Diagnostic et thérapie pour en finir avec les crises politiques en Afrique

Pourquoi tant d’engouement pour les présidentielles en Afrique? Pourquoi tout le monde veut être président ou au moins être proche du président en Afrique? Ni le président de la république, ni la commission électorale ni même le conseil constitutionnel ne sont pas les problèmes contrairement a ce que les gens pensent. Notre problème en Afrique c’est le système politique et administratif que nous nous somme donné au lendemain des indépendances aux environs de 1960 en general dans bon nombre de pays Africains. Certainement qu’il répondait bien au contexte de cette époque là.

En Côte d’Ivoire, ce système administratif et politique a de tout temps resté en état sans que personne s’en a préoccupe vraiment. Les opposants ont misé sur le multipartisme en 1990 sans s’attaquer véritablement au système lui-même, preuve que c’est le pouvoir pour le pouvoir qu’ils recherchaient aussi. Nous avons le multipartisme dans nos pays Africains mais nous n’avons pas de démocratie et ce n’est pas la faute au président Ouattara, ni aux présidents Bédié, ni Gbagbo pour la Côte d’Ivoire par exemple. Tous gèrent le pays selon le système qu’ils ont trouvé sur place.

Ainsi, le fond du problème que les pays Africains ont en général et la Côte d’Ivoire a en particulier est le système politique administratif adopté dès les indépendances, système politique où les présidents de la république font la pluie et le beau temps. Système où tout converge vers la présidence de la république, système qui de ce fait installe la corruption, le népotisme, le tribalisme dans nos pays. Tous ceux qui s’agitent à être présidents de la république, approchez les et vous verrez qu’ils n’ont même pas un programme de développement de leurs pays respectifs. Ce qui les intéressent, c’est ce pouvoir qui feront d’eux quelqu’un qui n’a pas de salaire, qui prend l’argent comme il veut, qui nomme comme il veut, qui renvoie comme il veut, qui fait danser les gens comme il veut, qui met les gens en prisons comme il veut, etc.

Voilà pourquoi en Afrique la présidence de la république est tant convoitée et est source de tensions, de guerres, de rébellions, d’injustice, de prisons, etc. Ce système est un véritable frein au développement car personne ne travaille, tout le monde ne cherche qu’à faire plaisir au président de la république ou à ses proches en passant tout leur temps à organiser des actions folkloriques avec la complicité des télévisions publiques soit pour conserver leur poste, soit pour être vu et nommé. Toutes les initiatives sont concentrées dans les mains d’une seule personne en occurrence le président de la république. Il faut connaître quelqu’un dans le système pour régler ton problème dans l’administration. Si tu ne connais personne, tu es obligé de donner l’argent à quelqu’un pour le supplier à régler ton problème. Oui c’est comme Ça que le système africain et ivoirien a de tout temps fonctionné à quelques exceptions près.

THERAPIE

A qui la faute alors si on doit dédouaner les individus qui animent nos systèmes administratifs et politiques et quelle solution pour en finir avec ces crises politiques? Nous devons réexaminer nos systèmes politiques et administratifs afin d’équilibrer les pouvoirs des différentes institutions dans nos pays Africains. Nos systèmes politiques et administratifs doivent reposer sur des constitutions impersonnelles. Les constitutions personnelles font trop la part belle aux présidents de la république. Il a les pouvoirs au-dessus de tous. Par conséquent, Il faut réduire les pouvoirs excessifs du président de la république. Concrètement cela veut dire quoi?

Il faut clarifier les rôles de chaque institution: exécutif, judiciaire, parlementaire, sénatoriale, et régional

Il faut mentionner les salaires du président de la république ainsi que les quelques avantages auxquels il a droit dans la constitution.

Il faut également mentionner dans la constitution que le président est passible de poursuite judiciaire même pendant l’exercice de ses fonctions en cas de manquement grave constaté par le congrès. Exemples: Haute trahison, detournement, corruption, discrimination, etc.

Mentionner clairement deux mandats maximum même si la constitution a changé entre temps


Il faut supprimer les budgets de souveraineté et les caisses noires de la présidence de la république.

Le président de la république ne doit plus se permettre d’augmenter ou réduire le nombre de départements ministériels. Tout doit être mentionné dans la constitution.

Il ne doit pas manipuler la constitution comme il veut. Il faut prévoir un mécanisme en cas de projet de changement dans la constitution

Finies les nominations fantaisistes basées sur des arguments subjectifs. Toutes les nominations aux hauts postes de l’administration doivent passer devant les chambres du congrès pour approbation

Chaque citoyen doit avoir un numéro d’identification sociale (NIS) dans lequel est répertorié tous ses mouvements de la naissance à la mort. Ce numéro aidera à évaluer chaque citoyen et citoyenne selon ses qualifications et ses compétences professionnelles.

Pourquoi nos amis occidentaux ne souffrent pas de crises pré et post électorales? Pourquoi n’ont ils pas de rébellions, pourquoi chez eux faire la politique n’est pas synonyme de guerres, de destruction de biens, de prisons? Pourquoi c’est en Afrique que les présidents ont des budgets spéciaux et ils distribuent l’argent par ci par là sans que cela n’émeuve personne? Cet argent avec lequel ils corrompent tout le monde paraît servir au développement du pays. D’ailleurs d’où prend il cet argent, sur son salaire? Il n’en a même pas. Il prend comme il veut. Le président de la république est un fonctionnaire qui est payé par l’Etat et cela doit être consigné dans la constitution. Il n’est pas au dessus des lois du pays.

Souvent on nous dit que toutes les institutions fonctionnent bien que les pouvoirs sont séparés. Remarquez qu’on n’évoque cette assomption que quand on est au pouvoir. Passer dans l’opposition, le langage change. A part la présidence les institutions fonctionnent-elles convenablement et de manière indépendantes? En Afrique, l’exécutif domine et a la suprématie entière sur ces institutions; c’est un constat clair et indiscutable. Dans nos pays Africains, les soient disant constitutionnalistes ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez. Ils sont eux aussi sous l’influence des présidents qui leur proposent les projets de constitutions à palabre.

CONCLUSION

Si tel est que tout le monde veut du bien des pays Africains donc des populations africaines, pourquoi tous (pouvoir, opposition, société civile et que sais-je) ne s’entendent pas pour réexaminer la redistribution des pouvoirs entre les institutions? Pourquoi ne pas revoir à la baisse les pouvoirs excessifs du président de la république, objets de tant de convoitises? Pourquoi ne pas supprimer les caisses noires et les budgets de souveraineté? Laissons de côté les individus, par exemple Ouattara, Bédié, Gbagbo en Côte d’Ivoire. Ils sont de passage comme nous tous. Regardons plutôt notre système administratif et politique avec ses constitutions souvent taillées sur mesure.

C’est ce système que nous devons changer ou améliorer notamment en équilibrant les pouvoirs de nos institutions comme les Occidentaux l’ont si bien compris. Plus de pouvoirs absolus d’un président. Si l’on réussit cette thérapie que je propose, les élections seront banalisées, apaisées et on ne connaîtra plus toutes ces tensions et ces injustices décriées par ci par là. Si nous refusons ce changement, nous aurons toujours affaire aux crises politiques en Afrique. Les présidents à venir feront les mêmes choses que ce que l’on reproche aux présidents en exercice et ainsi de suite.

Merci.

Dr. Charles Koudou, Administrateur de Santé

Consultant en Santé et développement

Ivoirien résident aux USA

Président de la société civile: Conscience Nationale pour le développement (CND)

koudoucharles@gmail.com

Author: La Rédaction

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