Côte-d’Ivoire: Camara Maimouna dit « la Guêpe », encore un autre travail d’amateur

Pr Lacina Coulibaly, Ph.D.
Professeur titulaire des universités au Canada

Mon analyse à la suite de la publication sur Facebook de la vidéo de La Guêpe à l’état civil Camara Maimouna

 

Le mercredi 13 mai 2020, encore une fois, une énième personne parmi nos compatriotes a bien voulu s’illustrer comme d’habitude par un nouveau Buzz sur les réseaux sociaux en publiant sur sa page Facebook une vidéo de son enquête tendant à démontrer que la visioconférence montrant les échanges entre le Président Alassane Ouattara et le Premier ministre Gon Coulibaly le mardi 12 mai 2020 était un grotesque montage.

 

Ce que je retiens après avoir regardé cette vidéo de la Guêpe sur Facebook, ses différents appels dans ces hôpitaux parisiens (Pitié Salpêtrière situé 47-83, boulevard de l’Hôpital dans le 13ᵉ arrondissement de Paris et la clinique Bizet située 23 Rue Georges Bizet dans le 16ᵉ arrondissement de Paris également), visaient à prouver que l’entretien par visioconférence du Président Alassane Ouattara et le Premier ministre Gon Coulibaly qui s’est déroulé le mardi 12 mai 2020 était un fallacieux montage savamment orchestré.

 

Pour la Guêpe, le PM est en convalescence à la clinique Bizet et ne pouvait par conséquence, tenir cet entretien par visioconférence avec le Président de la république. Ok, pas de panique !

 

Analysons les faits avec lucidité en mettant de côté les émotions qui inhibent toute analyse intelligible. Un fait peut être fort concevable, il n’est intelligible que quand on peut le ramener sur la table de la vérité avec des preuves tangibles.

 

Être en convalescence ne veut pas dire que le PM n’était pas en mesure de faire cette visioconférence du 12 mai dernier de son lieu de repos pour sa récupération. Si donc les appels de la Guêpe visaient à démontrer qu’il y a eu un montage vidéo mensonger, il va de soi qu’elle est encore une amatrice en journalisme d’investigation !

 

En effet, tout bon enquêteur serait allé plus loin dans ses investigations afin de prouver sans aucun doute raisonnable que le PM était alité (cloué dans son lit d’hôpital) le jour de la visioconférence, et donc incapable de porter son costume avec une belle cravate, avoir son beau sourire légendaire qu’on lui connait, et, de surcroît tenir une conversation lucide d’une dizaine de minutes avec le Président de la république sur l’état de sa santé, les affaires gouvernementales courantes et même d’aborder la situation du déconfinement qui a eu lieu dans les villes et régions à l’intérieur du pays et de lever le voile sur le déconfinement d’Abidjan prévu pour le 15 mai.

 

Je tiens à souligner le fait que bon nombre de personnes disant mener des enquêtes ne savent pas en réalité la complexité de ce travail d’investigation. Maîtriser l’art d’une enquête n’est pas à la portée de simple cyberactiviste comme madame Maimouna Camara alias La Guêpe. « L’enquête, c’est ce qui fait la crédibilité d’un journal », affirme Antoine Robitaille, chef du bureau parlementaire au Journal de Montréal. Et si l’enquête reste importante, c’est « qu’il y a tellement de fake news maintenant que cela prend des gens qui prennent du recul, qui mettent un éclairage différent [sur les événements] », affirme Isabelle Hachey, journaliste d’investigation au journal La Presse.

Ainsi, non contente de sa forfaiture illustrée à travers une démonstration boiteuse, son usurpation de titre en se faisant passer pour un membre de la famille du PM Gon Coulibaly, la Guêpe (Maimouna Camara) a fait montre d’un manque flagrant de respect à l’égard de la personne du Président Alassane Ouattara à travers un chapelet d’injures en le traitant de voyou, bandit, hors la loi, un vendeur d’illusion…

 

Il faut comprendre que les attaques sur les réseaux sociaux par des cyberactivistes de tout bord deviennent de plus en plus alarmantes malgré les mises en garde récurrentes du procureur de la république Richard Adou visant à informer et sensibiliser ceux-ci sur l’usage des bonnes pratiques sur internet, mais aussi les aider à améliorer leur modération. Il faut avoir en mémoire ces propos du procureur Adou « Tout n’est pas permis sur les réseaux sociaux. Internet n’est pas une zone de non droit. En Côte d’Ivoire, il est régi par des lois. Et en cas de manquement, l’on est passible de poursuites judiciaires (…) ».

 

Rappelons également que les diffamations sont punies par la loi en Côte d’Ivoire selon l’Article 60 : « Est puni d’un an à 5 ans d’emprisonnement et de 5 millions à 10 millions de francs CFA d’amende, le fait pour toute personne de proférer ou d’émettre toute expression outrageante, tout terme de mépris ou toute invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait, par le biais d’un système d’information ».

 

Au sens de la présente loi, on entend par : Cybercriminalité, l’ensemble des infractions pénales qui se commettent au moyen ou sur réseau de télécommunication ou un système d’information (Internet, réseaux sociaux…).

 

Nous assistons avec les réseaux sociaux, à l’avènement d’un phénomène nouveau, qui prend de l’ampleur disproportionné connu sous le terme FAKE NEWS (de l’anglais), en français fausses nouvelles, informations fallacieuses, fausses informations, intox. Les fake news sont véhiculés par une pléthore de faux prophètes, d’individus mal intentionnés et sans vergognes, souvent très peu éduqués pour ne pas dire sans un savoir-faire et un savoir être…

 

On peut qualifier certains cyberactivistes de trolls, un jargon pour caractériser un individu ou un comportement qui vise à générer des polémiques sur les réseaux sociaux. « Ainsi, on désigne sous le néologisme troller, le fait de créer artificiellement une controverse qui focalise l’attention, aux dépens des échanges et de l’équilibre habituel de la communauté ».

