Côte-d’Ivoire : « Je me fais insulter, mais voulez-vous que j’abandonne mon pays à ces ivoiritaires ?» (interview, Ouattara)

Alassane Ouattara, candidat à un troisième mandat en Côte d’Ivoire : « Je me présente contre ma volonté, ce n’est pas un plaisir »

Le chef de l’Etat, 78 ans, est au pouvoir depuis 2010. L’élection prévue le 31 octobre est contestée, et des violences ont éclaté dans plusieurs localités du pays.

Par Cyril Bensimon RFI/Le Monde

Président de la Côte d’Ivoire depuis 2010, Alassane Ouattara, 78 ans, est candidat à un troisième mandat fortement contesté par l’opposition qui l’estime contraire à la Constitution et appelle à la « désobéissance civile » pour empêcher notamment la tenue du scrutin.

Alors que l’élection est prévue le 31 octobre, des violences ont éclaté dans plusieurs localités du pays, provoquant la mort d’une trentaine de personnes depuis le mois d’août. Pour le chef de l’Etat ivoirien, qui est revenu sur l’annonce de son retrait après la mort en juillet de son premier ministre et successeur désigné, Amadou Gon Coulibaly, il n’y a cependant aucune raison de reporter le vote ou de retirer sa candidature. Entretien.

Des violences meurtrières sont survenues ces derniers jours en différents points du pays. Votre décision de briguer un troisième mandat n’a-t-elle pas mis le feu aux poudres ?

J’en suis désolé, mais l’opposition provoque des violences car elle n’a pas d’arguments. La Constitution ne m’interdit pas d’être candidat. Ma candidature est une candidature d’urgence face à un cas de force majeure suite au décès d’Amadou Gon Coulibaly.
Mon parti me l’a demandé et comme il est majoritaire à l’Assemblée, au Sénat et dans les mairies, cela signifie que la majorité des Ivoiriens m’a demandé d’être candidat.
Je me présente contre ma volonté, ce n’est pas un plaisir. Je me fais insulter alors que je serais parti auréolé aussi bien en Afrique que sur la scène internationale. Je tiens à mon aura mais voulez-vous que j’abandonne mon pays à ces ivoiritaires [sorte de préférence nationale], ces gens qui ont dilapidé les ressources de la Côte d’Ivoire pendant des décennies ? J’avais une obligation citoyenne et personnelle d’être candidat.

Après le décès en juillet d’Amadou Gon Coulibaly, n’aurait-il pas été préférable d’organiser des primaires au sein de votre parti plutôt que de revenir sur l’annonce de votre retrait ?

Mon parti aurait éclaté entre ses différentes tendances et Henri Konan Bédié serait sorti président. Cela, je ne peux pas l’accepter. Le choix était entre mon aura personnelle et mon pays, j’ai choisi la stabilité de mon pays et de transférer le pouvoir à la nouvelle génération qui m’entoure.
Vous dites que votre candidature est un sacrifice mais vous n’avez jamais fermé les portes de celle-ci, en retirant notamment la limite d’âge dans la Constitution.
Nous avons eu en 2003 un accord à Marcoussis qui a permis de supprimer des dispositions qui empêchait ceux qui ne sont pas de père et de mère ivoiriens d’être candidat, ce qui n’est pas mon cas même si certains ont prétendu le contraire.
La seconde chose, c’était la limite d’âge qui empêchait Henri Konan Bédié et Guillaume Soro d’être candidats. La troisième, c’était la visite médicale qui aurait pu empêcher Laurent Gbagbo qui a des problèmes de santé. Ces trois choses étaient un consensus de Marcoussis et j’ai refait la Constitution sur cette base mais je vais revenir dessus après mon élection.

L’opposition accuse la commission électorale et le Conseil constitutionnel d’être aux ordres. Pourquoi refuser un report qui pourrait permettre une élection plus apaisée et plus inclusive ?

Ce serait un parjure. Une élection devait avoir lieu en 2005. Laurent Gbagbo l’a repoussée plusieurs fois au prétexte que le territoire était coup en deux. Elle n’a pu se tenir que quand l’ONU l’a fixée pour 2010. J’ai tiré leçon de cela et j’ai décidé que nous allions faire comme aux Etats Unis où la Constitution fixe une date. Depuis 2016, cette opposition sait que les élections auront toujours lieu le dernier samedi du mois d’octobre de la cinquième année du mandat du président.
Moi, je ne peux pas changer comme cela la date des élections. C’est impossible et l’opposition le sait. Elle espérait une insurrection dans le but d’installer une transition. C’est pour cela qu’elle organise des petits coups ici ou là. Mais la Côte d’Ivoire est aujourd’hui un pays moderne et la Constitution sera appliquée intégralement.

