Du boycott et de la politique de la chaise vide et des crises de 95 à 2020 avec Ouattara, Bédié et Gbagbo en maîtres du jeu

Le Président Bédié et le Pdci doivent vite décider de leur retrait ou non de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 , sinon le nom du candidat Bédié et sa photo seront sur les bulletins uniques, et il y aura des ivoiriens et des ivoiriennes pour le voter avec peut-être 5% des voix…Tout comme surprise : Bédié pas candidat pourrait contraindre Alassane Ouattara à un deuxième tour …..

Si la chute du Rhdp n’intervient pas maintenant, ni dans les semaines à venir suite à la stratégie à mettre en place par l’opposition ( pressions diplomatiques et politiques, pressions de rue , pressions psychologiques, et autres actions plus ou moins légales ), c’est parti pour 1 an à 5 ans de boycott des institutions par le Pdci et alliés après le Fpi, qui le fait depuis bientôt dix ans.

Il y’a aussi une reprise possible du dialogue politique après le 31 octobre 2020, si le Président Ouattara et le Rhdp passent le cap du 31 octobre 2020 sans trop de grabuge, malgré tout. En ce moment chacun aura un peu vu de quoi il est capable , ou de quoi il n’est pas capable.

En cas d’un boycott de longue durée avec la chute du Rhdp qui n’intervient pas rapidement malgré la pression de l’opposition, la question est de savoir si les députés , les cadres du Pdci suivront cette position de boycott après la présidentielle , et s’ils n’iront pas en indépendants comme d’autres cadres du Fpi, ou s’il n’y aura pas une autre rupture dans le Pdci de Bédié comme les pro Affi dans le Fpi .

Les décisions qui seront prises maintenant vont fortement impacter l’avenir…. Il faut les prendre froidement…., et savoir que l’adversaire s’est assis pour réfléchir à plusieurs options, et qu’il détient plusieurs cartes….De part et d’autres….

Peut-on croire que le fait que Bédié , Soro et d’autres rejoignent les Gors dans le boycott ( avec ou sans Affi et Kkb ), donnera des résultats plus efficaces que la stratégie du boycott des Gors , ou pro Gbagbo de 2011 à maintenant ?

Bien entendu ce sont les conséquences de ces boycotts et exclusions, ou les absences des uns et autres à partir de la disparition du vieux , qui ont en 95 ( jusqu’au coup d’état de 1999), en 2000 ( jusqu’à l’attaque du 19 septembre 2002 ), conduit à des crises en Côte d’Ivoire !

Toutefois la crise de 2010, n’était pas une crise d’exclusion ! Elle a été plutôt une crise d’un excès d’inclusion avec les candidatures comme celle de Adama Dahico.

Et chaque fois, les choses ont mis du temps avant de se « gâter » : de 95 à 99 il a fallu quatre ans pour faire tomber le Président Bédié , de 2000 à 2002, il a fallu deux ans pour réussir un coup d’état avorté contre Laurent Gbagbo …, puis en 2010-2011, Laurent Gbagbo a tenu quatre mois.

Question : combien de temps tiendra le Rhdp , jusqu’à la victoire de l’opposition par tous les moyens !

Le Président Ouattara et le Rhdp qui semblent avoir plus d’atouts que n’en avait Laurent Gbagbo, tomberont-ils moins difficilement que l’ex Président qui avait tenu quatre mois jusqu’au 11 avril 2011 ?

Le Président Laurent Gbagbo avait face à lui une rébellion contrôlant une partie du territoire – avec des armes même à Abidjan au Golf.

TEL N’EST PAS LE CAS AUJOURD HUI

La communauté internationale s’était très vite braquée contre Laurent Gbagbo –

TEL N’EST PAS ENCORE LE CAS AUJOURD’HUI ….

Laurent Gbagbo avait des cadres de ses adversaires politiques dans le gouvernement ! Il avait une Cei de sortie de crise ….

