Sankara, nous comptions sur lui…(15 octobre 1987)

Il nous a quittés, le 15 octobre 1987, lâchement assassiné par les suppôts de l’impérialisme mais son souvenir reste gravé dans nos cœurs parce qu’il eut le courage de dire  » non  » à la résignation, « non  » à la soumission,  » non  » au déshonneur,  » non  » au temblement et à l’agenouillement devant le Blanc.

Ce « non » continue de retentir dans toute l’Afrique 33 ans après sa mort parce qu’il est le cri éternel que la liberté oppose à toute tentative d’oppression.

Nous espérions qu’il ferait ce que les Um Nyobè, Patrice Lumumba, Modibo Keïta, Sylvanus Olympio furent enpêchés d’accomplir.

Nous comptions sur lui pour un meilleur positionnement du continent sur la scène internationale. Il était “la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche” (Aimé Césaire). Il était le symbole d’une autre Afrique : une Afrique libre et debout, une Afrique qui se prend en charge, qui valorise ce qu’elle a, qui produit ce qu’elle consomme et qui produit ce qu’elle consomme. Il était notre espoir. Malheureusement, l’espoir fut assassiné comme l’explique bien l’ouvrage que lui consacra en 1990 Valère Somé, un de ses compagnons de lutte.


Le 4 octobre 1984, Thomas Sankara prononça un discours historique à l’Assemblée générale de l’ONU. En voici un extrait : « Nous avons jusqu’ici tendu l’autre joue. Les gifles ont été redoublées. Mais le cœur du méchant ne s’est pas attendri. Ils ont piétiné la vérité du juste. Du Christ ils ont trahi la parole. Ils ont transformé sa croix en massue. Et après qu’ils se sont revêtus de sa tunique, ils ont lacéré nos corps et nos âmes. Ils ont obscurci son message. Ils l’ont occidentalisé cependant que nous le recevions comme libération universelle. Alors, nos yeux se sont ouverts à la lutte des classes. Il n’y aura plus de gifles. Il faut proclamer qu’il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles que tous les charlatans de même acabit ont essayé de nous vendre vingt années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de salut en dehors de ce refus-là. Pas de développement en dehors de cette rupture. »

Jean-Claude DJEREKE

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Author: La Rédaction

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