La rengaine habituelle en Côte-d’Ivoire: Face à face TV Guikahué, Assoa Adou, Bictogo, Adjoumani

Par Connectionivoirienne

Et le ciel ne s’est pas effondré

Une fois n’est pas coutume, la télévision nationale de service public, la Rti a organisé un débat télévisé entre les cadors de la scène politique ivoirienne issus des principaux partis, Pdci, Rhdp et Fpi. Quatre invités qui constituaient en réalité deux paires de par les alliances politiques en présence sur l’échiquier ivoirien. D’un côté Bictogo et Adjoumani et de l’autre le duo Guikahué, Assoa Adou.

Le débat portait sur les sujets du moment tels que l’audit de la liste électorale, l’exclusion de Laurent Gbagbo de cette liste, la candidature d’Alassane Ouattara et bien d’autres questions secondaires. Pour le moins que l’on puisse dire, c’est que les échanges ont été âpres par moment, chacun donnant les arguments selon sa ligne politique mais la télévision nationale aura eu le mérite de mettre face à face ceux qui jusque-là s’envoyaient des piques par médias interposés et évitaient de s’affronter sur un même ring. C’est maintenant chose faite et le ciel ne s’est pas effondré malgré les gros nuages qui s’étaient amoncelés, les nuages de la méfiance, de la division et du pourrissement de la situation politique.

Il y a eu quelques soubresauts à la fin du débat entre des jeunes du Rhdp et ceux du Pdci venus accompagnés leurs champions mais on oubliera cet aspect très vite et on ne retiendra que ce qui s’est passé sur le plateau. Sur le Plateau c’est un Kakou Guikahué des grands jours que l’on a écouté avec ses dossiers en béton pour démonter si on peut le dire ainsi, ‘’les combines’’ du parti au pouvoir sur le processus électoral. De la fraude en préparation, il en a parlé en versant au dossier l’audit réalisé par les experts informaticiens du Pdci sur la liste électorale remise au parti. Des cas de doublons, des erreurs grossières sur les âges, les multiples inscriptions… En face, il y a eu du répondant avec Adama Bictogo, directeur exécutif du Rhdp et le ministre Kobénan Adjoumani, porte-parole du Rhdp qui ont tenté de minimiser ce que Kakou Guikahué qualifie de fraude. Eux, préfèrent parler d’erreurs, insignifiantes pour entacher la fiabilité du fichier électoral selon les termes de M. Adjoumani. On retiendra ici que les deux parties n’ont pu se mettre d’accord sur l’audit de la liste électorale proposée comme solution pour mettre les candidats à l’élection présidentielle en confiance. Les envoyés du pouvoir renvoyant leurs interlocuteurs au contentieux électoral qui s’est déjà refermé après une semaine.


Sur les autres sujets, c’est la rengaine habituelle. Le président Ouattara qui a droit à un troisième mandat selon ses supporters. Une violation de la constitution selon ses détracteurs de l’opposition. Sur ce sujet, il n’y a vraiment pas eu d’avancée, chacun étant resté figé sur ses certitudes.

Le thème qui semble avoir ému les débateurs est l’affaire Gbagbo qui, bien qu’acquitté, fait face à des obstacles artificiels quant à sa volonté de rentrer dans son pays. Là-dessus Assoa Adou a marqué les esprits en rappelant la grande magnanimité de son mentor quand il était au pouvoir. Gbagbo ne bénéficie pas d’un retour de l’ascenseur, selon Assoa Adou alors qu’il avait accordé tous les privilèges à ses opposants. Bictogo et Adjoumani ont fait la moue sur l’offensive d’Assoa Adou déclarant que ce sont des questions dans lesquelles ils ne voudraient pas aller plus loin car ne relevant pas de leur compétence.

Bref, ce débat qui sort un peu de l’ordinaire a rehaussé hier, l’audimat de la Rti que beaucoup de téléspectateurs du bouquet canal ou de la Tnt boudent ces dernières années à cause de sa trop forte propagande en faveur du pouvoir. Ses différents supports notamment Rti mobile, ont explosé. Une façon de dire que les ivoiriens et tous ceux qui regardent la Côte d’Ivoire de l’extérieur en redemandent. Les acteurs politiques peuvent entretenir la divergence, voire la perversité mais quand ils se donnent l’occasion de se parler, cela détend quelque peu l’atmosphère. Hier, dans les afterworks, ils se sont salués en frères, en amis de longue date que la politique a séparés depuis des lustres. N’eut été le petit incident entre la responsable de la communication du président Bédié et le ministre Adjoumani, qui 48 heures avant avait maladroitement traité Djénébou Zongo sur le plateau de la Nci, on aurait noté 10 sur 10 cette première grande exclusivité de l’ère Ouattara.

SD à Abidjan

sdebailly@yahoo.fr

Author: La Rédaction

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