TEL N’EST PAS LE CAS ACTUELLEMENT.


MALGRÉ TOUT , IL NE FAUT EXCLURE QUE LE RHDP SOIT ISOLÉ COMME L’A ÉTÉ LAURENT GBAGBO SANS QUE CELUI-CI NE LÂCHE QUOI QUE CE SOIT, NONOBSTANT LES DÉFECTIONS OU DOUBLE JEU DE GÉNÉRAUX COMME MANGOU ET AUTRES.

FINALEMENT OUATTARA NE S’EST-IL PAS MIS DANS UNE POSTURE DE SE « GBAGBOÏSER » OU DE FAIRE COMME GBAGBO A FAIT

QUELLE IRONIE DE L’HISTOIRE AVEC CETTE « GBAGBOÏSATION » * OU *GBAGBOTISATION ( en clin d’œil à Arafat DJ ) OU QUEL HOMMAGE INDIRECT À UN ADVERSAIRE AVEC NOTAMMENT LA POSTURE SOUVERAINISTE ADOPTÉE AU SUJET DE LA CONFIANCE EN NOS INSTITUTIONS FACE À CEUX QUI PENSENT QUE LES DÉCISIONS VIENNENT DE PARIS OU NEW YORK ? ON AURAIT CRU ENTENDRE PARLER LAURENT GBAGBO… ???

En fait personne ne peut imaginer la fin du film de ce qui est en train de se passer , dont Dieu sait pourtant déjà tout .

Néanmoins il est utile d’envisager pour les partis politiques, toutes les options et une crise sur le long cours.

La crise en cours peut se régler chap chap d’ici le 31 octobre 2020, avant même le 31 octobre 2020, mais elle peut bien aller au delà.

Cette crise n’est autre que la continuation de la guerre des nerfs entamée depuis la disparition du Président Houphouët, avec un autre pic depuis la rupture entre Bédié et Soro d’une part et Ouattara d’autre part.

Cette guerre des nerfs devenue une vraie guerre en 2002, puis en 2011 avait été entamée depuis longtemps, avec un épilogue ou une pause , le 11 avril 2011, pour reprendre aussitôt entre le Rhdp et le camp Gbagbo.

On avait eu quelques attaques aux frontières, des attaques de commissariats, des alertes, on a eu des tentatives de manifestations…vite étouffées.

Mais on a surtout eu un refus permanent et persistant de collusion du Fpi avec le pouvoir Rhdp, comprenant Bedie et Soro.

Au passage, Ouattara et le Rhdp ont réussi à obtenir qu’un homme comme Koulibaly et ensuite Affi sortent de la logique du boycott.

Croire que tout allait bien jusqu’à la rupture entre Bédié et Ouattara , entre Ouattara et Soro , n’est-ce pas négliger et mépriser les douleurs et frustrations des pro Gbagbo qui pourraient être les bénéficiaires d’une alternance ou d’une rupture au détriment de ceux qui ont collaboré avec Ouattara et l’ont aidé à mettre en place sa machine à déboulonner, si ces pro Gbagbo savent faire prévaloir l’antériorité de leur résistance et de leur engagement.

2020 a commencé depuis 1993-1995, et 2020 se poursuit avec les mêmes acteurs principaux : Alassane Ouattara , Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo.

Guillaume Soro est le nouvel acteur majeur qui les a rejoints, sans qu’il soit à mesure de s’imposer sans au moins l’appui de deux de ces trois leaders historiques dont la résilience et la longévité politiques semblent être a nul autre pareil, alors que l’on pense qu’ils sont l’objet de rejet et de désaveu , de la part d’un peuple soucieux de tourner la page, mais qui n’arrive pas , à travers les principaux partis politiques et plateformes politiques du pays pouvant rassembler plus de la moitié des suffrages , à tourner effectivement la page…. et le dos à ces acteurs véritables maîtres du jeu.

Wakili Alafé

Author: La Rédaction

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