Etes-vous inquiet par les violences actuelles qui tournent systématiquement à l’affrontement entre communautés ?

Pas du tout. Cela finira après l’élection. Tous ceux qui organisent cela vont rendre des comptes. Je ne vais pas laisser cela perdurer. Nous avons des éléments précis qui incriminent l’opposition mais compte tenu de la période électorale, je ne veux pas envenimer les tensions. Mais si les preuves sont établies, immédiatement après il y aura des poursuites et cela quelle que soit l’importance de la personne. Ceux qui pensent au vieux monsieur – Henri Konan Bédié –, lui ne se mouille pas, il reste dans sa chambre et distribue de l’argent et ce sont ces gens que nous allons attraper après l’élection.
A vous entendre, l’alliance politique que vous avez eue avec l’ex-président Henri Konan Bédié n’avait aucune sincérité.
Cela vient de son côté. Je lui ai proposé en 2018 que nous organisions des primaires entre nos deux partis en proposant chacun deux ou trois candidats mais Bédié ne veut que sa personne. C’est cela qui a créé le vrai problème et j’ai eu raison. Si Bédié revenait, ce pays serait détruit. Tout ce que nous avons fait aurait été dilapidé. Ça, je ne peux pas l’accepter.

Outre Henri Konan Bédié, plusieurs de vos alliés, parfois des très proches, ont rompu avec vous. N’êtes-vous pas aujourd’hui isolé politiquement ?

Non, ces gens ne représentent rien. Ils ne sont animés que par des problèmes d’ego.

Si vous êtes élu, comment comptez vous apaiser les tensions nées de cette élection ?

Les tensions sont artificielles. Elles sont créées par des politiciens nostalgiques des postes qu’ils avaient. Nous qui avons plus de 70 ans, nous devons sortir du jeu politique et après l’élection je modifierai la Constitution pour balayer tous ces gens-là.


Que comptez vous proposer à Laurent Gbagbo qui est en exil à Bruxelles et qui souhaite rentrer ?

Laurent Gbagbo va rentrer, il n’y a aucun problème. Il a un procès en cours. Il a été acquitté en première instance par la Cour pénale internationale (CPI). Il y a une procédure d’appel et dès que cela sera terminé, je prendrai les dispositions pour qu’il puisse rentrer.
Mais attention, il a été condamné pour le pillage de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest et puis il y a des victimes qui ont ouvert une procédure ici pour les tueries qui ont été perpétrées pendant sa présidence. Si je ne fais pas quelque chose, quand il rentrera, il ira directement en prison. Je ne compte pas l’amnistier mais je compte prendre une décision qui facilite son retour.

Et lui demander en contrepartie le silence ?

Non. Je lui demande seulement de vivre une vie normale. D’être un sage, comme moi j’espère le devenir.

Vous ne vous êtes jamais parlé directement depuis sa sortie de prison. Pourquoi ne pas l’appeler afin de faciliter la réconciliation ?

Pourquoi devrais-je l’appeler ? Je suis le président de la République, je suis son aîné et en Afrique cela compte. C’est à lui de m’appeler.

Et concernant Guillaume Soro, l’ex-président de l’Assemblée nationale, qui est aujourd’hui devenu l’un de vos plus farouches opposants ?

Pour lui ce sera la prison. Il n’y a aucun doute là-dessus. Il mérite la prison à perpétuité pour ce qu’il a fait. Après les mutineries de 2017, on a trouvé des tonnes d’armes chez lui. Puis nous en avons trouvé au siège de son parti. En quoi un président de l’Assemblée nationale a-t-il besoin d’avoir des lance-roquettes au siège de son parti ? Il y avait une organisation en vue d’effectuer un coup d’Etat.

Quelles seront les priorités de votre mandat si vous êtes réélus ?