 

Rappeler-vous que suite à la publication de la visioconférence le 12 mai dernier, un certain Demousson Ismael Téhé avait également publié sur son mur Facebook un message libellé comme suit : « Quand le RHDP fait une mauvaise communication qui tombe dans le ridicule ». Dans son post, il mentionnait qu’il s’agissait d’une vieille visioconférence qui avait eu lieu lorsque le PM Gon Coulibaly était en quarantaine à Grand Bassam.

Il continue son argumentaire en franchissant le rubicon dans le déni total en ces termes : «…Souvenez-vous de la vidéoconférence que le président avait eu avec le premier ministre au début de la crise sanitaire, quand il est allé se confiner à Grand-Bassam. Eh bien, c’est bien cette image qui a été ressuscitée afin de blaguer un peu leurs militants. Ne vous laissez pas avoir par cette image. Que ça fait pitié, je ris seulement. Oulala… ».

 

Que Diantre… Encore une fois un travail d’amateur, un fake news, si non que dire ! En écoutant attentivement la vidéo des échanges entre le Président Alassane Ouattara et le Premier ministre Gon Coulibaly datant du mardi 12 mai 2020, il est évident que les sujets abordés étaient récents et en phase avec l’actualité du moment. Il ne pouvait donc pas s’agir d’un ancien entretien datant de la période de confinement du PM, ou encore moins sorti de nulle part. En effet, le Premier Ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, a repris ses activités professionnelles, le lundi 6 avril 2020 à la Primature, après la fin de son auto-confinement, décidé le 24 mars dernier, après avoir été en contact avec une personne testée positive au Coronavirus (Covid-19) (Source Abidjan.net :  https://news.abidjan.net/h/671191.html). Il s’est rendu à Paris (en France) le samedi 02 mai 2020 pour des raisons médicales. L’information a été livrée dans un communiqué de la Présidence de la République rendu public dans la soirée de ce même samedi. « Le Premier Ministre Amadou GON COULIBALY s’est rendu à Paris (France), ce samedi 02 mai 2020, pour un contrôle médical. Son intérim est assuré par Monsieur Hamed BAKAYOKO, Ministre d’Etat, Ministre de la de la Défense », annonce le communiqué signé du ministre Secrétaire général de la Présidence, Patrick Achi.

 

Le 12 mai dernier, le Président de la république a pris le soin de rassurer les ivoiriens en partageant volontiers avec eux, les nouvelles de son Premier Ministre Amadou GON COULIBALY qui se porte bien selon les dires du concerner lui-même. Il se repose pour une bonne récupération avant de rejoindre son pays. Nous sommes tous des humains, pas des super machines (Mighty Machines), qui même finissent par lâcher. La faiblesse est un fait inaliénable de de notre existence, notre humanité. «…l’Homme a été créé faible » Sourate An-Nissa verset 28 (Le Saint Corant).

 

Je termine mes propos par cette citation du grand reporter Gérard Davet, qui a eu recours au datajournalisme lors de son enquête sur le dossier Swiss Leaks, « un journaliste digne de ce nom doit incarner ses articles, ce qu’un robot ne pourra jamais faire ». J’ajouterais ce qu’un cyberactiviste amateur ne pourra jamais faire.

Restons vigilants et ensemble, évitons la répétition d’une seconde tragédie meurtrière à notre pays la Côte d’Ivoire.

 

 

 

Pr Lacina Coulibaly, Ph.D.

Professeur titulaire des universités au Canada

 

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Author: La Rédaction

1 commentaire sur “Côte-d’Ivoire: Camara Maimouna dit « la Guêpe », encore un autre travail d’amateur

  1. Ouiiiii, monsieur PHD, le travail de La Guêpe relève de l’amateurisme, tout comme son niveau de langue qui laisse franchement à désirer. En revanche, son culot et son obstination ont fini par révéler la manipulation grotesque en cours : j’avais moi-même très vite remarqué le caractère non anodin de la tenue de Ouattara, la même qu’il arborait le jour où il a eu cet autre entretien avec son PM « confiné à domicile à Abidjan ». D’autres internautes ont aussi décortiqué la flagrance du montage, avec des coupure bien à propos, et des différences flagrantes d’arrière-plans désignant le lieu d’où est censé se tenir la fameuse visioconférence. Monsieur PHD, soyons patients : La Guêpe dit réserver la suite de son investigation pour une prochaine publication donc on verra bien. Et je gage que les trous dans lesquels vous vous précipitez seront comblés. Sans oublier que nous pourrions tous voir d’ici peu un PM ragaillardi et tout guilleret, en train de descendre d’un avion en provenance de Paris. Pour l’heure, personne de sérieux ne peut exclure une quelconque hypothèse, allant dans un quelconque sens.

    Pour ce qui est de la prolifération des cyber-activistes avec son corollaire de fake news, je rappelle :
    – Quand les médias publiques sont confisqués par un clan qui ne laisse émettre qu’un seul et unique son de cloche ;
    – Quand un pouvoir ment de façon compulsive sur des sujets, même banals ;
    – Quand la presse libre est acculée et astreinte à alimenter la rubrique des chiens écrasés, par peur du gourdin de l’autorité.
    Que reste-t-il comme alternative à une population qui a soif d’informations et de sons discordants ? Quel canal reste-t-il à l’opposition pour exprimer son droit de penser différemment ? Vous comprenez aisément donc que c’est le pouvoir en place qui a poussé sa population vers l’internet, en dépit de tous les risques l’y attendant dont les fake news ne sont pas les pires représentants. Qui crache là-haut,… vous connaissez la suite.

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