Désobéissance civile en Côte-d’Ivoire: Pour Ahipeaud, rien ne sera spontané, il faut se préparer

Ce qu’il a confié à Gnamien Konan et ce qu’il dit de KKB

A la tête de sa nouvelle plateforme Agir (Alliance des générations ivoiriennes pour la défense de la République et de la démocratie), Martial Joseph Ahipeaud a rencontré dimanche dernier le président de La Nouvelle Côte d’Ivoire, l’ancien ministre Gnamien Konan, au siège de sa formation à Cocody Vallon. Les deux hommes qui partagent le mot d’ordre de désobéissance civile lancé par le front uni de l’opposition amené par Henri Konan Bédié ont accordé leur violon au cours de cette rencontre quant à la marche à suivre.

« Nous sommes venus dire notre amitié et notre admiration au modèle qu’est le président Gnamien Konan. Pour nous, cette constitution dans ses éléments les plus simples n’a pas été respectée et la démocratie est menacée. Nous sommes dans une monarchie et il ne s’agit plus d’une élection (le 31 octobre) mais de préparer une succession de type monarchique. Nous avons rencontré la plupart des forces politiques pour une démarche structurée. Nous sommes venus présenter notre alliance et dire que nous avons des générations unies qui veulent que nous puissions travailler ensemble et repenser la Côte d’Ivoire. Nous avons un combat non pas contre des individus mais contre un système ». Tels sont les propos introductifs de Martial Ahipeaud qui avait à ses côtés Gnamien Konan et des membres de son alliance dont Dr Brice Bléhiri de ‘’Urgence panafricaniste’’. Pour Ahipeaud qui éclaire par la suite son discours, il faut aujourd’hui non seulement expliquer et mobiliser les Ivoiriens autour du mot d’ordre de l’opposition mais réfléchir également à l’après-désobéissance civile en mettant du contenu dans la démarche. C’est ainsi, martèle-t-il, que les Ivoiriens comprendront la nécessité de l’acte qui est posé et qu’ils adhéreront au mouvement. Par exemple, étaye-t-il ses propos, quelle alternative trouver à la Cei que toute l’opposition conteste ? Quelle école ivoirienne veut-on pour le futur ? En un mot que va être la Côte d’Ivoire de l’après-Ouattara. « Nous voulons réfléchir à l’après-Ouattara parce qu’il faut oublier le système qui est là. (…) Nous devons pour cette lutte faire de la programmation et de la structuration. Pour qu’une lutte aboutisse, il faut en comprendre l’objectif. Notre objectif, c’est d’expliquer, de demander aux Ivoiriens de contribuer au combat qui est en train de venir. C’est en expliquant aux uns et aux autres que le mot d’ordre va avoir un sens. Tant que les masses ne sont pas impliquées, ça reste une lutte élitiste », a encore détaillé Martial Ahipeaud qui estime que nous ne sommes qu’au commencement d’un long processus qui doit aboutir à une alternative sociétale.

Gnamien Konan a acquiescé toutes ces paroles de l’ancien fesciste en chef, Ahipeaud qui a dit ne pas agir dans ce cadre-ci en sa qualité de président de l’Union des anciens de la Fesci (Una-Fesci), le puissant syndicat des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire. Le président de La Nouvelle Côte d’Ivoire a donné son accord à ‘’mener ce combat légalement’’. Il a recommandé que des missions soient menées en direction des organisations internationales dont l’Onu et l’Union africaine pour leur dire que les institutions ivoiriennes ne sont pas bonnes. Le candidat recalé par le Conseil constitutionnel le 14 septembre dernier a saisi cette autre tribune pour faire le procès du régime Ouattara et des institutions électorales, la Cei et le Conseil constitutionnel qui selon lui, ont manqué de transparence. Pour lui, le parrainage a été inventé rien que pour éliminer des candidats gênants. Pour preuve et selon Gnamien Konan, la loi n’est pas appliquée dans sa globalité sinon, les auteurs du double parrainage devraient être poursuivis à présent si l’on s’en tient au texte sur le parrainage. Après avoir longuement expliqué son projet de société pour lequel il est entré en politique, Gnamien Konan a répondu aux accusations du pouvoir. « Nous, on n’est pas des hommes violents. Nous, on parle seulement. On peut détruire quoi ? »

En réponse à une question sur Kouadio Konan Bertin, le candidat qui s’apprête à affronter Ouattara dans les urnes en cavalier solitaire, Martial Ahipeaud a ébruité une confidence de sa rencontre avec ce dernier. « Je voudrais vous rassurer. Je crois qu’il est très intelligent. KKB est dans ce que nous appelons dans notre jargon, le zégrémayo, (l’art de faire croire qu’on est dans un système alors qu’on n’y est pas). La place de KKB est au sein de notre génération. Je l’ai rencontré, il a été clair. Il a besoin d’être respecté », s’est convaincu l’hôte de Gnamien Konan.

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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