Ce sera la continuité dans la stabilité. Il faut que ce pays continue de renforcer tout ce que nous avons pu réaliser sur le plan économique, politique, des droits de l’homme, de la sécurité. Nous sommes confiants. Malgré le Covid-19 nous serons à pratiquement à 2 % de croissance cette année au lieu de 7 % mais dès l’année prochaine nous remonterons à ce niveau. Pendant neuf ans, nous avons respecté tous les critères de performance du Fonds monétaire international.

Vous axez votre campagne sur le thème d’une Côte d’Ivoire plus solidaire. Est-ce que cela a été un manque lors de vos deux précédents mandats ?

Non. Pendant les six ou sept premières années, il nous fallait reconstruire les infrastructures de ce pays qui avaient été détruites. En 2019, nous sommes passés à un programme social que nous allons renforcer autour de l’emploi des jeunes, de la prise en charge des plus défavorisés.

La Côte d’Ivoire connaît ces dernières années une importante vague migratoire venue des pays du Sahel. Est-ce que cela ne pose pas un important problème économique ?

Que voulez-vous que l’on fasse ? Nous avons un taux d’immigration très élevé. Ce que nous souhaitons, c’est la sécurité régionale pour que les gens restent chez eux. Nous avons quatre millions de Burkinabés ici, plus d’un million de Sénégalais, au moins un million de Maliens. Donc si la Côte d’ivoire va bien, cela profite à ces pays du fait des transferts d’argent.
Il faut que les Européens aident davantage ces pays pour que les gens puissent rester chez eux, y compris la Côte d’Ivoire, où il a y a des emplois sans que cela empêche des jeunes d’être tentés par les mirages de l’Europe.

Le Burkina Faso et le Mali connaissent une grave crise sécuritaire. Etes-vous inquiet d’une percée djihadiste en Côte d’ivoire ?

Non, nous nous sommes préparés. Il y a eu une attaque à Kafolo dans le Nord, mais nous avons démantelé cela. Nous sommes préoccupés par la sécurité de nos voisins mais il y a du mieux depuis la réunion de Pau [du G5 Sahel, en janvier].
Nous avons eu des contacts avec le président Macron et nous leur avons dit de se concentrer sur le triangle du Liptako Gourma – aux frontières du Mali, du Niger et du Burkina Faso – et que nous, pays côtiers, allions essayer d’organiser un barrage. C’est ce que nous avons fait avec le président du Ghana. L’attaque de Kafolo a été faite car ils nous reprochaient de les avoir pris en tenaille dans le sud du Burkina Faso.
Nous sommes confiants dans notre capacité à gérer la venue de ces terroristes. Mais il faut que les pays soient mieux aidés. C’est pour cela que j’ai dégagé en début d’année comme président de la conférence de l’Uemoa [Union économique et monétaire ouest-africaine], 100 millions de dollars [85 millions d’euros] pour aider le Niger, le Mali et le Burkina. Si les Européens faisaient cela, ces pays auraient moins de problèmes.

Il y a cinq ans, vous aviez annoncé dans un entretien au « Monde » que vous pourriez vous retirer avant la fin de votre mandat et céder le fauteuil à votre vice-président. Cela ne s’est pas produit mais l’envisagez-vous cette fois-ci encore si vous êtes élus ?

Je souhaite le faire mais pour le moment je n’ai pas de vice-président et je n’ai pas encore décidé d’en nommer un.

Vous n’aurez donc peut être pas de vice-président ?

Je ne sais pas.

Avez-vous déjà réfléchi à qui pourrait être votre successeur ?

Pas du tout. Je ne suis même pas élu. Ce n’est pas urgent. Je suis en pleine santé. Bédié a presque dix ans de plus que moi et il veut être élu. A mon âge, je peux faire deux mandats sans souci mais ma volonté est de trouver lors de ce mandat une personnalité consensuelle.

Cyril Bensimon (Abidjan, envoyé spécial)

Author: La Rédaction

5 commentaires sur “Côte-d’Ivoire : « Je me fais insulter, mais voulez-vous que j’abandonne mon pays à ces ivoiritaires ?» (interview, Ouattara)

  1. C’est feu- Houphouet Boigny qui nous a créé tout ce problème(gangrène) dans notre pays, sans le savoir en nous imposant cet inconnu qui aurait pu être candidat pour les présidentielles en Haute-Volta….. Nous devrons trouver un plan « B » pour l’effacer pour de bon…

