Souveraineté et patriotisme en Côte d’Ivoire: Du changement des mentalités à une alternative salutaire

Par Claude Koudou

En 2010, la Côte d’Ivoire a connu des élections présidentielles sans que les conditions d’un scrutin transparent et paisible soient réalisées. Nous connaissons la suite. En fait, il n’y a que dans les « pays sous-développés » qu’on peut donner des armes à un camp pour lui demander de déstabiliser son pays. Alors, la notion de souverainisme et du patriotisme qui met en avant les intérêts d’un peuple, est mise sous cloche et l’on voit une propagande haineuse sans fin déliter un pays comme la Côte d’Ivoire naguère « Havre de paix ». Dans une interview datée d’hier (19 juillet 2020) à TV5, lorsque la journaliste faisant allusion à la réconciliation nationale, sensée réunir « les enfants d’Houphouët » interroge Adama Bictogo sur l’état du chantier afférent, ce dernier rue dans les brancards. Soit Adama Bictogo n’a pas compris que la journaliste, dans son interrogation, parlait de tous les Ivoiriens comme enfants d’Houphouët puisque ce dernier est « le père de l’indépendance » formelle, soit il a compris et estime que seuls les adhérents du RHDP sont des enfants d’Houphouët et exclut alors des Ivoiriens – d’ailleurs la majorité – quand bien même lui-même voudrait dénoncer une « catégorisation ».

La Côte d’Ivoire, seul pays dans le monde à héberger plus de 33 % d’étrangers sur son sol connaît les travers d’une hospitalité débonnaire. Les enfants du pays devraient raser les murs parce qu’une certaine race de politique intolérante, est intrue dans le pays. Nous constatons que des fils du pays sont condamnés, avec la complicité d’une justice aux ordres à vingt ans de prison pour qu’ils soient tenus loin du pays et à l’écart du scrutin. Même quand la Cour pénale internationale dont la procureure a choisi de stigmatiser et d’accabler un camp, acquitte Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, il se trouve des ennemis du droit pour nier une justice rendue.

Par ailleurs, alors qu’Alassane Dramane Ouattara a déclaré ne pas être candidat aux élections présidentielles de 2020, conformément à la constitution – dixit Cissé Bacongo (article 183) : « Non la nouvelle Constitution est claire… » -, il se trouve là aussi des journalistes surtout français pour nous expliquer par des artifices que Ouattara est irremplaçable. NON On dit NON,

Y EN A MARRE !

De la logique du « boubou » à la pathologie de dénégations endémiques

Il y a eu prise d’armes en septembre 2002 pour tuer et défigurer la Côte d’Ivoire parce qu’on interdirait à des gens de « porter des boubous ». Les tenants de cette thèse sont même allés jusqu’à qualifier Laurent Gbagbo de dictateur et Ouattara de démocrate. Ceux-là connaissant aujourd’hui le retour du bâton, affirment maintenant tout le contraire. En fait, il n’y a que dans les pays appelés « République bananière » qu’on peut dresser des citoyens contre les intérêts de leur patrie. NON On dit NON, Y EN A MARRE ! Le pouvoir RDR aujourd’hui dans l’habit du RHDP voudrait construire un Etat moderne sans respect de lois, avec une corruption à grande échelle et une violence politique érigées en mode de gouvernance pour la jouissance d’un clan, au détriment des acquis de la bataille de la souveraineté et du patriotisme.

La triche et le banditisme au sommet de l’Etat devraient être cultivés impunément toute honte bue, selon les propagandistes du RHDP.

De l’atonie de l’opposition avec une logique des bien-pensants

Alors que le danger est là, il y a des arrogants et des faux-assureurs qui soutiendraient qu’il n’y aura pas d’élections parce que les conditions ne sont pas réunies. Effectivement, les conditions ne sont pas réunies pour des élections transparentes, crédibles, inclusives et apaisées. La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples vient encore d’enfoncer le clou. Cependant, nous devons partager qu’une chose est de brandir la légalité et de dénoncer le déni de démocratie par Ouattara mais une autre est de ne pas le laisser avancer et aller vers l’organisation d’élections pour un passage en force. Les bien-pensants estimaient hier que l’armée française ne pouvait pas aller jusqu’à prendre Laurent Gbagbo dans sa résidence. Laquelle est, il est vrai, un symbole de souveraineté. Et on a vu ce qu’on a vu. NON On dit NON, Y EN A MARRE ! Un proverbe dit que « lorsqu’on a été mordu par un serpent, on court même quand on voit un ver de terre. » Mais l’opposition ivoirienne est toujours dans son angélisme. Les bien-pensants qui ont toujours des solutions qui se sont révélées être des somnifères à l’expérience, Y en a marre !

Du changement des mentalités à une alternative politique en Côte d’Ivoire

Dans le pays, toutes les valeurs sont combattues par les tenants du pouvoir : drogue ; trafic dans les concours ; favoritisme dans l’administration ; gabegie ; promotion de l’obscurantisme et des falsifications en tout genre. Un changement des mentalités doit s’opérer pour intégrer qu’un pays moderne ne se construit pas avec la médiocrité et le déni des normes. Les acteurs politiques doivent comprendre que les deniers qu’ils gèrent ou qu’ils voudraient gérer, appartiennent au peuple. Dans l’intérêt de ce dernier, il convient de changer radicalement de paradigme pour afficher l’excellence comme repère. A l’évidence, la promotion de la violence et de la haine, en consolidant l’achat des armes pour intimider l’adversaire doivent être d’une culture à laisser au passé.

NON On dit NON, Y EN A MARRE !

La Côte d’Ivoire n’a pas besoin d’une alternance aujourd’hui. Les faits démontrent que durant des décennies, après la disparition du président Houphouët, les élections n’ont rien réglé. Il est plutôt bienséant que chaque Ivoirien(ne) comprenne que c’est une alternative qui sera salutaire pour le peuple.

En conclusion, tout le monde doit regarder les réalités ivoiriennes en face. Le retour de la paix et d’une vraie stabilité passe par la mise autour d’une table de toutes les filles et de tous les fils du pays. Tant que certains voudront gruger d’autres pour faire un passage en force, il sera difficile que le pays recouvre la réconciliation et une paix viable. Pour une alternative salutaire, il faut :

Une commission électorale véritablement indépendante. Celle-là doit échapper au contrôle des politiques. Nous avons encore en mémoire l’exemple de Honoré Guié qui montre que des acteurs de la société civile crédibles et indépendants existent dans ce pays ;
Une Constituante censée installer des institutions fortes qui permettent l’organisation d’élections à la loyale ; …

Les questions du découpage électoral et de toutes les autres dispositions qui peuvent ramener la confiance mutuelle doivent être mises sur la table. Mais provoquer l’avènement d’une alternative salutaire sous-tend la création d’un rapport de force politique dans le pays. Il y a toujours des possibilités à contraindre un dictateur à sortir de sa bulle et à se résoudre aux réalités vécues par le peuple. Cela passe par un large rassemblement de tous les patriotes de tous bords. C’est pourquoi nous pensons que tout le monde doit changer de mentalités et se concentrer dans un premier temps sur la contradiction principale. C’est mon point de vue.

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Author: La Rédaction

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