenne. Les États-Unis affichent le plus grand nombre de 79.926 morts du covid-19, mais cela représente 241 décès pour un million d’habitants. Quant au taux de guérisons, la Suisse, l’Autriche, l’Allemagne et la Corée du Sud atteignent plus 82% de ce taux, alors que la France (32%), l’Italie (47%) et la Belgique (25%) n’atteignent même pas 50% de taux de guérisons. Le tableau pourrait, à quelques égards, servir de comparatif des politiques publiques vis-à-vis de la lutte contre la propagation du coronavirus covid-19.

Tableau des 50 pays du Panel100 dont le nombre de morts reste bien inférieur à 150 au 9 mai 2020. Un seul pays de ce panel100 atteint 161 morts pour un million d’habitants dans cette partie de ce panel, c’est le petit pays du Duché du Luxembourg (625.980 habitants). Le Rwanda connaît une progression des contaminations (280 au 9 mai 2020), mais enregistre d’importants efforts malgré sa forte densité de peuplement et ses ressources très limitées pour soigner les malades. Il atteint 50% de taux de guérisons, au-dessus de la moyenne mondiale. Il n’a pas encore enregistré de décès du covid-19 sur son territoire.

Les autres pays africains connaissent également une forte progression du coronavirus covid-19 avec des situations variées de succès dans la bataille contre cette pandémie. L’Afrique du Nord connaît la dureté de la pandémie comme les pays européens : l’Algérie (5.558 cas positifs testés, 494 décès et 46% de guérisons), le Maroc (5.910 cas positifs, 186 décès et 42% de guérisons). L’Égypte (8.964 cas positifs, 514 décès avant l’Algérie) enregistre un faible taux de guérisons de 22% alors que l’Afrique du Sud, avec 186 décès n’en est encore qu’à 52% de taux de guérisons. L’Afrique subsaharienne pourrait détenir ses propres solutions de lutte efficace contre le covid-19, sans attendre le secours improbables extérieurs. D’autres pays présentent des situations étonnamment bonnes pour être crédibles : la Mauritanie ne comptabilise que 8 cas positifs, bordée par le Maroc (5.910 cas), l’Algérie (5.558 cas), le Mali (692 cas) et le Sénégal (1.634 cas positifs). L’on sait que le virus ne respecte pas les frontières géographiques. Le Lesotho n’a pas encore enregistré de cas de covid-19, au milieu du pays le plus infecté d’Afrique, l’Afrique du Sud (9.420 cas). Enfin, les Îles Comores déclarent 11 cas, à côté de Mayotte qui déplore 11 décès sur 988 cas de personnes testées positives. Pour les autres, nous ne pouvons que nous réjouir de la régularité des remontées des données sur l’état du covid-19. Ce n’est pas seulement une demande de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), mais également un moyen de communiquer avec les autres nations, le peuple et les diasporas et les autres peuples du monde à travers les données harmonisées.

L’Afrique subsaharienne connaît une mortalité relative encore faible de moins de 10 décès pour un million d’habitants, à l’exception des îles Sao Tome et Principe, un pays très pauvre de 219.150 habitants (l’équivalent d’une petite ville) qui a déjà enregistré trois décès, l’Algérie densément touché par le virus et le département français de Mayotte où la pandémie est en forte progression avec une mortalité élevée relativement à sa modeste population de 272.815 habitants. La Réunion et Mayotte sont des départements français dans l’Océan Indien, mais proches de Madagascar et des Comores en Afrique, avec lesquels ils échangent. Enfin, ces îles pourraient bénéficier du traitement développé par Madagascar sur la base de l’artemisia (si la France le valide pour ses habitants de ce pays).

Le défi souvent lancé à l’Afrique, c’est de prouver des capacités à tester un plus grand nombre d’habitants. En effet, un échantillon de tests très faible ne donne pas des indications fiables sur le niveau des risques potentiels des populations. Néanmoins, le covid-19 est principalement une infection mortelle pour les personnes fragiles (supportant d’autres pathologies lourdes, atteintes d’autres maladies graves) et des urbains évoluant dans le confort et qui ont perdu le sens de l’effort physique. Les habitants des territoires ruraux africains présentent un avantage de connaître divers virus et bactéries contre lesquels ils se battent très régulièrement. Les corps produisent constamment des anticorps pour se défendre. Si le covid-19 est un virus naturel, les corps l’élimineront. S’il est renforcé par les génomes étrangers, tel que celui du VIH comme le suggère le Pr Luc Montagnier (Prix Nobel de médecine), il faudra des traitements. La formule de l’artémisia, issu de l’Institut malgache de recherche appliquée (IMRA), de Madagascar, et l’apivirine, une combinaison d’un anti-rétroviral et d’un antibiotique, développée par le Dr Valentin Agon au Bénin, pourraient répondre aux besoins des Africains, en attendant d’autres traitements en cours d’élaboration. Le tableau précédent indique, pays par pays et selon les Communauté économiques régionales (CER) sur le continent africain, la situation face au covid-19. Il appartient à tous les Africains, du continent et des diasporas, d’insister auprès de leurs dirigeants pour relever les défis sanitaires et économiques. Le temps est venu, pour que les Africains apprennent à se prendre en charge, sans tendre la main mendiante vers les puissances extérieures. Celles-ci font face à leurs propres difficultés, et elles sont immenses. Aussi, les pays africains pourraient comparer leur taux de guérison des malades par rapport à la moyenne mondiale. En Afrique arabo-musulmane, les taux de guérisons inférieurs à la moyenne de 35% se trouvent en Égypte (22%) et au Soudant (10%). En Afrique Occidentale, sept sur les quinze pays n’ont pas encore atteint 35% de guérisons ; ils sont trois sur onze en Afrique Orientale. L’Afrique Australe compte encore quatre sur ses treize pays au-dessous de la moyenne mondiale des guérisons, alors que l’Afrique Centrale est toujours en retard. Elle joue en contreperformance avec sept pays sur huit encore sous la moyenne mondiale de 35% des guérisons. Les enjeux de l’Afrique peuvent se résumer en six piliers : la paix et la sécurité sur les territoires ; l’éducation de la jeunesse actuelle ; la sécurité alimentaire, sanitaire et environnementale ; le développement et l’entretien des infrastructures et des moyens de communication ; l’accès à l’énergie pour tous les habitants ; et l’industrialisation pour créer de la valeur ajoutée aux productions agricoles, minières et énergétiques, tout en développant l’emploi local et le revenu autonome. L’autonomie économique et politique commence par la décolonisation mentale des peuples et la rage de défendre leur dignité au milieu des autres nations du monde. Pour comprendre les enjeux en Afrique, nous proposons cette lecture :