  2. Cette interview offre enfin une idée plus précise du programme de gouvernement de Ouattara jusqu’en 2025, pompeusement appelé « Côte d’Ivoire plus solidaire » et « Le meilleur pour la Côte d’Ivoire ». Des pulsions de pure méchanceté à peine refrénées. Ceux qui hésitaient encore, ont maintenant une idée plus claire de ce qui attend la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens pour les 5 prochaines années. Merci à Ouattatra de motiver tous les Ivoiriens à prendre la rue pour le faire chuter, parce que ce qu’il propose comme contrat social est inacceptable : 30 années de lutte et d’acquis démocratiques échangées contre un plat de lentilles (pont, routes, édifices, etc) ? C’est trop cher payé !
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    La méchanceté ne saurait être un programme de gouvernement. Adieu RHDP !

  3. ==== DÉVELOPPEMENT vs DÉMOCRATIE =====

    Ce sujet ressassé concernant la Chine, semble avoir trouvé une réponse péremptoire avec @Coigny.

    Voulons nous le progrès social concret ou préférons nous la Société des Agoras aux coins de rue ?

    Le Progrès pour tous? équitablement distribué par les infrastructures et les nombreux acquis d’une modernisation palpable et accessible à tous ou une chimérique société dite démocratique où les uns se remplissent les poches et les autres sont nourris de discours fleuves du genre « La France nous vole ! Les chonois sont mieux… ».

    Beaucoup se demandent pourquoi ADO ne fait pas une campagne intense en 2020 ?

    Une campagne pour parler du progrès sociable que les populations voient et touchent du doigt au quotidien ?

    Au pays du chef des Komians à Bettié quand les populations parlent du temps du bac de la SAPH qui désenclavait la région sur le plan d’eau de la Comoé, c’est quelques fois avec un pincement au cœur ! Comment ont ils pu rester dans cette nuit noire durant 50 ans ? Malgré tous leurs brillants fils dont l’intellectuel et démocrate Jean Marie ADIAFFI ! L’écrivain est immortel et LA CARTE D’IDENTITÉ de ADIAFFI est un repère du patrimoine culturel ivoirien. Cependant le peuple de Bettié malgré l’aura de son fils n’en a eu aucune retombée directe. Bettié était enclavée. Dans un autre monde. Y aller relevait de la prouesse touristique.

    Pour BETTIE le pont a été UNE RENAISSANCE.

    Il est temps que désormais les intellectuels et les démocrates fassent l’aller-retour Abidjan-Bettié- Abidjan pour y rendre hommage à l’un des leurs, l’émerite Jean Marie.

    En traversant le pont de Bettié, puissent ces démocrates rendre honneur à celui qui a offert ce « plat de lentilles » au terroir d’un des leurs qui subissait une forme d’octracisme territorial. Pour ne pas en dire plus.

    ===== VOIR JACQUEVILLE ET VIVRE =====

    Exclu de la succession de Houphouët Boigny, Philippe Grégoire YACE l’a été.

    Mais plus que ce coup porté à la démocratie et aux valeurs de la République, l’isolement de son Jacqueville natal a été une sanction injustifiée.

    Le Bac de Jacqueville seul moyen de circulation et d’accès à la région jusqu’en 2011, a fait de multiples accidents. Au risque d’emporter parfois autorités et touristes qui s’entetaient à profiter du paysage paradisiaque.

    Dieu merci ! Le Dieu qui donne des « plats de lentilles » aux uns et des cerveaux pour DE-PENSER et ME-PENSER aux démocrates, ce Dieu de Miséricorde a offert à Jacqueville son pont. Le pont Yacé Phillips. Bel hommage à un des bâtisseurs de la Côte d’Ivoire des indépendances et à qui on a parfois fait jouer les rôles ingrats.

    On peut aller aujourd’hui à Jacqueville …sans risque de mourrir dans l’eau !

    ======= BEOUMI L’EXCLUE ======

    Ils ont vu arriver le Projet de L’AVB. Ils ont fait confiance au Président HOUPHOUËT. Beaucoup ne se sont jamais relevés de cette confiance aveugle.

    Le pont qui reliait leur région à la Côte d’Ivoire avait été dynamité sur une ERREUR D’ESTIMATION du futur niveau des eaux du Barrage de Kossou. Il y a de cela 45 ans…

    Personne n’a élevé la voix. Ni les démocrates ni les autorités locales ou nationales. Les députés n’osaient pas affronter Houphouët. Les démocrates avaient mieux à faire que de RÉCONCILIER LES TERRITOIRES DONC….LES HOMMES. Beoumi et Kounahiri pouvaient attendre les calendes grecques. Ou …mourir !!!

