EDS appelle à « des manifestations » suite au rejet de la candidature de Gbagbo en Côte-d’Ivoire

Anselme BLAGNON

La plateforme de l’opposition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) qui dénonce une « forfaiture du Conseil Constitutionnel », après le rejet de la candidature de l’ex-chef d’Etat ivoirien Laurent Gbagbo à la présidentielle du 31 octobre, a appelé mercredi à Abidjan, » à la mobilisation » de ses militants pour « faire barrage à la dictature », du président sortant Alassane Ouattara.

« EDS lance un appel pressant à la mobilisation des militants (…) du peuple de Côte d’Ivoire pour faire barrage à la forfaiture, à la dictature de M. Ouattara et à se mettre en ordre de bataille pour des manifestations, conformément à la Constitution, afin d’accélérer l’avènement d’un Etat de droit, par des élections justes, régulières, démocratiques, transparentes et inclusives », a invité le président Armand Ouegnin, face à la presse.

Lundi soir, la Cour constitutionnelle a rendu public la liste définitive des candidats retenus à la présidentielle, lors d’une audience publique.

Sur les 44 dossiers réceptionnés par l’institution, seuls ceux de l’actuel président qui brigue un 3 e mandat, du patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) Henri Konan Bédié, du chef du Front populaire ivoirien (FPI) Pascal Affi N’ guessan et de l’ancien député Bertin Kouadio Konan, ont été validés.

La juridiction a invalidé les dossiers de candidatures de Laurent Gbagbo et de l’ancien président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro (exilé en France), en raison de leur radiation de la liste électorale, après une condamnation à 20 ans de prison par la justice ivoirienne dans différentes affaires.

« EDS condamne et dénonce cette forfaiture du Conseil Constitutionnel qui, de toute évidence, a accepté de se faire instrumentaliser par les dirigeants actuels, au mépris du principe sacro-saint de la séparation du pouvoir », a réagi M. Ouégnin.


La plateforme « s’indigne » de la validation de la candidature d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat, alors que « la Constitution le lui interdit », pointant la « violation flagrante de tous les principes de droit constitutionnel et tout particulièrement des articles 55 et 183 de la Constitution de 2016. »

Poursuivant, Armand Ouegnin a soutenu qu’EDS « n’accepte pas et n’acceptera jamais que le régime Ouattara enferme le peuple ivoirien dans une dictature où seule la volonté du despote fait office de loi. »

Le groupement de soutien à l’ex-président Gbagbo déclare qu’elle « entend se donner les moyens légaux et démocratiques pour ne pas laisser » l’actuel chef de l’Etat « brûler » la Côte d’Ivoire « qui n’aspire qu’à la réconciliation, à la justice sociale, au développement et à la paix.

En Côte d’Ivoire, la mesure de suspension des manifestations sur la voie publique, qui s’achevait le 15 septembre, a été prorogée jusqu’au 30 septembre, a annoncé le gouvernement.

Reconnu non-coupable de crimes contre l’humanité commis au cours des violences post-électorales ivoiriennes de 2010-2011 par la Cour pénale internationale (CPI), Gbagbo est en liberté conditionnelle à Bruxelles en attendant un éventuel procès en appel.

Alerte info/Connectionivoirienne.net

Author: La Rédaction

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