Enseignement supérieur en Côte-d’Ivoire: Après Mabri, le ministre Diawara face à la colère des agents

Affaire de primes à l’Enseignement supérieur – Le ministre accusé de mépris

Le personnel de l’administration centrale du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique remet le couvert après quelques mois de trêve. A travers le Syndicat des agents de l’administration centrale (Syaac), ce personnel vient d’observer un arrêt de travail de 72 heures (du 9 au 13 octobre 2020). Un arrêt de travail qui pour l’instant n’a rien changé à leur situation puisque la tutelle reste pour l’instant inflexible face aux revendications qui datent de l’ère Ly Ramata et qui avaient trouvé quelques points d’avancée sous Albert Mabri Toikeusse. Celui-ci avait fini par signer la décision n°1095 MESRS/CAB du 19 mars 2020 portant instauration d’une prime d’incitation.

Aujourd’hui, selon le syndicat amené par son secrétaire général Modeste Zoulou, il y a comme un dialogue de sourds entre les deux parties. Pourtant, selon ce syndicat, le ministre Diawara connaît très bien ce dossier pour avoir été un interlocuteur privilégié quand il était conseiller du premier ministre Gon Coulibaly.

La dernière grève est la résultante des incompréhensions sur le dossier. Des incompréhensions que les animateurs de la grève qualifient de ‘’mépris constant affiché par l’autorité de tutelle vis-à-vis des agents’’. Lundi ils étaient en sit-in à la cité administrative qui abrite le ministère de l’Enseignement supérieur. Ils ont déployé des banderoles qui ressassaient l’essentiel de leur revendication. Le respect de la décision ministérielle et le paiement effectif des primes afférentes. Selon leurs explications, il n’y a rien d’exagéré dans la réclamation de ces primes qui devraient être issues d’une infime partie des sommes générées par les activités du département ministériel telles que la préinscription à 10 mille FCFA des nouveaux bacheliers, l’inscription des étudiants, la perception de divers autres montants dans les universités, grandes écoles et autres instituts de recherche.


« Les agents n’ont cessé d’exprimer leur mécontentement, voire leur indignation à l’autorité de tutelle qui s’est attelée à nous opposer des arguments fallacieux, tout en nous roulant dans la farine, avec des promesses jamais tenues. Excédé par cet état de fait, le SYAAC-MESRS a déposé un préavis de grève, allant du 09 au 13 octobre 2020, conformément aux résolutions de l’Assemblée Générale du 30 septembre 2020. Ce qui a conduit le Ministre Adama Diawara à inviter le Bureau Exécutif National du SYAAC-MESRS à la table de négociation le 05 octobre 2020. Mais, contre toute attente, c’est un ennuyant monologue qui nous a été servis. Plus grave, visiblement à court d’arguments, le ministre n’a pas trouvé mieux à faire que de brandir des menaces, notamment la suspension des salaires des agents, en cas de grève. Une telle attitude de la part de l’autorité de tutelle est pour le moins, ahurissante. Incapable de proposer des solutions censées apaiser le personnel de l’administration centrale, le ministre joue plutôt à faire peur aux agents, en jetant inutilement de l’huile sur le feu». Telle est la charge des grévistes à l’encontre du ministre qui n’a jusque-là pas réagi, hormis ses explications de la situation lors de la rencontre avec le syndicat. Selon une source, Adama Diawara, arrivé à la tête du département en mai, en remplacement de l’ancien ministre Mabri, avait tenté de leur expliquer la situation actuelle de la trésorerie dans le contexte de Covid, tout en prenant note des revendications. Les syndicalistes, eux, voulaient des solutions concrètes et immédiates. Evidemment, les deux parties s’étaient séparées à queue de poisson.

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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Author: La Rédaction

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