    Cette JUSTICE TERRITORIALE qui donne un sens à l’unicité des citoyens devant la Nation, à été retablie.

    Grâce aux distributeurs de « plats de lentilles ».

    On a même vu un 5 ou un 7 Mai, un démocrate et un refondateur AFFI NGUESSAN le bien nommé, faire des selfies sur le chantier !!!

    Des selfies pour témoigner de l’histoire.

    Ici je m’arrête.

    Ne parlons pas des « plats de lentilles » offerts au dessus du 8eme jusqu’au 11eme parallèles ! Ceux étaient des Bôyôrô djan. On pouvait ne pas les compter dans les urgences du Progrès.

    RIP mon frère Sidiki Diakité. ur cette terre des hommes, Allah a inscrit notre temps a tous. Nous mui rendons grâce. Vivant tu as montré la voix aux cadres de KABALA dans le sillage du Président ADO. Désormais KABALA fait partie du monde. Du monde de ceux qui ont eu un « plat de lentilles » !

    SVP ne leur jetez pas de pierres. Dans ce monde il faut un peu de tout. Les INGRATS doivent côtoyer ceux qui ont la reconnaissance chevillée à l’âme.

  4. Clairement, certains sont prêts à tout pour du Matériel. Au besoin, en laissant le voisin dans leur chambre à coucher avec madame pour la tenir au chaud, tant qu’il y a des retombées pécuniaires (digne de ce film qui a révélé Demi Moor au monde, « Proposition Indécente »). Trisme mentalité. Tout le monde ne voit pas le monde comme une boutique, Dieu merci.

    Il faut remercier et avoir reconnaissance éternelle pour chaque réalisation (du reste non-financée avec l’argent sorti de la poche de Ouattara, faut-il le souligner) ? Et moi qui avais naïvement cru que l’investissement infrastructurel répondait d’abord et avant tout à une motivation économique !… Notamment l’élargissement de l’assiette fiscale par ce biais, qui donne mécaniquement plus de développement économique et plus de contribuables. Or, l’ami @wara dans ses envolées lyriques à la gloire de celui qu’il encourage à nous enfermer dans une cage dorée au nom des infrastructures, nous laisse penser que ces dotations sortent non seulement directement de la poche de son dieu, mais sont aussi le fruit de sa magnanimité sans calcul aucun. Gloire donc à Ouattara le despote éclairé !

    Au fait, pourquoi ne citer que La Carte d’Identité comme œuvre laissée à la postérité par le natif de Bettié ? Pourtant, celui qui illustre le mieux ton propos est son roman « SILENCE, ON DÉVELOPPE ».
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    La méchanceté ne saurait être un programme de gouvernement. Adieu RHDP !

  5. ====== SILENCE, ON DEVELOPPE ! ======

    Silence on développe

    Silence on développe
    Silence on s’enrichit
    Silence main basse sur le peuple baudet
    Silence on détourne les deniers publics et les mineures
    Silence on affame
    Silence les princes voleurs innocents
    Exécutent le peuple honnête coupable
    Silence on assassine
    Silence les prisons sont pleines
    Silence on abrutit ,on embrigade, on lave cerveaux, on
    Intoxique, on rétrograde, on retourne dans l’antiquité esclavagiste, au moyen âge féodal.
    Silence on retourne à la traite négrière
    Silence personne n’est responsable.
    Silence les ordres viennent de là-haut
    Silence on drogue le peuple
    Silence on prostitue
    Silence les assassins prophétisent. Les tortionnaires vaticinent.
    Silence le messie meurtrier annonce la fin des libertés et de la démocratie.
    Silence dieu est parmi nous silence on sacre les empereurs
    Bouffons qui crèvent les yeux des enfants du soleil, du ciel, de
    La terre, des étoiles. Les yeux de la mer et de l’infini. Silence
    On maquille les crimes, on travestit. Silence on coopère.

    Ainsi s’exprimait hier en 1991, Jean-Marie ADE ADIAFFI, dans « Silence on développe »…

    ====== BAVARDEZ, ON VOUS DEVELOPPE ! ======

    « Nous étions cachés ? nous étions perdus dans le monde ! On vient d’être découverts »
    Ainsi s’exprimait le député-Maire Etienne MANIZAN de Béttié en décembre 2017, avant l’inauguration du Pont qui a désenclavé sa ville.