Pour le reste du monde et parmi les grandes nations industrialisées, les graphiques suivants éclairent sur les résultats atteints selon les politiques choisies par les dirigeants dans la lutte contre la propagation du coronavirus. D’un côté : la France, l’Italie, l’Espagne et la Belgique. De l’autre : l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse.

Sur ces graphiques, on constate que le 3 mai 2020, l’évolution des décès était supérieure à celle des contaminations et celle des guérisons en France. C’est un élément singulier français. Aujourd’hui, les contaminations dominent les guérisons, même si la mortalité baisse tendanciellement. A la veille du déconfinement du 11 mai 2020, la situation demeure donc instable. En Italie et en Espagne, les débuts jusqu’au 25 avril 2020 ont été très laborieux, avec les progressions des contaminations plus fortes que celles des guérisons. Depuis cette date, les évolutions prennent la bonne direction des fortes guérisons par rapport aux contaminations, et donc le résultat se répercute sur la diminution globale de la mortalité. Néanmoins, la progression des contaminations reprend. En Belgique, les contaminations diminuent, mais les guérisons ont très largement faibli. En conséquence, la chute des guérisons se répercute sur la hausse de la mortalité, telle que l’on peut l’observer au soir du 6 mai 2020. Et au 9 mai, la progression des contaminations remonte fortement. La situation n’est donc pas encore maîtrisée. Dans ces quatre pays, les autorités devront rester extrêmement prudentes pendant le déconfinement progressif qui pourrait relancer de fortes progressions des contaminations, sans moyens conséquents de traitement de masse pour accroître les guérisons. Ils pourraient alors retrouver la montée brutale de la maladie, les tensions dans les lits de réanimations à l’hôpital et la reprise de la forte mortalité. Et ce risque reste très élevé.

Dans ces trois pays, dès les début d’avril 2020, la stratégie aura été de combattre la progression du virus en réduisant sa propagation, et d’accroître les efforts de traitement des malades. Aussi, la mortalité a été relativement maitrisée, comme l’on peut le voir également sur le tableau des résultats au 9 mai 2020. Il reste néanmoins encore un important ’stock’ de malades dont il conviendra de suivre l’éventuelle progression de la maladie en Allemagne, notamment après le confinement total qu’il serait souhaitable de repousser dans le temps.

Trois pays vivent des situations singulières, et qui requièrent une attention des lecteurs. Ce sont les puissances rivales de l’Europe et de la Chine dans le monde : les États-Unis, la Turquie et la Russie. Le virus s’y est durement installé après les pays d’Europe Occidentale. Les progressions des contaminations et des guérisons résultent des choix politiques des dirigeants qui pouvaient bénéficier des expériences vécues dans les pays qui les ont précédés dans la lutte et la gestion de cette violente pandémie.

Après une lutte contre la progression des contaminations jusqu’au 24 avril, la Turquie a réussi l’inversion entre les contaminations et les guérisons. Les efforts semblent porter de bons résultats, car le pays maintient la maîtrise de la mortalité par des efforts dans les guérisons des personnes contaminées. Néanmoins, la chute des guérisons pourrait devenir plus forte que celle des contaminations. Les États-Unis ont commencé à s’attaquer tardivement à la propagation du virus ; la mortalité reste alors très fluctuante. Elle est très importante, et elle remonte à nouveau depuis le 3 mai 2020. La Russie connaît réellement le virus au début du mois d’avril, alors que la France, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et l’Espagne étaient déjà en période de confinement total. Les fortes progressions des contaminations vont continuer de nourrir celle de la mortalité, à moins de capitaliser très rapidement sur le traitement efficace des malades et le confinement pour ralentir la propagation du virus. Dans tous les pays frappés par la pandémie du covid-19, c’est le choix politique qui détermine la suite pour affronter et réussir le défi sanitaire, économique et politique.

La vie et la santé sont nos capitaux les plus précieux et non négociables, pour nous, pour tous nos proches et pour tous ceux que nous portons dans nos cœurs. Protégeons-les !

Emmanuel Nkunzumwami
Écrivain – Essayiste
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Source: Nouvelle-dynamique.org

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Publié par La Rédaction