    Wouadja Essay ira plus loin !

    « Depuis des DECENNIES, tous les chefs de cantons de Bettie qui se sont succédé, ont plaidé pour ce pont ! »

    Répondant à une interview, Wouadja Essay précisera ceci :

    Parlant des Cadres du Pdci qui ont viré au Rhdp, le doyen Adam Yéboua a caricaturé en disant qu’ils sont allés au restaurant. Ils reviendront lorsqu’ils auront fini de manger. Quel commentaire faites-vous de cette sortie ?

    Je suis un homme politique bien connu chez moi. J’ai été adjoint au maire pendant dix ans, maire pendant 17 ans.

    Je n’ai pas voulu commenter cette déclaration du doyen. Mais je vais en dire un mot. Voyez-vous, quand un enfant quitte pour un moment la maison familiale pour aller manger dans la cour voisine, cela veut dire que cet enfant se sent mal à l’aise chez lui ou qu’il est mal nourri. Pour être plus sérieux, je suis économiste de formation. Je me soucie donc du dévelopement et du bien-être de la population. Alassane Ouattara, le président du Rhdp, lui-même économiste, défend cette vision. Je suis natif de Bettié.

    QUAND JE COMPTABILISE TOUTES LES INFRASTRUCTURES QUI ONT ÉTÉ RÉALISÉES AU PROFIT DE BETTIÉ EN NEUF ANS, C’EST DIX FOIS PLUS QUE CE QUE NOUS AVONS EU PENDANT LES 50 PREMIÈRES ANNÉES DE L’INDÉPENDANCE DE LA CÔTE D’IVOIRE.

    Aujourd’hui, Bettié a un pont grâce au Président Alassane Ouattara. Bettié est pratiquement électrifié à 100%. Nous avons de nombreux acquis qui sont palpables. Le bilan est clair et net.

    =========== LES RETOMBEES ??? =================

    Le transport par car est passé de 3 500 F au minimum à 2500 F. « Les risques de noyade dans le Bac ou la pinasse sont derrière nous » dit la population.

    Le transport des produits des coopératives par camion est passé de 575 000 F à moins de 300 000 F.

    Un voyageur venant d’Abidjan pouvait être obligé de rebrousser chemin au niveau du bac soit à 30 km chez lui ! Pour y arriver il devait refaire 275 kms pour y arriver avec le détour par Adzopé, Akoupé et Abengourou puis redescendre enfin vers Béttié etc…

    La cohésion territoriale donc SOCIALE entre les régions du Duablin et La Mé, entre peuple Agni et Attié, sont palpables sur le terrain.

    Sur un site Web, c’est évidemment aisé et sans conséquence de dénigrer l’œuvre des hommes. La GRANDE OEUVRE DU BATISSSEUR.

    Peu importe ! Surtout quand cela vient de ceux qui n’ont pas eu leurs villages situés hors des voies principales de communications tracées par le colon ! le malheur des autres n’a jamais été leur tasse de thé !

    A tous ceux-là qu’ils soient des aigris ou des esprits chagrins, nous disons tout simplement :
    BAVARDEZ, ADO DEVELOPPE !

    @Coigny entends-tu aujourd’hui la voix d’outre-tombe de Jean-Marie ADE ADIAFFI ? Que te dit cette voix ?

    Sinon revisite Birago DIOP…

    Écoute plus souvent
    Les Choses que les Êtres
    La Voix du Feu s’entend,
    Entends la Voix de l’Eau.
    Écoute dans le Vent
    Le Buisson en sanglots :
    C’est le Souffle des Ancêtres morts,
    Qui ne sont pas partis
    Qui ne sont pas sous la Terre
    Qui ne sont pas morts.

    Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
    Ils sont dans le Sein de la Femme,
    Ils sont dans l’Enfant qui vagit
    Et dans le Tison qui s’enflamme.
    Les Morts ne sont pas sous la Terre :
    Ils sont dans le Feu qui s’éteint,
    Ils sont dans les Herbes qui pleurent,
    Ils sont dans le Rocher qui geint,
    Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure,
    Les Morts ne sont pas morts.

    LES MORTS VOIENT LE CHANGEMENT VRAI !

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